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Bénin: le projet Sewoh pour renforcer la souveraineté semencière des communautés

Yao Hervé Kingbêwé
publié le Dec 31, 2019

Le Cevaste a servi vendredi 27 décembre 2019 de cadre pour la présentation du projet Sewoh, une initiative du Réseau africain pour la biodiversité (ABN), afin de renforcer les capacités des communautés pour la souveraineté semencière et alimentaire.

Photo de famille des conférenciers

Bâtir une Afrique nouvelle, à travers sa culture, sa biodiversité et la nature. C’est le leitmotiv du Réseau africain pour la biodiversité (ABN). Dans la perspective d’œuvrer pour l’indépendance du continent berceau de l’humanité, le Réseau a initié le projet Sewoh. Cela, afin de garantir la souveraineté semencière et la souveraineté alimentaire des communautés africaines. « Celui qui a votre ventre va vous manipuler », a indiqué Appolinaire Houssou-Lio, vice-président du Réseau lors d’une conférence de presse vendredi 27 décembre 2019 à Ahozon, localité non loin de Cotonou, la capitale économique du Bénin. « L’Afrique n’a pas un problème de sécurité alimentaire mais un problème de souveraineté », a assuré le Père Jah.

Le projet Sewoh est mis en œuvre dans quatre pays à savoir : l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Ghana et le Bénin. Il vise à régler la question du péril semencier. Selon Oluwafèmi Kochoni, chef du projet, de nombreuses semences ont disparu ou sont en voie de disparition.

Déjà des fruits

Trois objectifs principaux sont visés par le projet selon Oluwafèmi Kochoni. « Le premier objectif, c’est améliorer les variétés semencières à travers la conservation des semences en voie de disparition et la restitution des semences disparues. Le deuxième objectif, c’est la documentation systématique des savoirs endogènes et le troisième objectif, c’est le renforcement des plaidoyers communautaires pour la sensibilisation à la biodiversité », a indiqué le chef projet.

Au Bénin, le projet est mis en œuvre par le Cevaste dirigé par la Mère Jah. Il prend en compte trois communautés. Après quelques mois de mise en œuvre, le projet Sewoh porte déjà des fruits à en croire Oluwafèmi Kochoni. Le projet, informe-t-il, a permis aujourd’hui de répertorier 47 semences en voie de disparition dont 35 ont été réintroduites. « Le projet a permis de renforcer les liens entre les communautés (bénéficiaires du projet Ndlr) », apprend Oluwafèmi Kochoni qui fait savoir que « l’année 2020 sera consacrée à la construction de banques de semences ».

L’initiative est saluée par les communautés.  « Aujourd’hui, nous retrouvons des variétés que nos aïeux et ancêtres cultivaient », s’est réjoui Dorothée Agassounon, producteur béninois qui apprend que les enseignements reçus jusque-là leur ont permis de produire sain, sans pesticides ni engrais chimiques. L’agriculteur invite l’Etat à accompagner le projet Sewoh qui vient à terme en juin 2021.

 


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