Bénin-Culture : le régime Talon dévalorise les artistes béninois selon Stan Tohon

Falilatou Titi
publié le 23 février 2018

Invité de la rubrique ‘’Cultura’’ de la radio Océan Fm ce vendredi 23 février, l’artiste béninois Stan Tohon s’est offusqué de voir certains jeunes chanteurs béninois prester dans les bars. Selon lui c’est le manque d’accompagnement des autorités qui conduit à cette situation qu’il qualifie de « minable ». Stan Tohon pense aussi que les artistes béninois doivent valoriser leur culture à travers leurs productions.

stan-tohon Stan Tohon, artiste chanteur béninois

Les artistes béninois n’émergent pas parce qu’ils ne bénéficient pas de l’accompagnement et de l’encouragement de l’Etat. C’est ce que pensent Stan Tohon. Dans une interview accordée à la radio Océan Fm, cet artiste pointe un doigt d’accusateur aux autorités en charge du secteur culturel au Bénin. « Je pleurais dernièrement quand je suis venue au Bénin, parce que j’ai vu que les artistes qui jouent dans les bars ». Indigner Stan Tohon dit ne jamais faire une telle chose. Pour lui « un musicien quand il joue c’est un prince, c’est un roi, quand il arrive les gens sont assis ils payent leurs tickets pour venir le voir ».  Même s’il admet que par moment prester dans un bar n’est pas mauvais en soi, il estime que le grand nombre d’artistes à le faire n’enchante pas. « Ça peut arriver mais je trouve que c’est minable aujourd’hui que la plupart de mes artistes soient obligés d’aller animer dans les bars, je les vois dans les bars vraiment ça fait pleurer, ça fait pitié », se désole-t-il. Tohon pense que le fonds d’aide à la culture suspendu depuis un bon moment est une des causes de cet état de chose. « On a coupé le fonds d’aide, on a tout coupé donc on ne fait plus des spectacles. Les artistes n’ont pas l’argent pour organiser les spectacles ». Parlant de spectacles, Stan Tohon, ne semble pas avoir apprécié celui du 1er août 2017 organisé par le ministère de la jeunesse et des loisirs. Pour lui ce concert n’en était pas un car, vide de ‘’grands artistes’’. « Le seul qui a été organisé le premier août où on a invité Davido, on a invité les petits artistes et on a dit que ces des grands artistes mais pour moi c’est des petits artistes parce qu’ils sont tous là à jouer avec des boîtes à rythme ». Mieux, le roi du rythme « Tchinkoumè » estime que les artistes étrangers sont mieux traités au détriments des artistes béninois.  « Moi je ne vais pas accepter qu’on paye des miettes à mes frères et qu’on donne des 35 millions ou je ne sais pas combien de millions à des artistes qui sont venus à 3 heures du matin et au stade pour dire qu’ils sont en train de chanter pour mon peuple ».

A(RE)LIRE:Bouquinerie : «Avortons», les meurtres en séries sur l’autel de l’amour (Méchac Adjaho)

Nécessité d’accompagnement

 Pour Stan Tohon, il y a plusieurs artistes béninois qui font du bon travail, mais par défaut de soutien, ils sont obligés d’embrasser toutes sortes de musique et les populations en font débat. « Aujourd’hui au lieu de critiquer les artistes, il faut plutôt critiquer le système qui ne les encourage pas à évoluer », s’indigne l’artiste. Outre cet aspect, Tohon pense que les artistes béninois doivent aussi penser à valoriser la culture béninoise dans leurs chansons. A croire l’artiste ce n’est pas en copiant les musiques d’autres pays qu’ils vont se faire vendre. «…S’ils vont puiser dans le terroir, les artistes ont un boulevard devant eux pour évoluer. Au lieu de faire ce qu’ils font là, copier le Nigéria, copier la Côte d’ivoire, ils n’iront nul part parce que on va préférer les Ivoiriens, on va préférer les Nigérians. Mais on ne va pas chercher les copieurs que nous sommes ». C’est pourquoi il invite les jeunes artistes à faire du vodoun le socle de la musique béninoise.  « La musique béninoise peu reprendre son flambeau dans la mesure où le Bénin est un pays de vodoun. Aujourd’hui le vodoun est vendu sur le continent européen, en Amérique, partout. On peut à travers la musique, vendre le vodoun et en vendant le vodoun vendre notre musique ».

A LIRE AUSSI:Bénin musique : Jah Baba livre les opportunités à Africa Sound city en 2018


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci