Monnaie : les arguments de Ouattara pour l’arrimage de l’Eco à l’Euro

Ozias Hounguè
publié le 3 décembre 2019

Le Chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara a affirmé dans l’émission « Le Débat africain » de RFI sa volonté de voir maintenir l’arrimage de la monnaie unique de la CEDEAO à l’Euro.

alassane-ouattara Alassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire

Alassane Ouattara n’est pas pour une réforme du Franc CFA qui mettrait en péril les économies des 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Invité de l’émission ''Le débat africain'' mardi 3 décembre 2019, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara n’a pas tari de mots pour exprimer sa volonté de voir maintenir l’arrimage avec l’euro dans la réforme du franc CFA. « Moi, je suis désolé de le dire, je suis ancien gouverneur de la Banque centrale – peut-être que je ne suis pas objectif – si les pays de l’UEMOA non pas tellement de problèmes de dettes, c’est grâce à cette parité fixe », a-t-il affirmé.

Pour Alassane Ouattara, l’un des avantages du maintien de la parité fixe du Franc CFA à l’Euro dans les Etats africains qui utilisent encore cette monnaie est la facilité de remboursement des dettes avec un taux d’intérêt invariable. « Le fait que nous sommes arrimés à l’Euro, si nous empruntons des Euros le moment de les rembourser dans 5 ou 10 ans, le taux est fixe, mais il n’y a pas de problèmes. Donc c’est le même taux auquel nous remboursons », précise-t-il.

Les craintes de Ouattara portent surtout sur la flexibilité de la monnaie dans la nouvelle réforme proposée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). A l’en croire, l’arrimage du Franc CFA à l’Euro garantit un faible taux d’inflation dans les pays de l’UEMOA. « Mais si nous avions une monnaie flexible, c’est très bien pour certains pays », s’est-il défendu avant d’expliquer que la flexibilité de la nouvelle monnaie n’arrange pas l’économie de tous les pays de la région.

Deux courants sur le Franc CFA au sein de l’UEMOA  

Deux courants se dessinent au sein de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA), le premier courant est incarné par l’Ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de l’Union. Il estime que les succès économiques des pays de la Zone Franc CFA sont liés à la stabilité de la monnaie. Ouattara souhaite juste un changement du nom franc CFA mais pas son fonctionnement.

Le second courant regroupe les présidents qui veulent une rupture unilatérale avec cette monnaie liée à la France. L’un des fers de lance de ce mouvement est le président béninois, Patrice Talon. Dans un entretien exclusif accordé le 07 novembre 2019 à France 24 et RFI, le président béninois a exprimé sa volonté de voir le rapatriement des réserves de change que les pays de la zone déposent sur un compte d’opération à la Banque de France afin de garantir la parité fixe avec l’Euro.

Le projet d’une nouvelle monnaie dans l’espace CEDEAO est entré dans une nouvelle phase depuis fin juin 2019 avec l’adoption du nom « Eco ». Si la nouvelle monnaie devient une réalité en 2020 comme le souhaitent les chefs d’Etats de la CEDEAO, certains pays de la communauté ambitionnent de sortir définitivement du franc CFA, monnaie qu’ils utilisent depuis leur indépendance en 1960. 

 


  • Francky
    il y a 7 jours

    Le Président béninois n'a pas dit dans son interview à RFI, qu'il ne voulait pas d'une parité fixe entre la nouvelle monnaie commune de la CEDEAO et l'Euro !! Il a simplement dit que le compte d'opérations que détient la BCEAO auprès du trésor public français sera fermé et les avoirs en devises rapatriés dans différentes banques centrales que va décider la BCEAO !! Il n'y a donc pas le feu à la maison UEMOA ; le F CFA changera simplement de nom, le compte d'opérations tant décrié sera fermé, et la parité fixe avec l'Euro maintenue après accord avec la BCE !! Nous ne voulons pas lâcher la proie pour l'ombre, en faisant de l'Eco, une monnaie de singe !! Merci.