Franc CFA : Moïse Kérékou relève un problème dans la réforme vers l’Eco

Yao Hervé Kingbêwé
publié le Dec 22, 2019

L’ex-ambassadeur du Bénin en Turquie a salué la réforme du franc CFA mais a relevé un problème dans l’Eco, la nouvelle monnaie créée en remplacement.

 

C’est un fait. Le franc CFA, monnaie utilisée par de nombreux pays africains, a été réformé. Annoncée depuis peu, la réforme de cette monnaie devrait être effective à partir de juillet 2020 avec l’entrée en vigueur de l’Eco, monnaie créée en remplacement.

La réforme, outre le changement de nom, devrait induire le changement du fonctionnement du franc CFA. Elle devrait permettre, entre autres, de mettre fin au dépôt de réserves de changes par les pays utilisateurs du franc CFA en France. Les représentants de la France ne devraient plus siéger dans les instances de direction de la monnaie. Ces changements sont appréciés par de nombreux Africains dont l’économiste béninois Moïse Kérékou. « Nous accueillons favorablement ces trois réformes du Franc CFA », a écrit l’ex-ambassadeur du Bénin en Turquie. « Cette réforme est assurément un grand pas dans un contexte de guerres et de tensions au Sahel qui a vite fait de cristalliser les acteurs et les parties », estime Moïse Kérékou.

Mais les trois changements opérés ne sont pas suffisants selon le fils du feu président Mathieu Kérékou. « Je reste sur ma faim malgré les trois réformes qu’on peut qualifier d’historiques », a fait savoir Moïse Kérékou soulignant qu’un aspect très important n’a pas été pris en compte dans la réforme du franc CFA. Il évoque notamment la convertibilité de la monnaie. « Tant que je ne peux pas changer mon Eco en Livres sterling, en Yuan chinois ou en Dinar koweïtien, et que je dois toujours transiter ou faire escale en Euro, le problème persiste », pense Moïse Kérékou pour qui, « il ne faut pas donner le mouton et garder en même temps la corde ». 

« Car quelqu’un ou un groupe à travers sa monnaie contrôle toujours et à un œil sur mes opérations et peut décider du jour au lendemain de me priver de sa plateforme de transit », justifie-t-i avant de questionner : « Dans ce cas, comment je me rends ou j’opère avec le reste du monde ? ».

Dans sa réaction, Moïse Kérékou s’est également intéressé à la situation des autres pays utilisateurs du franc CFA, notamment en Afrique centrale et s’est demandé si cette partie de l’Afrique n’est pas concernée par la réforme du franc CFA.  Il pense que la réforme doit être élargie aux pays utilisant le CFA en Afrique Centrale et les encourager à adopter l’ECO comme monnaie unique des deux zones.

 


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