Visite de Macron au Burkina : la reconquête française après Compaoré

Olivier Ribouis
publié le 27 novembre 2017

Comme annoncé tambour battant, le président français Emmanuel Macron est en terre burkinabè depuis la soirée du lundi 27 novembre. Cette visite qui se veut historique sur plusieurs points est aussi l’occasion pour la France de reconquérir le cœur des hommes intègres après la chute de Blaise Compaoré il y a trois ans.

kabore-macron Le président Kaboré et son homologue français Emmanuel Macron

La France n’a pas d’ami, elle n’a que des intérêts. Il faudra  bien se le rappeler à Ougadougou où est arrivé Emmanuel Macron, le président français dans la soirée de lundi. Le jeune chef de l’Etat français a choisi la terre des hommes intègres pour sa  première tournée africaine depuis son accession à l’Elysée. Perçue comme un honneur pour le Burkina Faso, cette visite intervient trois ans après la chute du régime de Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir sans partage avec la bénédiction de  la France qui l’a d’ailleurs arraché à la colère du peuple. Point de départ d’une tournée qui le mènera à Abidjan puis à Accra, l’étape du Burkina Faso apparaît  comme une visite stratégique du président français qui veut redorer l’image de son pays  en disgrâce auprès des jeunes burkinabès.  « Ce public est loin d'être conquis d'avance et n'a pas forcément une bonne image de la France » a d’ailleurs compris l’Elysée qui a annoncé que lors de son discours face aux étudiants, le président Macron s’évertuera changer la donne avec annonce-t-on la promesse d’« une nouvelle relation France-Afrique ». 

Lire: Macron veut faire un lavage de cerveau aux jeunes à Ougadougou

Mission difficile

La mission  de reconquête du cœur de Ouagadougou s’annonce difficile pour le président Macron. Le ton est donné dans un communiqué, l’association le balai citoyen à l’avant-garde de la révolte populaire qui a coûté le pouvoir à Blaise Compaoré. « Monsieur le Président, la lutte contre l’impunité a constitué un des moteurs de l’insurrection populaire d’Octobre 2014 au Burkina Faso. Trois ans après cette victoire du peuple sur la dictature Compaoré, le peuple attend que justice lui soit rendue. A ce sujet, il est urgent que l’on se parle un langage de vérité, car de cela dépend l’harmonie de nos relations futures. Nous pensons ici à certains dossiers de justice parmi tant d’autres et dont le traitement est cher à notre peuple. Un des dossiers judiciaires qui constitue une tâche dans les relations entre le Burkina Faso et la France est le dossier Thomas Sankara » interpelle l’association  qui apprend, dans son communiqué publié sur  sa page Facebook : « Des informations collectées, il ressort des faisceaux d’indices sur une probable responsabilité de la France dans l’assassinat du Président Thomas Sankara ».  Un autre point qui tient à la jeunesse burkinabè,  c’est la question du franc Cfa considéré comme une monnaie qui maintient les anciennes colonies françaises d’Afrique comme le Burkina Faso dans le joug de l’impérialisme français. Si le président français peut miser sur sa jeunesse, 39 ans, il n’en demeure pas  moins qu’il est l’incarnation d’un pays qui veut, coûte que coûte, sauvegarder les intérêts de la France en Afrique. Autre chose c’est la stigmatisation du président français sur la démographie africaine qu’il accuse d’être la cause du sous-développement du continent horrifié par l’actualité de l’esclavage des Noirs en Libye, un pays plongé dans le chaos avec le concours de la France.

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