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Protection anti-coronavirus : attention, des désinfectants dangereux sur le marché

Olivier Ribouis
publié le Jun 18, 2020

Alors qu’ils sont un peu partout dans les services, supermarchés,  écoles, centres de santé et autres endroits, les désinfectants utilisés à tout va peuvent provoquer des problèmes de santé si on n’y prend garde a averti l’éco-toxicologue Nathalie Chèvre interrogée par la RTS.

nathalie-chevre Nathalie Chèvre, Chercheuse et Ecotoxicologue

Bon à savoir pour ne pas regretter un geste que  l’on répète et dont on n’a peut être pas besoin pour se protéger contre le coronavirus. L’usage de désinfectants à tout bout de champ peut s’avérer cauchemardesque pour l’humain. Interrogée en avis d’expert par la Radiotélévision Suisse, Nathalie Chèvre, éco-toxicologue, enseignante et chercheuse à l’Université de Lausanne avertit sur les risquent que l’on court à ne pas y prendre garde.

« Quand j’ai vu ces désinfections extrêmes partout et surtout ce qui m’a alertée c’est dans les écoles ou dans les garderies. Les produits qu’on utilise dans la désinfection ne sont pas des produits anodins, c’est des produits toxiques assez puissants. Ça m’a assez rapidement inquiétée », alerte-t-elle.

Dans la grande masse des désinfectants qui sont vendus comme de petits pains dans la fièvre du coronavirus qui malmène le monde, on retrouve des produits qui peuvent contenir de l’alcool, mais, également relève l’experte, « il y a des produits qui contiennent des substances halogènes comme le chlore, la javel par exemple et puis il y a des produits qui contiennent des substances qui nous embêtent vraiment beaucoup comme par exemple des harmoniums quaternaires.  C’est des composés d’une grande famille, mais on sait qu’ils sont allergènes et ce sont de potentiels perturbateurs endocriniens et on n’aime pas tellement les avoir proches de nous ou même dans l’environnement ».

Ces substances qui inquiètent

desinfectant-anti-coronavirus-covid-19 Usage de désinfectant

A propos des perturbateurs endocriniens, explique l’éco-toxicologue, « c’est des substances qui vont perturber le système hormonal, qui vont pouvoir poser des problèmes des années plus tard. C’est des personnes qui vont peut-être avoir une baisse de la fertilité du sperme ou des problèmes pour concevoir des enfants ou l’obésité aussi ».  Toujours sur la mauvaise réputation des perturbateurs endocriniens, poursuit-elle, « C’est des produits qui sont bien connus dans le domaine médical puisque les nettoyeuses, les infirmières les utilisent régulièrement. Et ils sont bien connus parce qu’on sait que à long terme, ils peuvent poser des problèmes. Par exemple, des problèmes de développement d’allergies, d’eczéma, des problèmes respiratoires. Il y a des gens qui doivent changer de travail à cause de ça ».

Prudente, Nathalie Chèvre  apprend qu’elle ne se rend plus dans les magasins et supermarchés régulièrement pour éviter d’avoir à s’induire les mains, des substances potentiellement dangereuses pour la santé. L’expert est inquiète pour les enfants, les femmes enceintes et monsieur tout le monde qui utilisent ces produits.  « Ce qui m’inquiète, c’est que des gens qui ne sont pas formés utilisent des désinfectants tous les jours en pensant bien faire mais en ayant pas forcément conscience des risques que ces désinfectants représentent pour leur propre santé. Il les utilisent mal ou trop » dit-elle. Plus spécifiquement conseille Chèvre, « pendant la grossesse et la petite enfance, il faut vraiment faire attention à ces substances ».

Malgré le risque que leur usage comporte, les désinfectants sont vendus sur le marché sans indications de leurs compositions. « Ce qui frappe, c’est que la plupart du temps, il n’y a pas d’indication sur les bouteilles des désinfectants, on ne sait pas ce que ces bouteilles contiennent », déplore l’invitée de la RTS.

Que faire face au coronavirus ?

lavage-des-mains-benin Lavage des mains à l'eau et au savon

Pas de crainte à avoir sur comment faire pour ne pas contracter le virus de la pandémie de COVID-19 si on ne veut pas s’exposer aux risques de santé liés à l’usage des désinfectants contenant des substances toxiques. L’experte explique qu’on pourrait même se passer des désinfectants et se prémunir contre le coronavirus avec le simple geste de lavage des mains à l’eau et au savon.

« Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on a affaire à un virus. On n’a pas affaire à des bactéries. Les bactéries, c’est beaucoup plus difficile à tuer, elles résistent. Un virus, ce qu’il faut, c’est éliminer la couche de gras qui le protège. Du coup, le savon va très bien. Dans la mesure du possible, utiliser du savon, c’est le mieux ; et utiliser de l’alcool si ce n’est pas possible. Les autres substances, les autres détergents peuvent être utilisés si nécessaires. Mais, la plupart du temps, on arrive à s’en sortir avec soit du savon, soit du gel hydroalcoolique », a expliqué Nathalie Chèvre.  

Aussi, face au coronavirus, le respect des gestes barrières, de la distanciation physique, le port de masque constituent toujours des réflexes à avoir.


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