Réforme du Franc CFA: les réserves de l’économiste sénégalais Felwine Sarr

Ozias Hounguè
publié le Dec 23, 2019

Au micro de RFI, l’économiste sénégalais, Felwine Sarr a réagi lundi 23 décembre 2019 sur la réforme du Franc CFA qui change de dénomination pour devenir Eco.

felwine sarr fcfa L'économiste sénégalais parle de la réforme du CFA

 

Felwine Sarr reste sur sa faim à l’annonce de la nouvelle réforme du Franc CFA. Au lendemain de la réforme du Franc CFA, l’économiste sénégalais a affirmé dans une interview accordée à RFI que ce sont « les aspects les plus symboliques et les plus controversés » de la question qui ont été touchés. « La variable qui nous intéresse n’a pas changé. Là où on voulait qu’il y ait une vraie évolution pour que la politique monétaire soit plus souple et flexible, qu’on puisse avoir l’instrument du taux de change pour ajuster nos chocs, nos balances commerciales sont déficitaires. Rien ne change de ce point de vue-là », a déploré Felwine Sarr.

Le nouvel accord monétaire signé samedi 21 décembre 2019 par le Béninois Romuald Wadagni, président du conseil des ministre de l’UEMOA et le ministre français de l’économie Bruno Lemaire devrait apporter 03 changement à la gouvernance monétaire de la zone. D’abord, le Franc CFA change de nom pour devenir Eco. Il y a ensuite la fin de la centralisation d’une partie des réserves de change de la BECAO auprès du trésor français et le retrait des Français présents dans les instances de gouvernance du Fcfa.  

Ni rupture, ni révolution

Pour l’économiste sénégalais, cette réforme du Franc CFA reste une étape dans l’indépendance des pays de la zone Franc. « Ça veut bien dire que les arguments du statu quo qui était de dire que la monnaie est stable, elle est garantie d’un point de vue internationale et ces éléments-là, ils ont voulu les préserver en attendant les prochaines évolutions », a-t-il commenté.

La réforme du Franc CFA telle qu’annoncée par Macron et Ouattara, explique Felwine Sarr, n’est ni « une rupture », ni « une révolution ». « Il faut que les gens continuent à travailler pour avoir une autonomie monétaire absolue, fondamentale et surtout sur des questions qui sont stratégiques d’un point de vue économique : quel régime de change, quel type de parité, sur quel type de devise on le fixe, que l’on puisse aller dans le sens de ce que nous estimons mieux pour les économies de la zone », a-t-il ajouté.


  • Thomas
    il y a 3 mois

    Je remercie L'Éternel de nous donner un éclairé et plus engagé comme Felwine sur cette question de souveraineté.