Benin international musical : des rythmes vodoun esthétisés pour le monde

Olivier Ribouis
publié le 16 janvier 2018

Avec le concours de l’Institut français et de la ville de Nantes, des experts français et béninois s’activent autour du Benin international musical (BIM), un collectif de jeunes talentueux artistes, pour offrir au monde du nectar puisé dans la musique béninoise. Démonstration a été faite ce week-end avec un concert riche en émotion.

benin-international-musical Présentation du projet Bénin international musical (BIM)

Un ambitieux projet de valorisation du dense patrimoine musical béninois en cours. Benin international musical (BIM). Né d’une proposition de Hervé Riesen, ancien producteur d’émission musicale et actuel directeur adjoint à la direction déléguée aux antennes et programmes de Radio France, c’est un projet mis en œuvre par Togezer Production, un label français et Awo Négoce du Bénin. En cours d’exécution depuis janvier 2016 grâce à l’appui  de l’Institut français et de la ville de Nantes, BIM a levé un coin de voile sur ce qui se fait à travers une première représentation vendredi 12 janvier à Cotonou. Moment de voir qu’il s’agit d’une esthétisation des rythmes béninois avec de jeunes talentueux artistes qui seront les vedettes d’un rayonnement musical du  Bénin.

Le premier spectacle

spectacle-bim-ifb Spectacle du BIM à Cotonou

Benin international musical, c’est d’abord un nom de collectif musical a gardé.  Le public cotonois l’a découvert en chair et en os ce week-end à sa première représentation à l’Institut français du Bénin. Pour cette première, c’est un spectacle assuré porteur de bonne espérance. Le groupe composé de Jimmy Bella, Ammessiamey, Nayel Hoxo,  Yewhe Yeton, alias Lionel, Totin, Resnikpa et de Yaovi Emmanuel Atcho, s’est illustré avec  un répertoire d’une douzaine de titres  sur des rythmes variés et raffinés du patrimoine musical béninois.  Attractive, l’entrée sur scène par un tableau de musique du culte égun (les revenants) a éveillé les esprits  du public attendant patiemment de découvrir ce que va proposer le BIM. Cette apparition s’est faite  à la percussion au talking drum associé au gon et à la castagnette et des voix qui s’élèvent en chant pour accompagner des pas de danse sortis de couvent égun. 06 minutes chronos, ont suffi pour cette entrée en matière captivante. Puis, avec de mini-tambours jumelés accompagnés de batterie et de guitare, on passe à une élévation de température.  Plus groovy et plus intense, ce deuxième tableau est une invitation à danser, à s’égayer irrésistiblement lancée au public pris au piège. A plusieurs reprises la piste est envahie. Tous dansent et imitent les danseurs du BIM.  Au fur et à mesure qu’elles se découvrent,  les compositions du BIM font voyager à travers la partie méridionale du Bénin avec  des couleurs de l’Ouémé, du Plateau, du Mono, du Couffo. La partie septentrionale du pays n’est pas  du reste avec le têkè. Une remarque cependant,  tout ceci dans une mixité et un métissage avec des notes de rock, de jazz, de hip-hop. C’est de l’éclectisme dans une dynamique qualité-beauté acoustique pour l’enrichissement de la world musique à partir du Bénin.

Un projet d’envergure

Partir avec de nouveaux talents pour avoir un collectif  icône  de la musique béninoise est l’ultime rêve du BIM.  « L’enjeu a été d’identifier à la fois des nouveaux talents et des artistes professionnels pour former un collectif qui se déclinera en trois  formations  (de l’électro afro rock, en passant par le gospel béninois jusqu’aux musiques rituelles) adaptées aux esthétiques des différentes lieux de diffusion, des festivals et des évènements », indique une note de présentation du projet. Pour  aboutir à ce rêve, celui qui conduit le travail est Jérôme Ettinger, le Directeur artistique et expert français du Label Togezer qui a fait ses preuves en Egypte. Il a  expliqué le processus qui l’a conduit à faire des tours au Bénin pour le repérage artistique avec Aristide Agondanou, directeur de Awo Négoce et co-fondateur du Gangbé Jazz Band. Le compositeur français annonce qu’un album est en vue et que le travail n’est encore qu’à 50% malgré  l’émerveillement produit.  A propos de l’album, il devrait être produit et distribué sous label Radio-France qui souhaite créer des liens de coopération artistique  avec l’Afrique. Le projet a l’accompagnement de l’Union européenne de radio-télévision (UER).  L’autre enjeu du BIM, c’est de rendre hommage au Bénin qui, rappelle Hervé Riesen de Radio France,  est « à l’origine de tant de rythmes musicaux » joués à travers le monde. Ces rythmes en question sont puisés  dans  le vodoun diabolisé jadis à travers des productions cinématographiques occidentales.  L’initiateur du BIM assure qu’il  contribuera à  « faire la guerre aux clichés » en amenant la musique à « révéler aux Français ce qu’est le vrai vodoun ».  Bientôt, la ville française de Nantes qui appuie le projet  recevra le BIM sur son festival. Gildas Salaïun, conseiller municipal de Nantes a d’ailleurs fait le déplacement de Cotonou pour assister à la première représentation avant de rencontrer la presse samedi 13 janvier pour une séance d’explication des ambitions du projet. A ce sujet, a assuré Véronique Brumeaux, l’Ambassadrice de France à Cotonou, « le projet va faire rayonner la culture béninoise en Europe et créer des liens».


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