Cinéma africain : ReCiCo, un évènement à grandes ambitions au Bénin

Olivier Ribouis
publié le Jun 26, 2020

Après la première en 2019, les ReCiCo 2020 s’annoncent pour une deuxième édition et promettent de devenir un deuxième grand carrefour du cinéma africain selon les explications du cinéaste et délégué général de l’évènement, Dimitri Fadonougbo.

dimitri-fadonougbo-recico-cinema-africain-benin Dimitri Fadonougbo, délégué général des ReCiCo

ReCiCo. L’acronyme signifie Rencontres cinématographiques et numériques de Cotonou. C’est un évènement. Cette année, il sera à sa deuxième édition du 29 août au 05 septembre dans l’espoir que le coronavirus fléchisse.

Comme le FESPACO pour le Burkina Faso, Les ReCiCo veulent être un carrefour du cinéma africain au Bénin. Ponctuel, Dimitri Fadonougbo, le délégué général du festival de film a rencontré des journalistes pour les entretenir au sujet des préparatifs de l’acte 2 en perspective.

« Le FESPACO, je sais que ça a commencé avec trois personnes, mais aujourd’hui, c’est devenu la plus grande messe d’Afrique. Si tu ne passes pas par le FESPACO, tu ne pourras pas avoir la paix, tu te diras, "j’ai raté un évènement dans ma vie". Les ReCiCo se positionnent pour être ce relais. Je le dis par la qualité des films qui passeront sur le circuit et en même temps par la qualité des gens, des personnalités du monde de la culture et du cinéma qui l’animent et l’accompagnent », assure, tout confiant, le cinéaste béninois.

Bien connu dans le milieu des acteurs du cinéma africain, le Béninois qui a déjà trainé sa bosse sur plusieurs évènements à travers le continent et au-delà, veut faire de cet évènement, une occasion pour montrer le poids du cinéma dans l’économie de la culture. « Cinéma, Art et Economie », le thème de la présente édition en dit long. « Quand on parle du cinéma, c’est du business. C’est une industrie qui se suffit », justifie Dimitri Fadonougbo. Il en veut pour preuve, la part non négligeable de Nollywood dans l’économie nigériane. « Quand nous regardons Nollywood à côté, ça rapporte jusqu’à près de 300 millions de dollars au budget national et représente près de 1,5% du PIB du Nigéria », informe le cinéaste.

La part des ReCiCo

cinema-benin Dimitri Fadonougbo, délégué général des ReCiCo

Après la première édition en 2019, le délégué général du festival annuel réaffirme que Les ReCiCo sont un cadre de promotion, d’émulation, de distribution et de perfectionnement du cinéma d’Afrique et de sa diaspora. Aux ReCiCo 2020, on assistera à des compétitions de films à projeter dans des conditions requises, des débats de films avec les réalisateurs, un marché international du film (MIF) qui est un espace aménagé destinés aux diffuseurs et exploitants de films, un colloque sur le thème « Cinéma, Art et Economie », des ateliers de formations diverses avec un accent particulier sur la musique du film, la scénarisation et la décoration.

Plus de 50 films du Burkina Faso, du Togo, du Mali de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la RDC, du Maroc, de la Tunisie et du Bénin ont déjà été enregistrés pour prendre part aux rencontres de 2020 qui seront marquées par plusieurs prix et distinctions qui porteront des noms de figures du cinéma africain dans toutes les catégories. Les grands prix dans les catégories « Long métrage » et « Court métrage » porteront le nom du réputé réalisateur béninois « Paulin Soumanou Vieyra ».  L’édition 2020 devrait également déboucher sur la mise en place d’un forum des producteurs africains devant réfléchir à la concrétisation d’un fonds de financement du cinéma sur le continent. Pour les journalistes critiques du cinéma est réservé le prix Donatien Gbaguidi du nom  du journaliste culturel béninois décédé en 2018 à l'âge de 34 ans.

Puisqu’il se tient à Cotonou, l’évènement veut également vendre la destination Bénin. « Faire de la destination Bénin, une réalité à travers ses spécificités et ses potentialités tant en matière culturelle, artistique et en particulier du cinéma. Faire connaître le cinéma béninois et son interaction avec le cinéma des autres pays africains et de la diaspora », promet  Dimitri Fadonougbo.

dimitri-fadonougbo Dimitri Fadonougbo, délégué général des ReCiCo

Tout premier béninois distingué aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en novembre 2018, le cinéaste auteur-producteur et enseignant à l’Institut national des métiers d’arts, d’archéologie et de la culture à l’Université d’Abomey-Calavi entend faire de son évènement une occasion pour le renforcement des jeunes béninois qui pourront avoir des échanges d’expériences avec leurs pairs venus d’ailleurs.

Aux ReCiCo 2020, l’une des innovations sera les « ReCiCo-Pro » pour fournir un accompagnement complet à toutes les étapes aux porteurs de projet de premiers films professionnels afin de les aider à avoir des productions compétitives.

En ce qui concerne l’organisation dans un contexte de pandémie de COVID-19, le délégué général assure que les dispositions idoines sont prises éviter les risques de contagions et au besoin, des activités seront purement et simplement annulées.


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