Bénin-Digitalisation des entreprises : HECM répond aux attentes des participants au colloque scientifique

Falilatou Titi
publié le 26 octobre 2019

Le colloque scientifique de la Haute école de commerce et de management (HECM) sur la digitalisation, ouvert jeudi 24 octobre 2019 a pris fin dans l’après-midi du vendredi à Cotonou. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de cet établissement privé d’enseignement supérieur.

 
panel-3-colloque-hecm Panel sur les défis et perspectives de la digitalisation des entreprises en Afrique

Deux jours de partages d’expériences et de réflexions sur la digitalisation. Les rideaux sont tombés sur le colloque scientifique de la Haute école de commerce et de management (HECM). Après les deux communications suivies de panels de la première journée, les participants ont été conviés à la dernière communication. Le rendez-vous a été pris et tous se sont présentés vendredi 25 octobre pour suivre les discussions sur le thème : « Digitalisation des services des entreprises en Afrique : défis et perspectives ».

Présentée par Hervé Hountondji de l’Agence pour le développement du numérique (ADN) et Affiz Bileouma de l’Agence des services et systèmes d’Information (ASSI), cette communication a fait la lumière sur les efforts du gouvernement béninois dans le domaine du numérique et les avancées déjà réalisées dans ce secteur. Selon Hervé Hountondji, près de 100 milliards ont déjà été investis dans le secteur numérique au Bénin. Entre autres réalisations, le communicateur a évoqué la mise en place de bornes wifi gratuites dans 40 communes du pays. « L’environnement numérique béninois rassure les investi », a-t-il félicité. Pour lui, l’importance de la digitalisation n’est plus à démontrer. Dématérialiser les services des entreprises, soutient-t-il, va non seulement être avantageux pour les travailleurs, mais aussi et surtout réduire les tracasseries pour les utilisateurs de ces services.

Le deuxième communicateur quant à lui, a mis l’accent sur le commerce électronique. Selon Affiz Bileouma, avec le e-commerce, les gens ont la possibilité de faire des achets à volonté sans se déplacer. Pour lui, aucun secteur ne peut se passer du numérique s’il veut durer dans le temps. Plusieurs entreprises, fait-il savoir, l’ont compris et ont mis en place des plateformes de vente en ligne. Tout comme le e-commerce, évoque le communicateur, il y a également la e-éducation, la e-santé, la e-justice, etc.

La digitalisation, une marche obligatoire

communication-digitalisation-des-entreprisesPendant la communication sur la digitalisation des entreprises

Après la communication, place aux discussions. Le Promoteur de HECM, le député Natondé Aké a modéré les échanges du panel. Des discussions, il ressort que les entreprises africaines ont compris que la digitalisation est incontournable et ont pris la marche. « Les postes africaines se digitalisent. La poste fait du e-commerce », a laissé entendre Salam Sanfo, représentant l’Union postale universelle (UPU), au colloque scientifique. Selon lui, la poste c’est la lettre et étant donné que la lettre a disparu, la poste s’est réinventée pour continuer à exister. Ces propos sont confortés par celui du directeur commercial de La poste du Bénin. « Le numérique et la digitalisation ne vont pas faire disparaître la poste. On propose de nouveaux services, adaptés aux besoins des populations », a renchérit Ismaël Bagna sur l’expérience de la poste du Bénin. Les autres intervenants ont démontré comment des entreprises, qui n’ont pas su se mettre au pas du numérique et de la digitalisation ont dû fermer les portes du jour au lendemain.

Après les différentes interventions, les participants au colloque ont soulevé des inquiétudes par rapport à la perte des emplois avec l’arrivée du numérique et de la digitalisation. Selon eux, la digitalisation notamment va créer plus de chômage qu’il y en a actuellement, dans un pays comme le Bénin. Plus de peur que de mal, leur diront ceux qui font déjà l’expérience dans leurs entreprises. Le numérique, a soutenu le représentant de l’UPU, crée plus d’emplois qu’on ne l’imagine. Le reste, relève les panelistes, c’est de réfléchir à trouver ces nouveaux métiers et s’y investir. Les panelistes estiment qu’il faut plutôt voir en cette révolution technologique, des opportunités et non des difficultés. « Le numérique est une opportunité pour tous les secteurs, pour tout le Bénin, pour tout le monde. Ayons confiance », a-t-il exhorté.

A la fin des discussion, participants, experts et Chefs d’entreprises s’accordent sur les offres de formations. Ils estiment qu’il est nécessaire aujourd’hui de repenser l’enseignement, du primaire jusqu’au supérieur, pour éviter à la jeune génération de tomber dans le piège de l’ignorance vis-à-vis du numérique. Etant donné que les emplois d’aujourd’hui ne seront pas ceux de demain, soulignent-ils, il s’agira de revoir comment axer les formations, l’éducation sur cette révolution technologique afin qu’ils prennent en compte ce nouvel environnement qui s’impose à tous et à tout.

Pour Philippe Da Costa, représentant du consortium sino-français Weidong Cloud Education, partenaire de HECM, aujourd’hui, les débats sur la digitalisation doivent aller au-delà de ce qui est perceptible par tout le monde. Comment faire pour que la digitalisation ne fasse pas disparaître à jamais, les valeurs qui caractérisent la société africaine ?, s’est interrogé le Français. L’expert international estime également que les préoccupations ne doivent pas être dans le sens de la perte de l’emploi, mais sur un autre volet. Car, dit-il, pour lui, il est important que la famille, la société, etc., ne paient pas le prix de cette révolution. « La digitalisation ne doit pas rompre le lien social, la communication », a conseillé Philippe Da Costa.

Les participants satisfaits

vue-participants-colloque-hecmVue des participants

Ceux qui ont pris part à ce colloque scientifique sur la digitalisation ne manquent pas de mots pour dire leur satisfaction, par rapport à leurs attentes de départ. « Nous sommes parfaitement satisfait de ces deux jours de discussions animés par des professionnels de haut niveau qui nous ont montré en tant qu’acteurs des entreprises en Afrique, la nécessité pour nous de nous mettre au pas et de remettre les pendules à l’heure pour que nos entreprises puissent tenir face à la compétition internationale », a laissé entendre Dr Elvis Abou, représentant le ministère béninois des petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi. Selon lui, ce colloque vient à point nommé parce qu’il a permis d’éclairer la lanterne de nombre de personnes sur la question de la digitalisation, notamment dans les entreprises africaines.

« En tant que ministère de l’emploi, nous sommes intéressés par cette thématique parce que la digitalisation impacte au premier plan les entreprises, donc la question de l’emploi. Je peux dire qu’au cours de ces deux jours, nous avons pu suivre des débats passionnants et très riches qui ont fait la lumière sur cette problématique qui intéresse la société dans son ensemble », a poursuivi le cadre du ministère de l’emploi. De tout ce qui a été dit lors des différentes communications et des panels, a retenu Dr Elvis Abou, la digitalisation est comme un train à grande vitesse qui fonce chaque jour. Pour être en sécurité, il faut être à l’intérieur du train. Ça vient soit vous êtes dedans soit vous êtes écrasés. C’est pareil avec la digitalisation parce qu’elle en compte toutes les dimensions de notre monde. Donc autant se mettre dans le rythme et le suivre, pour éviter de disparaître », a-t-il conclu.  

Isnelle Houékponhoundé, du Cabinet Win Africa de ICDL, dit également sortir grandie de ce rendez-vous de donner et de recevoir. « Je suis très contente d’avoir participé à ce colloque scientifique. Au début je ne m’attendais pas à ce que la séance soit si enrichissante. J’ai appris beaucoup de choses que je ne connaissais pas notamment sur la digitalisation, la différence entre la numérisation et la digitalisation », confie la chargée commerciale de Win Africa. Selon elle, aujourd’hui peu de gens savent qu’ils peuvent mener des activités à caractère commercial sur internet. « Les gens sont tout le temps scotcher à leurs smartphones et ne perçoivent pas le bénéfice réel que cela leur apporterait alors qu’avec l’internet on peut gagner beaucoup d’argent. On l’a appris ces deux jours. Je suis très satisfaite », s’est réjouie la participante.  

Pour Mirlain Bossou, CEO de la startup Jinukun Store, ce fut un grand moment de partage d’expériences. Agronome de formation, il dit avoir très tôt compris l’importance du numérique et de la digitalisation. « De ce colloque je retiens beaucoup. Déjà en 2009, j’ai vu le digital venir et je me suis préparé pour y face. (…) Ça été pour moi un partage d’expériences. Nous avons appris. Nous avons aussi donné », fait savoir le promoteur de Jinukun Store, une entreprise en ligne spécialisée dans la distribution des produits agroalimentaires locaux. Pérenniser de tels rendez-vous, reste-t-il persuadé, ne fera qu’accélérer la marche des entreprises vers la digitalisation.

ake-natonde-colloque-hecmLe député Natondé Aké, promoteur de HECM à la clôture du colloque

Le colloque scientifique de la Haute école de commerce et de management (HECM) qui a réuni experts, chefs d’entreprises, employés, étudiants et universitaires à Cotonou les 24 et 25 octobre 2019 a porté sur le thème : « Les entreprises africaines à l’heure de la digitalisation ». L’évènement entre dans le cadre de la célébration des noces de porcelaines de l’établissement béninois privé d’enseignement supérieur. A la fin de la journée, le promoteur de HECM, le parlementaire Natondé Aké, a salué les efforts et la contribution de tous pour la réussite de cette rencontre. « Je vous invite ce samedi 26 octobre à partir de 15 heures à Dream Beach pour la soirée de l’excellence », a convié le promoteur de HECM. Cet évènement est la dernière étape de la célébration des 20 ans d’existence de HECM au Bénin.


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