Bénin-FITHEB 2018 : le ministre Homeky dans le dilatoire

Olivier Ribouis
publié le 19 novembre 2018

Au lancement ce samedi 17 novembre de la 14ème édition du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB), on s’est aperçu que le ministre béninois en charge de la Culture, du tourisme et des sports Oswald Homeky  plombe un évènement d’une si grande envergure avec un discours vaseux et inquiétant pour la sauvegarde des acquis.

fitheb2018-benin-theatre Le village du FITHEB à Cotonou

« Ce qui est important à retenir, c’est que le FITHEB va devenir l’évènement qu’il était hier et va aller au-delà. La qualité du FITHEB aujourd’hui, que ce soit sur la programmation, mais aussi sur l’organisation, à partir de cette édition, va totalement rompre avec les carences du passé. Il n’y aura plus d’improvisation dans l’organisation du FITHEB ».  27 mars 2018. Le ministre béninois en charge de la Culture, du tourisme et des sports Oswald Homeky faisait ainsi rêver le public béninois. Il a annoncé la rupture d’avec l’«improvisation » et professé une organisation bien rigoureuse pour mieux valoriser le grand évènement africain théâtral dont le Bénin est initiateur.

Sauf que du discours à l’acte, il y a comme un abîme dans lequel sont précipités ceux qui ont fait foi à la parole de la première autorité de la culture au Bénin. Illustration, ce samedi  17 novembre  au lancement de la 14ème édition tant attendue du FITHEB.  C’est à une maigre, rachitique  et pâle cérémonie d’ouverture qu’on a assisté à Cotonou. Entre autres irrégularités notées, il y a à signaler que l’organisation n’a pas permis d’écouter à la tribune ne serait-ce qu’un représentant de troupes ou compagnies étrangères  pour un évènement international comme le FITHEB. Rien sur les lieux ne témoigne de la présence des troupes étrangères. Il faut attendre que le directeur du FITHEB vienne les citer dans son discours. Pas de drapeaux de leurs pays respectifs, et un stand à peine visible ne sert pas à grand-chose. Pour ce qui est de la régie, elle laisse à désirer avec quelques rayons luminescents et un dispositif de sonorisation hostile à l’audibilité des voix  d’autorités au pupitre.

Faute d’organisation, avant l’arrivée après deux heures d’attente du ministre (Il fallait suivre les Ecureuils se faire battre en Gambie), les troupes et compagnies  de ballets appelées à faire vibrer les lieux ont offert un festival de vacarmes alors que leurs tableaux aussi intéressants les uns que les autres seraient bien suivis du public avec un peu d’ordre.

En ce qui concerne l’animation culturelle d’ouverture bien qu’intéressante, elle est géographiquement limitée à la partie méridionale du Bénin alors qu’elle aurait pu s’enrichir avec quelques tableaux aussi attractifs des autres contrées du pays. On n’en voudra pas à  l’unique compagnie Ashakata dont la prestation a été bien reçue, mais au comité d’organisation qui visiblement a manqué d’inspiration.

Le ministre Homeky jette l’éponge

oswald-homeky le ministre béninois en charge de la Culture, du tourisme et des sports Oswald Homeky

Apparu avec une grise mine, le ministre Homeky, visiblement abattu par la douche froide infligée aux Ecureuils sénior à Banjul, quelques instants plus tôt, est venu sacrifier à la tradition de l’ouverture avec un discours dans lequel on note un désaveu.  « Je voudrais vous dire au nom du Président de la République et au nom de tout le gouvernement, que cette édition 2018 que nous aurions souhaité encore plus belle, que nous aurions souhaité encore plus forte, que nous aurions souhaité encore plus riche est pour nous une édition de retour, une édition de renaissance », a-t-il déclaré.  Et puisqu’il semble admettre être passé à côté du cap, le ministre a choisi de donner un nouveau rendez-vous, comme savent le faire les génies du dilatoire devant un auditoire.  « Nous gardons les yeux rivés sur 2020, année où le Bénin célèbrera les 60 ans de son indépendance, année où le FITHEB sera à sa 15ème édition, année où nous l’espérons, avec les implications des uns et des autres, la mise en commun des énergies, nous offrirons à notre pays, à l’Afrique et au monde entier, un FITHEB encore plus intéressant, encore plus rayonnant et surtout mieux organisé ».  Voilà qui est dit, et donc, « mi na yi do mon wè » (contentez-vous de ça) comme l’a chanté le rappeur.


  • Pascal
    il y a 25 jours

    Mon cher Olivier, je pense que c'est injuste de parler de dilatoire pour qualifier le discours du Ministre Homeky. Vous ne traduisez pas son état d'âme. Et je note malheureusement que vous n'avez pas fouillé derrière le rideau pour savoir quels sont les tenants et aboutissants de cette situation. C'est pas le ministre qui organise le FITHEB, mais bien le directeur, et si le ministre vient se heurter à une mauvaise organisation malgré toutes les précautions qu'il a inspirées, ne vous étonnez pas qu'il laisse transparaître sa désolation et sa déception dans un discours.

  • SEZ
    il y a 25 jours

    J'aime bien lire Banouto, mais cet article, à mon sens, n'a rien de journalistique. Entre l'information et les commentaires de l'auteur, je me perds dans le travail professionnel ( si c'est le cas selon lui ) de l'auteur.

  • H.Serge
    il y a 23 jours

    c'est ton point de vue hein