Macron dénonce les dérives du capitalisme à la tribune de l’OIT

Falilatou Titi
publié le 12 juin 2019

Le président français, Emmanuel Macron a fustigé les dérives du capitalisme. Il a défendu la justice sociale, dans son discours à l’ouverture de la conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève en suisse, mardi 11 juin 2019.

emmanuel-macron-president-français Emmanuel Macron, président français, défend la justice sociale

« Quand le peuple quelles qu’en soit les catégories, ne trouve plus sa part de progrès, il ne peut plus adhérer à un régime politique tel qu’il se présente devant lui », a déclaré Emmanuel Macron à la tribune de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Genève. Selon le président français, il est temps d’arrêter avec « le capitalisme devenu fou » qui ne profite qu’à quelques-uns. Devant ses homologues venus de plusieurs pays du monde, Macron a déploré les « ajustements économiques brutaux inédits » intervenus dans plusieurs pays du monde.

A l’en croire, ils sont porteurs des crises qui frappent les démocraties dans le monde. « Ces dernières décennies sont marquées par une crise économique, sociale, environnementale, politique et donc civilisationnelle qui nous impose de réagir. Et cette crise, elle est là et nous l’avons vécu. »

Pour Emmanuel Macron, ces dernières décennies, le libéralisme et l’économique sociale des ont déserté les lieux. « Je pense que le chaos est là et la responsabilité de notre génération ce n’est pas d’attendre une guerre, mais de regarder en face le monde tel qu’il est » a invité le président français.

« On a des inégalités sociales… »

Pour Emmanuel Macron, cette économie dans laquelle vie plusieurs pays du monde est de moins en moins sociale et surtout de moins en moins libérale. « On doit tous le regarder en face. Quand il profite à quelques-uns et qu’il conduit aux déséquilibres territoriaux sur toutes nos démocraties. Et ça ne touche plus quelques pays. On a des inégalités sociales, territoriales et les concentrations de la pauvreté…», a-t-il soutenu. A en croire le président français, cette crise qui prévaut dans les démocraties fait que « certains sont attirés vers l’autoritarisme ».

Toujours dans sa logique de défendre la justice sociale, il a dénoncé l’enrichissement de certaines couches de la société alors que d’autres peinent à survivre. « L’accumulation des richesses dans certains lieux et chez certains s’est accélérée ces dernières décennies. Je défends pour ma part une économie progrès (…) mais il n’en demeure pas moins que quelque chose ne fonctionne plus dans l’organisation de ce capitalisme », a-t-il fait savoir.

Lors de son intervention, la Chancelière allemande, Angela Merkel a également plaidé pour plus de « justice sociale pour tous les travailleurs ». La conférence annuelle de l’OIT qui consacre en même temps le centenaire de l’organisation s’est ouverte mardi 11 juin et prend fin le 21 juin 2019. Cette 108e session va déboucher sur l’adoption d’une convention sur le harcèlement et d’une déclaration sur l’avenir du travail.

Créée en 1919 par le traité de Versailles, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, l’OIT compte 187 pays. Elle est une institution spécialisée des Nations Unies qui a pour mission de faire avancer la justice sociale et de promouvoir le travail décent.


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