Franc CFA : Lionel Zinsou souligne «le péché initial» de la France

Olivier Ribouis
publié le Oct 24, 2019

Ancien premier béninois et économiste de renom, Lionel Zinsou en grand observateur du débat sur le Franc CFA a profité de la tribune de Sciences-Po où il était en face à face avec l’autre économiste et panafricaniste Kako Nubukpo pour revenir sur l’histoire de la monnaie et relevé ce qu’il appelle « le péché initial » et des « limites ».

lionel-zinsou-franc-cfa Lionel Zinsou

Lionel Zinsou n’est pas pour autant opposé à la fin de vie du franc CFA. Dérogeant à l’image d’ardent défenseur des intérêts français dans les anciennes colonies qu’on lui colle, il a relevé des éléments qui peuvent bien expliquer le combat des anti-CFA partout sur le continent africain et même ailleurs. C’est face à Kako Nubukpo, le pourfendeur togolais du franc CFA à Sciences-Po que Lionel Zinsou a d’entrée de jeu mis en exergue les ponts faibles de cette monnaie que beaucoup veulent voir disparaître de la zone franc.

« C’est utile de bien voir pourquoi il faut passer à autre chose », dit l’ex-Premier ministre béninois qui estime que « C’est assez légitime, 70 ans après la création du franc CFA ».  Lionel Zinsou bien décidé à surprendre son auditoire après avoir s’être présenté comme en position de la défense face à l’intraitable Kako Nubukpo remonte au commencement de l’histoire de la monnaie dans les anciennes colonies noires de France pour souligner désigner la première pierre d’achoppement. « L’Afrique des colonies françaises a commencé d’émettre des francs en 1853 quand on a créé la banque du Sénégal, banque privée appartenant aux grandes maisons de commerce bordelaises », rappelle-t-il. A ce moment poursuit Zinsou, « Aux propriétaires d’esclaves, en 1853, il a fallu indemniser, non pas les esclaves d’avoir été tenus en esclavage, mais, les maîtres d’esclaves d’avoir perdu leur propriété. Et on a eu cette idée étrange  de leur donner des actions dans une banque d’émission qui émettrait désormais la monnaie ».

Pour l’éminent économiste béninois, c’est là une chose inadmissible.  « Je crains que cela ce soit quand même, une espèce de tâche dans l’histoire » commente-t-il. Bien en phase avec les pourfendeurs du franc CFA sur cette raison, Lionel Zinsou affirme : « c’est un péché initial. C’est pour ça que je suis sensible au fait qu’il y a des limites symboliques très fortes ».


  • Zinsou le nègre de maison
    il y a 7 mois

    Éminent économiste pour qui ? La France ? Ceux qui lui lèchent les bottes ? Ce monsieur n'a aucune forme de légitimité, l'homme de paris, un domestique tout simplement. Tout ce qu'il signale là c'est de la diversion...

  • Boladji
    il y a 7 mois

    Vous faites un peu fort monsieur, mais c'est ça aussi la démocratie. Bien que je ne sois pas du même bord politique que monsieur zinsou il fait quand même à l'international la fierté de ce petit pays qu'est le Benin