CULTURE

Souvenir de la traite négrière au Bénin : « on n’efface pas l’histoire par le silence »

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A l’occasion de la commémoration de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (JISTINA), le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, a adressé un message aux Béninois. Dans un post sur la page Facebook de son ministère, il a invité ses compatriotes à œuvrer pour que l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage ne soit pas « oubliée ». Lire ci-dessous l’intégralité de son message.

jean-michel-abimbolaLe ministre béninois de la culture

Message de Jean-Michel H. Abimbola

Chers compatriotes ;

Comme chaque année, le Bénin est au rendez-vous de la Commémoration du souvenir de l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’humanité.

En effet, le 23 août est la journée réservée au souvenir de la traite négrière et de son abolition, et il est un devoir pour nous d’y sacrifier, malgré le contexte spécial que nous impose depuis plusieurs mois la pandémie de la maladie du coronavirus.

Mesdames et Messieurs ;

Demain, dimanche 23 Août 2020, nous nous souviendrons de tous les Déportés Béninois et Africains, ceux de la traite transsaharienne, de l’Océan indien et ceux de la traite transatlantique. Nous nous souviendrons de tous les déportés Noirs.

Nous saluons leur courage dans les luttes contre leurs bourreaux pour la conquête de leur liberté et la concrétisation de leur rêve pour un monde meilleur. Nous nous inclinons devant leurs mémoires.

C’est le sens à donner à la cérémonie solennelle de recueillement que le Mémorial de Zoungbodji à Ouidah va accueillir demain, au nom de tous les Béninois.

Béninoises et Béninois ;

Le choix du 23 Août pour se souvenir des victimes de la Traite négrière et de l’abolition de cette tragédie n’est pas dû au hasard. Cette date correspond en effet à la date anniversaire de l’historique révolution des esclaves avec à leur tête le valeureux descendant d’esclave d’origine béninoise Toussaint LOUVERTURE, dont la victoire a conduit à la création de HAÏTI, la première république noire. C’était le 23 Août 1791.

Le devoir du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, comme de tout Béninois et au-delà, de tout homme, est d’œuvrer afin que l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage ne soit pas oubliée.

En effet, on n’efface pas l’histoire par le silence. C’est pourquoi j’exhorte chaque Béninoise et chaque Béninois à faire preuve de résilience en provoquant le débat, sans passion, dans les familles, les villes, les régions pour éviter les ressentiments entre Béninois. C’est ainsi que nous comprendrons mieux les Afro-descendants dans leur quête de retour à la source. Nous ne pouvons les accueillir dignement et fraternellement qu’en connaissant mieux notre histoire commune.

Le programme scolaire au collège participe déjà à ce devoir de mémoire qui nous incombe et notamment à notre jeunesse.

Chers compatriotes ;

Chaque 23 Août depuis 2014, nos sœurs et frères des Antilles, de l’Ile de la Réunion, des Etats –Unis, du Brésil, de France et d’ailleurs, viennent pour vivre cette commémoration avec nous à la Porte du Non-Retour à Ouidah.

Mon intime conviction est que bientôt, avec la concrétisation de la vision du Président de la République dans le domaine de la culture et de notre patrimoine mémoriel, toutes les communes qui gardent encore les stigmates de cette période de notre histoire seront bientôt des lieux de recueillement et de visite pour nos nombreux frères et sœurs afro descendants. Ainsi, les âmes de nos Déportés Béninois et Africains reposeront toujours en paix et veilleront sur le Bénin et l’Afrique.

C’est pourquoi j’en appelle à un sursaut collectif de fraternité et à une acceptation mutuelle de chacun et de tous, afin que les plaies se pansent et cicatrisent, pour une mutualisation de nos valeurs et de notre histoire avec nos frères de la diaspora.

Bonne célébration de la Journée internationale du souvenir de la Traîte négrière et de son abolition la JISTNA,

Je vous remercie.

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