Pillage de trésors royaux : Macron fait la langue à Talon et aux Africains

Olivier Ribouis
publié le 6 mars 2018

Les trésors royaux du Bénin détenus en France ont été effectivement au cœur des discussions entre les présidents Talon et Macron qui se sont rencontrés lundi 5 mars  à l’Elysée.  A l’occasion, le président français a refusé le terme d’« œuvres pillées » utilisé par son homologue béninois et les Africains en général pour désigner les œuvres en question.

talon-macron Emmanuel Macron et Patrice Talon à l'Elysée

Macron veut changer la nature des choses. Le président français ne veut pas d’une appellation qui entache l’image de son pays  dans le dossier des trésors royaux du patrimoine culturel et historique béninois détenus par la France. A l’Elysée lundi 5 mars 2018 où il a reçu son homologue béninois, il a rectifié l’expression « œuvres pillées » utilisée pour désigner les œuvres d'ancien rois d'Abomey emportées par les Français pendant la période coloniale.

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 « Personne ne m’a parlé, pour ne pas vous citer, des "œuvres pillées" par la France pendant la colonisation » a ironiquement déclaré le jeune président français. Pour lui les œuvres ont quitté le sol béninois et africain pour de multiples raisons. En premier, il justifie cela par le contexte de la colonisation et suggère qu’on parle d’« œuvres prises ».  « D’abord pendant la période de colonisation, parce qu’elles ont pu être en effet à ce moment-là prises » a-t-il dit.

 

Deuxième point de rectification, Macron parle aussi d’œuvres objet de « trafic ». Macron qui a  sa version des faits, argumente : « parfois elles ont été l’objet de trafics qui ont été d’ailleurs accomplis par des Occidentaux comme par des Africains ».

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En dehors des œuvres prises et celles objet de trafic, Emmanuel Macron ajoute la catégorie des œuvres  qui « ont aussi été le fruit de différents échanges de marchands d’arts » et  la catégorie de celles « ramenées de France par des missions anthropologiques ».


  • Adetayo Joachim
    il y a 6 mois

    La catégorie de celles ramenées "en" France, et non "de" France.