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Coton-cancer-glyphosate: des Béninois inquiets après la condamnation de Monsanto aux Etats-Unis

Léonce Gamai
publié le Aug 11, 2018

Monsanto, le géant américain de l’agrochimie a été condamné, vendredi 10 août 2018, par la justice américaine à payer 289,2 millions de dollars pour la composition jugée cancérigène de ses herbicides Ranger Pro et Roundup Pro. Le glyphosate incriminé fait partie des intrants utilisés au Bénin dans la culture du coton.

usage du glyphosate au benin Au Bénin, la contestation contre l’usage du glyphosate dans l’agriculture prend corps progressivement

 

46 ans et souffrant d’un cancer du système lymphatique en phase terminale, il fait trembler le géant mondial de l’agrochimie. Lui, c’est le jardinier américain Dewayne Johnson. Il vient de remporter sa première bataille judiciaire contre la société Monsanto, basée aux Etats-Unis, dont les herbicides sont accusés d’être à l’origine de son cancer. En cause, les herbicides Ranger Pro et Roundup Pro qui contiennent du glyphosate, «pesticide le plus utilisé dans le monde, avec plus de 800 000 tonnes épandues chaque année», comme le rappelle le site français lemonde.fr. C’est justement le glyphosate, classé en 2015 sur la liste des substances probablement cancérogènes par  le Centre international de recherche sur le cancer, qui est incriminé. Vendredi 10 août 2018, Monsanto a été condamné par un tribunal de l’Etat de Californie, dans l’ouest des Etats-Unis, à verser 289, 2 millions de dollars au plaignant, Dewayne Johnson.

 «(…) Le glyphosate ne cause pas de cancer et n’a a pas causé le cancer de M. Johnson. Nous ferons appel de la décision et continuerons à  défendre vigoureusement ce produit qui bénéficie de quarante ans d’utilisation sans danger et qui continue à  être un outil essentiel, efficace et sans danger pour les agriculteurs et autres usagers», a réagi la société sur son site.

«Samedi du glyphosate»

Publiée par les médias en ligne, l’information a été partagée par plusieurs internautes et mobinautes au Bénin, notamment sur Facebook et WhatsApp. «Nb: le glyphosate est le principe actif du Round up. Nous en avons importé des milliers de litres cette année au Bénin. Quel est le seuil de la menace actuelle sur chaque béninois ? », interpelle Enagnon Brice Sohou, Docteur en Géoscience, spécialiste des risques et catastrophes, activiste de l’environnement, dans une publication sur l’application de messagerie WhatsApp. «Voici la preuve que la menace sanitaire du glyphosate  pour les communautés est d’actualité dans le monde », met-il en introduction d’une seconde publication sur la condamnation de Monsanto. Il lance d’ailleurs une «mobilisation citoyenne pour la prise de conscience sur les dangers du glyphosate en république du Bénin», puis initie dans la foulée un forum WhatsApp anti-glyphosate, intitulé «Samedi du glyphosate».

Olivier de Souza, journaliste, fait le témoignage suivant sur son mur Facebook: «J'ai lu un tas d'articles sur le glyphosate. Je ne suis pas scientifique mais j'ai eu froid dans le dos en ce qui concerne la dangerosité de ce produit. Il y a quelques jours, alors que j'étais en reportage dans un village de la commune de Bonou avec Aaron Akinocho nous avons découvert que les paysans du coin en utilisent abondamment. Or, leurs produits sont très présents dans nos plats. Froid dans le dos (…) Il faut prendre le risque de poser le sujet sur la table. Ou c'est le cas, ou c'est le cancer pour tous. N'ayons pas peur des mots. Si Mr Johnson l'a fait, on peut le faire aussi.» «Depuis quarante ans que ce produit existe, la vérité éclate enfin! », s’exclame Serge, un autre internaute sur Facebook. «Combien sont morts au Bénin, en Afrique à cause de ce produit ?! On en a encore acheté cette année pour la campagne agricole en cours», se désole-t-il.

Au Bénin, ce pays producteur de coton en Afrique de l’ouest, la contestation de l’usage du glyphosate dans l’agriculture prend corps progressivement. Fin juillet 2018, Guy Mitokpè, député de l’opposition, interpellait le Gouvernement sur l’usage de ce pesticide. En avril, les autorités béninoises avaient réceptionné 500 000 litres de glyphosate pour la campagne cotonnière 2018-2019. Ses questions d’actualité au Gouvernement sont en attente de réponses au Parlement.

 


  • SEGLA T. Jacques
    il y a 1 an

    Il est temps que nos autorités montent au créneau, pour éclairer l'opinion sur ce produit qui défraie tant la chronique. Sinon c'est un suicide collectif à plus ou moins brève échéance. On a bien dit produit cancérigène à haute dose.