Air Artistes : les barrières se brisent entre le Bénin et la France

Olivier Ribouis
publié le 29 mars 2018

Dénommé "Air Artistes", un projet collaboratif d’artistes français de la compagnie Archimusic et d’un collectif d’artistes béninois, entre dans sa phase de concrétisation avec pour objectif de briser les barrières sur la libre circulation des artistes et leurs créations. Jeudi et vendredi à l’Institut français  puis le samedi 31 mars à l’espace culturel le Parking à Fidjrossè, le public béninois a le privilège de voir en premier sur scène plusieurs artistes des deux pays, de différentes disciplines dans une performance annoncée comme originale.

air-artistes-benin Conférence de presse sur le projet Air Artistes au Parking à Cotonou

Trois jours, trois heures, trois lieux de spectacle. Il y a à voir ce jeudi à 18h30 à l’Institut français de Cotonou, demain vendredi 30 mars au Lieu Unique à 20h30 puis samedi 31 mars à  20h à l’espace culturel Le Parking à Fidjrossè. Plusieurs artistes du Bénin et de la France évoluant dans différentes formes d’expression artistique donnent rendez-vous au public pour lui montrer une création inédite. Ceci dans le cadre d’un projet dénommé "Air Artistes". Il s’agit d’une initiative portée par la Compagnie Archimusic qui est à la fois un orchestre et une salle de spectacle basés à Meudon près de Paris en France  et d’un collectif d’artistes béninois.

En conférence de presse mercredi, un coin de voile a été levé sur le projet par Valentin Leveau, administrateur  de Archimusic accompagné des artistes Yves Rousseau ( contrebassiste, France) , NegrDjamile (Slameur, Bénin), Lucrèce Atchadé (danseuse, Walo).  « "Air Artistes" est un pont aérien artistique, une sorte de partenariat gagnant-gagnant entre la compagnie Archimusic de la France et la compagnie de danse Walo de Rachelle Agbossou, la compagnie chorégraphique Multicorps de Marcel Gbeffa, les musiciens Raphaël Sheyi, Bonnaventure Didolanvi, les slameurs Sergent Marcus, NegrDjamile du Bénin qui se sont mis en collectif », a déclaré l’administrateur Leveau.  L’objet de ce partenariat, c’est la circulation. « Une des raisons qui nous ont poussé sur ce projet aujourd’hui, c’est que la circulation des artistes, surtout ceux des pays du sud , est de plus en plus compliquée pour des questions de budget, de visa. Il est parfois très compliqué pour des artistes d’obtenir des visas pour aller en Europe, en France notamment » a-t-il justifié, ajoutant : « Une compagnie, qu’elle soit basée, en France, aux Etats-Unis ou ailleurs, son succès c’est la capacité de ses artistes à circuler et à rencontrer d’autres artistes, d’autres cultures pour s’enrichir ».

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 Il y a également dans ce projet, une sorte de métissage fertile pour l’art et la création. Dans la performance que le public cotonois est invité à voir pendant trois jours à compter de ce jeudi 29 mars, on assistera à une rencontre des disciplines. Des chorégraphes-danseurs bougeront leurs corps sur les sons de musiciens et de slameurs déclamant leurs textes. « L’idée c’est de croiser ces disciplines autant qu’on croise les pays », appuie à ce sujet Leveau.

Le talk des artistes

Certains des artistes prenant part au projet ne cachent pas la surprise et le bonheur autour du travail qu’ils présentent au public béninois.  « C’est une rencontre absolument inédite(…). Ce qui fait le sel de la rencontre, c’est parce qu’on ne se connait pas », a fait savoir le contrebassiste Yves Rousseau.  Lucrèce Atchade, danseuse professionnelle de la compagnie Walo témoigne aussi de la latitude pour le danseur de bouger selon son inspiration. « C’est une expérience mais aussi beaucoup d’improvisation. Il n’y a pas derrière, de la préparation artistique. Tu te laisses aller par ce que te dis le son, le texte ».  Le slameur Djamile Mama Gao parle d’ « une occasion de voir en un, tout ce que vous pouvez trouver en mille endroits ». C’est donc à de l’inédit qu’il faut se préparer en opérant le déplacement pour suivre la performance. Ratée l’occasion de voir ce qu’il y a dans cette création, il faudra attendre le mois de novembre et cette fois-ci en France. Puisque,  Après Cotonou, ce sera à Meudon de jouir à son tour.

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