INTERVIEWS 0 Commentaire

Bénin/Rentrée scolaire : conseils aux parents et enseignants pour maintenir les enfants en bonne santé

Banouto
publié le 17 septembre 2019

L’année scolaire 2019-2020 a débuté ce lundi 16 septembre 2019 au Bénin. A l’orée de cette reprise des classes, les parents se demandent comment se prendre pour que leurs enfants soient en bonne santé jusqu’à la fin de l’année. Benoît Agossoukpè, médecin en spécialité de santé publique, parle des dispositions sanitaires que doivent prendre parents et enseignants pour une rentrée scolaire apaisée aux enfants.

benoit-agassoukpe-medecin-en-specialite-de-sante-publique Benoît Agassoukpè, Médecin en spécialité de santé publique

Banouto: Pour cette nouvelle année scolaire qui commence, quelles sont les dispositions que doivent prendre les parents sur le plan sanitaire ?

Benoît Agossoukpè: Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes après de longues vacances, je crois que les enfants vont reprendre le chemin de l’école. Je souhaite d’abord bonne rentrée scolaire à tous les enfants, à tous les élèves, écoliers. Je souhaite aussi bonne rentrée scolaire à tous les enseignants. Oui, c’est très important que les parents puissent prendre les dispositions pour que l’année se passe bien parce que la santé est un état complet de bien-être physique et mental, et qui n’est pas seulement une absence de maladie ou d’infirmité. Donc c’est important, telle on va prendre des dispositions pour payer des contributions, pour acheter des fournitures, il faudrait aussi que les parents prennent des dispositions en début de l’année pour que les enfants gardent une bonne santé. Parce que sans la santé, ça sera difficile d’assimiler les cours, d’aller à l’école. Ça c’est très important. En matière de dispositions à prendre par les parents, je crois que c’est à la fois les parents et les enseignants ou bien le système de l’école.

Par rapport aux parents d’abord, il faudrait veiller à ce que les enfants aient normalement un bilan préscolaire avant que la rentrée ne commence. Il faudrait déjà que les enfants puissent passer voir un agent de santé, un médecin, un infirmier ou une infirmière pour un examen de base, une consultation de routine pour voir comment vont les enfants. Faire quelques petits bilans de santé, faire un check up de leur système de santé pour voir comment ils se portent. Voir si l’enfant n’est pas en train de faire un paludisme, profiter pour voir le groupage de l’enfant, l’électrophorèse de l’enfant surtout les nouveaux écoliers, les nouveaux élèves. Voir si la vaccination est à jour ou le carnet vaccinal de l’enfant est à jour.

Il faudrait voir aussi si l’enfant a reçu régulièrement ces doses de déparasitages parce que chaque trois mois, on doit déparasiter les enfants. Donc il faudrait déjà que les parents veillent à ce qu’un bilan préscolaire, pré-rentrée sanitaire soit fait par un personnel de santé qualifié pour déjà nous assurer que le début se passe bien que les enfants aillent ou commence l’école avec une parfaite santé. Il faudrait que les parents enseignent aux enfants les bonnes règles d’hygiènes, le lavage des mains à l’eau et au savon avant le repas et après les selles. Eviter de manger les aliments des autres camarades qui sont souillés. Il faudrait insister sur l’hygiène vestimentaire, corporelle, alimentaire de ces enfants.

En matière de bilan de santé, comment les parents pauvres qui n’ont pas les moyens pour se payer les soins peuvent-ils faire pour leurs progénitures ?

Les parents pauvres qui n’ont pas les moyens pour se faire un bilan. Les bilans ne sont pas obligatoires, mais le bilan c’est l’idéal. Les bilans viennent compléter l’examen physique. Le bon réflexe à avoir, c’est déjà de faire voir ou de faire consulter ces enfants par un agent de santé qualifié. A l’examen physique s’il n’y a pas de particularités, c’est bon. Il y a des bilans qu’il faut faire pour toute la vie, le groupage, l’électrophorèse. C’est pour la vie, ce n’est pas une urgence.

C’est à l’examen physique par le personnel de santé qualifié qu’il faudrait voir si l’examen clinique, c’est-à-dire l’examen physique en regardant par exemple dans la bouche de l’enfant, dans ses oreilles, dans ses narines en prenant sa température, en palpant son abdomen si on se rend compte qu’il n’y a rien de particulier, on n’a pas besoin de bilan à faire. Mais si nous avons déjà un enfant fébrile qui a une fièvre de 38, 39 degrés là déjà dans les formations sanitaires, il y a déjà ce qu’on appelle les tests de diagnostics rapides (TDR) de paludisme qui sont gratuits.

Déjà avec ce test, on peut confirmer s’il s’agit d’un paludisme et voir le traitement adéquat. Mais le plus important n’est pas l’examen biologique, c’est l’examen physique. L’essentiel, c’est qu’un personnel de santé puisse examiner ces enfants pour voir si tout va bien, si c’est un enfant sain. En cas de pathologie déjà le dépistage précoce permettra de faire le traitement adéquat pour que la maladie n’évolue et ne s’aggrave en début d’année et qu’on est des cas d’abandon.

Vous avez parlé d’hygiènes alimentaire et corporelle des enfants, quelles dispositions doivent prendre les parents ?

En matière d’hygiène alimentaire, il est important déjà que les parents aient un regard sur ce que mangent leurs enfants. Si c’est possible, il faudrait que les enfants aillent à l’école avec leur repas dans un récipient bien propre et gardé au chaud autant que possible ou à défaut la cantine où bien là où les bonnes dames vendent à manger dans l’école que ces dames aient aussi un bon état de santé. Parce qu’avant de vendre dans une école, il faudrait faire un bilan de santé.

Agents de santé, nous leur donnons une carte qui atteste que biologiquement, cliniquement que ces bonnes dames vont aussi très. Parce qu’une dame qui fait la fièvre typhoïde par exemple, qui n’a pas totalement une hygiène des mains est en mesure de contaminer facilement ces aliments qu’elle prépare. Et donc va contaminer les enfants qui consommeront ces aliments. Autant que possible, il faut encourager les enfants à manger les aliments chauds.

J’avais dit plus haut qu’il faudrait enseigner et insister sur l’hygiène des mains à l'eau et au savon. Cela, c’est le devoir des enseignants et des parents, des bonnes dames qui sont à l’école, des surveillants qui doivent avoir des regards sur ces enfants pendant la récréation pour que les mains soient lavées avant de manger, après les selles. Au niveau de l’hygiène corporelle, il faudrait que les parents puissent au moins donner une bonne douche aux enfants le matin et le soir si possible pour ceux qui rentrent.

Aussi, faudrait-il que les enfants ne portent pas les mêmes habits pendant plusieurs jours sans être lavés. Parce que les enfants déjà à l’école, ils aiment s’amuser, les habits sont sales, les mains sont sales, bonjour rapidement les petites parasitoses parce qu’ils se mettent rapidement les mains dans la bouche et là bonjour les infections digestives. C’est à la fois le rôle des parents, des enseignants, de l’école, des bonnes dames qui vendent la nourriture à l’école. C’est le rôle de tout un chacun de nous.

En matière de dispositions sanitaires que doivent éviter les parents ?

En matière de dispositions sanitaires, le rôle des parents, c’est de veiller au déparasitage régulier et correcte des enfants. Veiller à ce que le carnet vaccinal des enfants soit à jour. Veiller à la qualité des aliments que consomment les enfants. Veiller à ce que les enfants puissent arriver à la maison, puissent dormir sous moustiquaire imprégnée et à longue durée d’action.

Veiller à ce que ces enfants dès qu’ils présentent des symptômes de maladies, il faut rapidement les amener à l’hôpital, une fièvre, un vomissement, ne pas faire de l’automédication à la maison. Parce que les enfants sont des êtres très fragiles, il faudrait les confier à un agent de santé qualifié pour un bon suivi.

Quelles sont les dispositions que les enseignants doivent prendre de leurs côtés pour éviter les maladies aux enfants ?

Le rôle des enseignants est capital et double. Ils ont d’abord la casquette de parents. Les enfants qu’ils ont dans leurs classes sont comme les leurs. Ils ont le rôle d’éducateur donc les enseignants doivent surveiller ces enfants, observer leurs comportements. Lorsqu’il y a des changements de comportements, il faut alerter et voir ce qui se passe.

L’enfant qui était tout le temps bavard souriant qui devient subitement grognon, qui ne parle pas, qui est devenu un peu réservé dans son coin qui même à la récréation ne sort pas pour manger, il y a un problème. Il faudrait que l’enseignant puisse surveiller tous ces enfants, connaitre leurs comportements et pouvoir déterminer très tôt les changements de comportements. Il existe aussi des maladies qui sont contagieuses et lorsqu’un enfant fait ces maladies, il y a une éviction scolaire qui est instaurée. C’est-à-dire ces enfants ne doivent plus venir à l’école jusqu’à ce qu’ils soient guéris.

Quand je prends un enfant qui a des poux, ce n’est pas normal qu’ils viennent à l’école parce que le risque de contagion de ces camarades est possible. Lorsqu’on prend par exemple un enfant qui fait la varicelle, le risque de contagion de ces autres camarades de classe est important. Lorsqu’un enfant fait par exemple la rougeole, l’oreillon, ce sont des maladies à déclaration obligatoire. Le risque de contagion est élevé. Seul l’enseignant qui a la responsabilité de cette classe peut rapidement détecter ces cas et vite les extraire du lot et d’informer les parents ou l’administration pour une meilleure prise en charge.

Les enseignants ne sont-ils pas concernés par les dispositions sanitaires ?

Les enseignants ont également l’obligation de faire un bilan de santé en début d’année et au cours de l’année afin de connaitre leur statut, de connaitre leur état de santé. Les mêmes règles d’hygiène s’appliquent à eux.

Quels sont vos derniers conseils aussi bien au parents qu’aux enseignants ?

En conclusion, je dirai bonne année académique à tout le système éducatif, à tous les acteurs. Aux parents, je rappellerai les règles vis-à-vis de leurs enfants, l’hygiène, la vaccination, le suivi sanitaire et éviter surtout l’automédication et les rappeler surtout cette règle capitale de l’hygiène des mains avant le repas et après les selles.

Aux enseignants, je leur rappellerai qu’ils ont un double rôle, ils sont à la fois parents et éducateurs. Qu’ils aient un regard sur chaque enfant et d’essayer d’aider les parents à détecter les cas de maladie pour leur permettre une prise en charge adéquate. A eux-mêmes, il faudrait faire le bilan de santé, de prendre aussi des dispositions pour ne pas tomber malades.

Aux responsables des établissements, nous insisterons qu’ils aient un regard sur les bonnes dames qui vendent des repas aux enfants et aux enseignants afin que tout le monde jouisse d’une bonne santé. Bonne rentrée à tous.

 

Réalisation : Ozias Hounguè


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci