Ruse à la Francophonie : Michaëlle Jean règle ses comptes avec Macron et l’Union africaine

Olivier Ribouis
publié le 11 octobre 2018

A l’ouverture du 17ème sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie, la Secrétaire générale sortante Michaëlle Jean a prévenu contre la ruse susceptible de tuer une organisation comme celle-ci.

michaelle-jean-macron Michaëlle Jean et Emmanuel Macron à Paris

Michaëlle Jean prend sa revanche sur ceux qui l’ont lâchée à la Francophonie. Saisissant l’opportunité de son discours qui sera probablement le dernier au poste de Secrétaire général de l’OIF, elle a mis en garde les dirigeants contre la conséquence de « la ruse » au sein d’une organisation.

« C’est sous votre impulsion que la Francophonie a élargi ses missions, qu’elle s’est affirmée comme une Francophonie politique et diplomatique », a-t-elle d’abord pris soin de rappeler aux dirigeants des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avant de lancer sa critique dans son discours de clôture de la cérémonie d’ouverture du 17ème sommet qui a lieu à Erevan en Arménie. Elle souligne aussi que « les valeurs valent pour tous les temps, pour tous les peuples et toutes les nations ». Mais, à sa grande surprise, note-t-elle, « nous voyons métastaser le désenchantement de la démocratie ».

Dès lors, interroge la Canadienne qui va probablement céder son fauteuil à, la ministre rwandaise Louise Mushikiwabo, « sommes-nous prêts à accepter que la démocratie, les droits et les libertés ne soient plus que des mots ? ». Pour cause, elle constate une culture de « petits arrangements entre États ». Dans ce contexte, prévient Michaëlle Jean qui a été lâchée par la France, l’Union africaine et même le Canada son propre pays, « une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde ».

Un tel discours sans compromis sonne comme une humiliation en douce infligée à Marcon, les dirigeants africains et leurs homologues d'ailleurs rassemblés à Erevan.


  • OROU
    il y a 11 jours

    Dans ce grand cercle au sommet des hautes institutions, c'est comme cela ç fonctionne. Elle a été lâché par son propre pays, c'est évident que les autres ne puissent la soutenir. Certes, elle fait des dénonciations dont il ne faut prendre à la légère mais le tour est joué, elle a fait ses preuves, espérons que la rwandaise fasse davantage mieux si elle est retenue.