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Patrick Hinnou: « Les modèles voyageurs de politiques publiques ne feront pas le développement de nos États »

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Un colloque international sur les politiques publiques en Afrique de l’ouest francophone a été organisé mi-janvier 2021 par le Département de Sociologie-Anthropologie de l’Université d’Abomey-Calavi. Dans une interview accordée à Banouto, Patrick Hinnou, sociologue-politiste, enseignant-chercheur à l´UAC et Rapporteur général dudit colloque international, est revenu sur les travaux.

patrick hinnou

Vous avez organisé du 13 au 15 janvier 2021 un colloque international sur le thème : « Politiques publiques et construction de l’État national en Afrique de l’Ouest francophone ». Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?

Il faut dire qu’il y a eu plusieurs colloques sur les politiques publiques en général, mais nous avons choisi ce thème pour faire le lien entre les politiques publiques et la construction de l’État national. Comment les politiques publiques peuvent-elles participer à la construction de l’État national dans les pays de l’Afrique de l’ouest francophone? Autrement dit, quel est le rôle joué par les politiques publiques dans le processus de construction de l’État national dans les pays de l’Afrique de l’ouest francophone?

Nous avons choisi l’Afrique de l’ouest francophone parce que ces pays ont en commun un héritage et un certain rapport avec le colonisateur, notamment du point de vue de la transmission du savoir et des réalités démocratiques en général. Ces pays, même s’ils ne sont pas identiques, ont presque les mêmes partenaires et se retrouvent souvent dans les mêmes instances régionales ou sous-régionales de prise de décision.

Vu la similitude entre les différentes préoccupations de ces pays africain de l´espace considéré, nous avons estimé qu’il serait important que nous nous retrouvions autour d´un thème d´intérêt scientifique afin de créer l´interaction nécessaire susceptible de favoriser le partage d´expériences. C’est justement pour cette raison que nous avons organisé ce colloque : c´est la première raison.

La deuxième raison est que nous voulons croiser l'expérience des chercheurs provenant de ces différents pays. Croiser les niveaux atteints par la recherche dans ces différents pays notamment en ce qui concerne les politiques publiques. Troisièmement, nous voulons par le biais de la recherche contribuer à changer la donne au niveau des pouvoirs politiques pour qu´ils puissent vraiment s'inscrire dans la dynamique de recherche de solutions aux problèmes de leurs populations. Ces gouvernants auront tout à gagner en prenant en compte les différentes contributions que nous avons faites dans le cadre de l'organisation de ce colloque.

Ce colloque international a réuni des chercheurs en provenance de différents pays, d'abord de l'Europe. Ainsi, vous avez des chercheurs qui nous sont venus de l'Allemagne, de la France, de la Belgique et puis de l'Afrique de l'ouest. Vous avez des contributions qui ont été présentées sous forme de communication par des enseignants-chercheurs ou chercheurs burkinabé, ivoiriens, nigériens, togolais, sénégalais et béninois. Ce sont des contributions qui participent de l'enrichissement des débats autour des questions de politique publique couplées avec celles de la construction de l'État national dans l'espace francophone en Afrique.

Quels sont les thèmes abordés lors de ce colloque international ?

Il est besoin d´évoquer les moments forts qui constituent les grandes articulations de ce colloque. La fin de la cérémonie officielle d'ouverture a été marquée par la conférence inaugurale. Elle a été donnée par un chercheur confirmé pétri d´expérience, Jean-Pierre Olivier de Sardan, qui est un anthropologue de renom et directeur émérite de recherche à l´École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS) en France. C'est un Français qui a beaucoup travaillé au Niger. Il fait partie des pionniers du LASDEL, un laboratoire partenaire de ce colloque. Cette conférence inaugurale a eu pour thème : « Politiques publiques et modèles voyageurs à l'épreuve des contextes en Afrique ».

Le conférencier principal, qui a eu à son actif, un certain nombre d'ouvrages publiés notamment en Europe et en Afrique, ce directeur de recherche émérite, nous a montré comment les pays en voie de développement sont confrontés à des modèles passe-partout conçus à l'extérieur par les bailleurs et autres institutions internationales. Ces modèles de politiques publiques, pour lesquels il existe des financements à l´international, sont finalement appropriés par les États africains en voie de développement dont les moyens financiers sont souvent limités.

Seulement, il apparait que les politiques publiques importées ne sont pas forcément en adéquation avec les besoins réels des pays bénéficiaires. C'est un peu comme s'il y a des modèles de politiques publiques qu'on vient leur offrir et par rapport auxquels ils n'ont pas de choix parce qu´étant pris dans l'engrenage de la politique de l'aide au développement. Ils trouvent dans ces politiques publiques importées l'exutoire pouvant leur permettre de souffler un peu et d´apporter quelques solutions aux problèmes de leurs citoyens. Et c'est justement ces modèles voyageurs qui se multiplient dans les pays en voie de développement.

La plupart du temps, ces modèles ne sont pas co-construits. Ce sont des modèles proposés et imposés aux pays en voie de développement. Cet état de choses a une influence négative à laquelle on ne pense pas généralement. En effet, l'administration des pays concernés court le risque d´être inhibée sclérosée parce qu´elle est quasiment contrainte de mettre en œuvre les modèles provenant des autres, ce qui génère un  manque d'initiative. Prise dans ce piège, elle a des difficultés à créer la synergie nécessaire entre ces modèles voyageurs et les besoins réels des pays bénéficiaires. Ce défaut de synergie constitue un manque à gagner pour la plupart des pays en voie de développement.

Parlant toujours des pièges qui guettent ces pays, peut retenir que les modèles voyageurs sont des modèles construits ailleurs, c´est-à-dire en Occident, qui peuvent voyager et qu'on peut proposer aux pays africains sans forcément tenir compte de leur contexte et de leurs besoins réels. Ces modèles voyageurs qui sont entérinés par les pays en voie de développement créent un second problème que le directeur de recherche Jean-Pierre Olivier de Sardan a notifié à l'assistance.

Quel est ce second problème créé par ces modèles voyageurs ?

Ce problème-là, c´est la fuite des cerveaux. La fuite des cerveaux non pas en direction forcément de l'étranger mais la fuite des cerveaux de certains agents de l'administration nationale (des pays africains) qui préfèrent aller travailler dans les organismes internationaux qui opèrent sur leur territoire. C'est un peu comme s'il y a une désorientation des cadres qui optent pour le travail au sein des organismes internationaux qui officient sur le territoire national plutôt que de chercher à travailler dans l'administration publique qui, dans ces conditions d´émergence des modèles voyageurs de politiques publiques, se révèle lourde, peu compétente, manquant d´initiatives et de pro-activité pour être une administration de développement. Voilà ce qu’on peut retenir de cette conférence inaugurale du professeur Jean-Pierre Olivier de Sardan.

En définitive, ce ne serait pas exagéré de dire que les modèles voyageurs de politiques publiques ne feront pas le développement de nos Etats africains en construction. 

Les questions de politiques publiques de sécurité ont-elles également abordées lors de ce colloque international ?

Les questions de sécurité constituent la serve nourricière de tout Etat. Un Etat ne peut exister de façon pérenne s’il passe au second rang la question de sécurité. La sécurité est nationale et étatique, mais elle est aussi une sécurité à assurer aux citoyens. La première Table ronde de ce colloque a permis de passer au peigne fin le processus d’élaboration des politiques publiques consacrées à la sécurité. Une politique publique de sécurité doit tenir compte d’un certain nombre de réalités et d´exigences.

Une politique publique de sécurité doit rechercher les moyens. Elle ne doit pas non seulement se préoccuper de la sécurité des gouvernants, mais doit être orientée vers la sécurité des populations. Si les citoyens à la base ne sont pas sécurisés, ils ne peuvent pas vaquer à leurs activités quotidiennes, faire du bénéfice, payer l´impôt et participer efficacement au développement de leur pays. Il n’y a pas ce domaine d’activité qui peut participer de la tenue d’un Etat en ignorant les questions de sécurité.

Je voudrais souligner que pour contribuer à animer cette Table ronde, nous avons eu  une intervention du professeur Mahamane Tidjani-Alou, politiste et professeur titulaire des Universités du CAMES. Il a fait d’énormes recherches sur les questions de sécurité et nous a entretenus sur ce qu’il conçoit comme politique publique de sécurité.

Dites-nous de ce qu’il en est des politiques publiques de développement 

La deuxième Table ronde de ce colloque international a été consacrée aux politiques publiques de développement. Nous avons fait appel à des experts du PNUD, du ministère chargé du plan et à d’autres chercheurs. Ils ont pris part à cette table ronde pour faire le lien entre les politiques publiques et le développement. Comment peut-on concevoir des politiques publiques et espérer aller au développement ?

On s’est rendu compte que toute politique publique de développement devrait être financée par les pays d’Afrique francophone eux-mêmes. Sinon le risque est grand qu’ils n’iront pas au développement, le  risque est grand qu’ils seront systématiquement extravertis.

Nous avons cherché, au niveau de cette Table ronde, à voir l’adéquation nécessaire qu’il convient de faire entre les politiques publiques et le développement notamment la recherche de financement. La production des politiques publiques de développement devrait tenir compte de la recherche de financement afin de soutenir cette politique publique. L’accent a été également mis sur tous les acteurs susceptibles d’accompagner le processus de mise en œuvre de ces politiques publiques de développement.

 Quels sont les grands axes de ce colloque ?

Nous avons retenu trois (03) axes au total et autour de chacun d´eux a été organisé un atelier. Le premier axe est dénommé « Elections, projets de société et politiques publiques ». A ce niveau, nous avons cherché à comprendre comment, dans les pays ouest-africains, les candidats arrivent-ils à passer de l´articulation de leurs projets de société à des stratégies électorales compétitives qui donnent la légitimité aux dirigeants sortis de leur rang pour mettre en œuvre les politiques publiques au cours de leur mandat.

Autrement dit, il s´est agi de voir, au plus près, dans quelle mesure les projets de société sont transformés, après élection, en politiques publiques et comment l´élaboration de celles-ci obéit à l´approche participative.  Cet axe analyse les mécanismes de mise en place des politiques publiques à partir des projets de société mis en concurrence pendant les élections.

« Action publique, biens publics et services publics », c´est le deuxième axe. Ici, l´action publique découlant de la mise en œuvre des politiques publiques, peut être analysée comme la matrice favorisant la lisibilité de la délivrance des biens et services publics aux communautés composant l´État.

A travers cet axe, nous avons remis au goût du jour, évidemment à travers l´action publique, les liens théoriques et empiriques entre les biens publics (assimilables au « bien-être public ») et les services publics. En termes clairs, nous avons questionné les mécanismes par lesquels les gouvernants  élus s´approprient-ils ces liens dans le quotidien de leur gestion des affaires publiques au profit de leurs concitoyens gouvernés.

L´idée, c´est de faire en sorte que l´énonciation de l´action publique dont sont porteurs les élus favorise l´émergence d´un arrimage entre l´utilisation des deniers publics et la prise en compte de la demande sociale et économique en rapport avec les caractéristiques sociologiques des communautés dont ils disent être des représentants légitimes.

Le troisième axe de ce colloque est « Immigration, brassage intercommunautaire et politiques publiques ». Qu´en dites-vous ?

Il nous a été nécessaire de créer une relation entre l’immigration, le brassage intercommunautaire et les politiques publiques. Pourquoi ? Parce que dans le processus de construction d’un Etat, il peut arriver que cet Etat-là reçoive des immigrés pour une raison ou une autre, soit du fait de la guerre, soit du fait d’une situation un peu particulière, en tout cas une situation qui pourrait amener des citoyens à se déplacer. Le déplacement peut même intervenir à l’intérieur, d’un Etat, d’un pays comme il peut être question d’un déplacement qui amène des populations d’un Etat à aller vers un autre Etat.

Dans tous les cas de figure, le pays qui reçoit des populations déplacées doit tenir compte désormais de l’existence de ces populations déplacées pour l’élaboration de ses politiques publiques. Cela veut dire que les politiques publiques, dans un Etat, peuvent être confrontées à cette réalité de déplacement de population.

Qui parle de déplacement de population, parle également de brassage intercommunautaire parce que s’il y a des populations qui quittent un Etat x pour un Etat  y, il va de soi que l’Etat y, dans l’élaboration de ses politiques publiques, doit également tenir compte de ce brassage, un brassage-inter communautaire car les populations qui sont venues, sont venues avec des réalités culturelles, un savoir-faire, une certaine exigence qui peuvent être convertis finalement en besoins, lesquels besoins méritent d’être pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques. C’est ce qui justifie le fait que cet axe fasse le lien entre l’immigration, le brassage intercommunautaire et les politiques publiques.

Quid des communications et des contributions ?

Je voudrais ajouter qu’au niveau de chaque atelier, il y a eu des échanges intenses parce que chacun des communicants a présenté une communication sur un sujet qui entre en ligne de compte pour l’axe considéré, plus précisément pour le thème de l’axe considéré.

Et ceux qui se retrouvent dans chacun des  ateliers ont eu donc à se prononcer sur les communications qui entrent en ligne de compte pour cet atelier-là. C’est comme si il y a eu une évaluation par les pairs. Après chaque communication, les participants interviennent pour faire des commentaires ou pour critiquer parce qu’à terme, nous visons l’affinement des connaissances qui passent par l’interaction entre les participants.

Donc, on confronte les résultats de recherche  à la critique des pairs. Et c’est ce que nous avons fait. Il y a eu des observations sur le titre proposé par le communicant, les observations sur la présentation, sur l’intérêt de sa communication, le contenu de sa communication, la méthodologie qu’il a utilisée. Ce dernier aspect constitue un point très sensible. 

Nous avons également enregistré des contributions sur les résultats auxquels chacun des contributeurs est parvenu. Vous voyez très bien que ce cadre que nous nous sommes donné a permis de confronter les connaissances, d’interagir  et de permettre finalement à la pluridisciplinarité de s’émerger  parce que à cette rencontre internationale, nous avons eu des sociologues, des anthropologues, des spécialistes de sciences politiques, des historiens, etc.

Et comme vous le voyez, nous avons créé un cadre de mutualisation des connaissances autour des politiques publiques et de la construction de l’Etat national en Afrique de l’Ouest Francophone, et pour que la connaissance s’affine davantage afin de permettre aux décideurs de faire le lien entre les connaissances théoriques et les connaissances pratiques.  Cette rencontre, en dehors des théoriciens, a aussi connu la participation des praticiens, ceux-là qui sont habitués aux recherches-actions. 

Nous avons croisé tout ça dans le cadre des ateliers pour faire émerger la discipline et cela constitue également une mine d´informations pour les gouvernants s’ils veulent bien tenir compte des résultats de nos recherches pour poser des actes bénéfiques pour l´amélioration du vivre-ensemble, en partant bien évidemment de l´élaboration des politiques publiques jusqu’à leur mise en œuvre.

En tout cas, nous avons offert aux gouvernants et aux chercheurs de l’espace francophone de l’Afrique, des outils nécessaires susceptibles de booster le développement parce que qui parle de politiques publiques, parle de la nécessité de construire l’Etat national dans l’espace francophone en Afrique tout comme il parle du développement parce que la construction de l’Etat passe par ces éléments que je viens d´évoquer.

 Peut-on dire qu’en en Afrique francophone que l’Etat existe vraiment et qu’il est une continuité ?

L’Etat n’est pas une donnée définitive, encore moins linéaire. L’Etat est surtout une donnée dynamique. Et c’est justement pour cette raison que nous avons parlé de la construction de l’Etat. Nous sommes des Etats en construction, nous ne sommes pas encore des Etats totalement construits parce que justement l’Etat doit évoluer avec les contextes dans lesquels il se trouve. L’Etat doit évoluer avec les besoins de la société dans la mesure où ce sont les besoins de la société qui gouvernent l’action de l’Etat, qui gouvernent l’action publique. Par conséquent, il peut y arriver que ces besoins ne soient pas des besoins figés.

Je donne un exemple. Nous traversons une période de crise sanitaire, donc il faut des politiques  publiques de santé. On a parlé des politiques publiques de sécurité, de développement mais en réalité dans chacun des Etats concernés, il y a toujours eu des politiques publiques bien élaborées, moins élaborées, approximatives, mais il y en a toujours eu puisque l’Etat agit toujours dans chacun des secteurs. Ainsi, on peut avoir des politiques publiques de l’environnement, les politiques publiques de santé, de l’éducation, etc.

Vous voyez qu’il n’y a pas un seul domaine de la vie sociale où on ne note pas la nécessité d’avoir une politique publique. Comme vous le voyez, les politiques publiques évoluent avec le changement social, avec les mutations sociales, avec les transformations sociales et c’est en cela que l’Etat lui-même est en construction.

L’Etat lui-même est  en construction. Nous savons que nous avons hérité des frontières en Afrique, pour parler plus précisément de l’Afrique de l’Ouest francophone ; nous avons hérité des frontières qui ne sont pas normalement nos frontières et qui viennent éclater les nations. Les frontières qui nous sont finalement imposées ont désorganisé  les nations et il s’est fait que des Nations qui partagent la même culture se retrouvent de part et d’autre des frontières de deux Etats, parfois même de trois Etats.

Vous voyez que cela constitue un manque à gagner. C´est bien cela qui justifierait même le processus de construction de l’Etat national étant donné qu´il faut nécessairement construire sans relâche le  vivre-ensemble.

Il faut tenir compte des besoins, des réalités socio-culturelles, il faut faire en sorte que des populations qui se réclament de cultures diverses puissent vivre ensemble pendant longtemps, ce qui n’est pas facile.

Deuxièmement, du point de vue du processus de développement, la construction d’un Etat reste également une donnée dynamique parce que les problèmes qui font appel à des actions de la part des Etats sont des problèmes aussi dynamiques, des problèmes qui évoluent dans le temps, qui connaissent des variantes multiples et dont les gouvernants ont l’obligation de tenir compte pour construire l’Etat et pour garantir le bien-être aux citoyens.

Et comme je l’ai dit au départ, l’intérêt supérieur de la Nation, l’intérêt général, pour parler comme Jean Jacques Rousseau, incarne le vivre-ensemble, doit être au cœur de l’action publique parce qu’à terme, c’est surtout le bien-être des citoyens qui est visé.

 Quelles sont les conclusions au terme des trois jours de réflexion ?

Le lien à faire entre les politiques publiques et la construction de l’Etat national dans l’espace que nous avons retenu reste une question à renouveler, une question dynamique et c’est justement pour cette raison qu’il  faudra poursuivre les recherches, offrir plus d’outils aux gouvernants, pour qu’ils se préoccupent de la nécessité d’avoir des politiques publiques efficaces, pertinentes pour le bien et le développement de nos Etats.

Sur le plan de la recherche, il y a eu une avancée notable parce que des chercheurs qui ne se retrouvent pas pour confronter leurs connaissances avec celles d’autres sont voués à l’échec, au piétinement. Et c’est pour ne pas en arriver là que nous avons pris cette initiative. Ce colloque constitue un bon début ; il y en aura d’autres rencontres internationales aux fins de l’affinement de la recherche. La recherche doit être dynamique, elle ne doit pas être statique, en tout cas si on veut qu´elle soit au service du développement.

Ce colloque va déblayer le terrain, nous avons promis de nous retrouver souvent avec ceux-là qui travaillent sur la thématique des politiques publiques, parce que nos États en ont besoin, toujours pour faire avancer la recherche, pour orienter aussi les gouvernants dans la prise en compte des politiques publiques dans l'élaboration des politiques publiques car du point de vue de la discipline, il y a des exigences. Il y a la nécessité pour les chercheurs qui participent à l'affinement des connaissances dans ce domaine de se retrouver. Donc ce colloque reste un premier colloque et il donnera lieu à d'autres.

De plus, cela constitue un cadre important pour nous parce qu'à l'issue de ce colloque, nous allons publier un ouvrage qui servira aux chercheurs. Un ouvrage collectif sera publié, si tout va bien aux Éditions « L'Harmattan » et va être le ramassis de toutes les contributions,  de toutes les communications. Cela constitue une mine d'informations, une mine de connaissances non seulement pour les chercheurs, les doctorants et les enseignants- chercheurs, mais également pour les décideurs.

En termes d'output, ce colloque a quatre avantages : premier niveau, l'affinement des connaissances pures. Deuxième niveau,  l’adéquation de la connaissance avec la recherche- action. Troisième niveau, la prise en compte des résultats par les gouvernants. Et quatrième niveau, la nécessité de publier un ouvrage collectif qui mette en relief et en valeur toutes les contributions intervenues dans le cadre de ce colloque.

Interview réalisée par Ozias Hounguè

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