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Edito- Spécial essence kpayo : Bénin, "l’arbre fétiche" de la contrebande

Olivier Ribouis
publié le 4 septembre 2018

Grand dossier de Banouto sur le destin de l’activité  la plus rependue du pays. Interviews d’expert et de contrebandiers, grand-reportage, incursion dans une famille, tout y est pour appréhender l’enjeu du kpayo.

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Kpayo, c’est déjà le requiem ! Qui l’eut cru ? Le Bénin veut se débarrasser de ses indiscrets bidons et bouteilles sur des installations de fortunes qui peuplent ses voies, rues et ruelles. Ce n’est donc qu’une question de temps, depuis l’adoption en juin 2018 au parlement du nouveau code électoral qui pénalise l’importation et la commercialisation de l’essence de contrebande connue sous l’appellation « kpayo » en République du Bénin. Pas pour autant chose aisée dans la mise en application. Grand dossier de Banouto sur le destin de l’activité  la plus rependue du pays. Interviews d’expert et de contrebandiers, grand-reportage, incursion dans une famille, tout y est pour appréhender l’enjeu du kpayo.

Pour information, auteur de plusieurs publications sur la filière, Professeur Noukpo Agossou apprend qu’au Bénin, les origines de l’essence de contrebande en provenance du Nigéria remontent aux années 70. L’ampleur du commerce est tout simplement impressionnante. « Aujourd’hui, cette activité fait vivre au bas mot, 100 000  familles. Ce qui nous amène peut-être à 700 000 voire 800 000 personnes », informe l’expert dans une interview où il décline « les préalables à une lutte efficace ».

Derrière les bidons jaunes et noirs généralement déformés sous les assauts d’usages incessants  et toutes sortes de bouteilles, se cachent en effet une histoire de gros sous et de vies humaines. C’est ce que révèle, Djèdjèlayé (la vie c’est mollo-mollo, pas à pas, en langue yoruba), un richissime contrebandier qui roule carrosse de VIP.  « Je ne pourrai pas bien me sentir et je ne peux savoir toute l’étendue des conséquences sur mon être… si on m’interdit le commerce de l’essence de contrebande », témoigne l’homme qui veut rencontrer le Président Patrice Talon pour sauver son job et lui faire voir le danger derrière une interdiction tout de go.

L’essence  de contrebande incriminée et menacée de disparition, fait donc énormément de bien aux Béninois. Dans cette parution, vous aurez l’opportunité de toucher du doigt cette réalité avec le cas de « Gbenou, polygame «heureux» du  kpayo ». Père d’une dizaine d’enfants, avec ses deux épouses, il a réussi à faire de son commerce de kpayo, une entreprise familiale. Cela dit, la nouvelle de l’interdiction fait beaucoup d’inquiets et de mécontents. Pour en avoir une idée, nous vous invitons à lire : « la rage du vif », le grand-reportage sur plusieurs sites de kpayo à Cotonou. « Personne ne peut arrêter ce commerce, encore moins venir me prendre. C’est pourquoi j’ai toujours mon briquet dans la poche », avertit, un contrebandier tout furieux.

Pas que du kpayo pour vous. Il y a aussi en entrepreneuriat féminin, un intéressant portrait de « Odile Gnonwin, reine du souchet made in Bénin » à lire pour être aussi inspiré. De même, nous vous rapportons la bonne nouvelle de la réconciliation du Trio Apouké. De retour après une décennie d’éclatement, le groupe de musique vous explique les raisons de leur réconciliation. Vous prendrez également du plaisir à cuisiner et déguster le « kédjénou au poulet, ragoût de viande des Baoulés ».  Et bien avant le kpayo, nous vous rapportons dans "Bouquinerie", les « "confidences d’un prêtre" amoureux».

Nul doute donc que votre Amour pour Banouto sera encore plus fort à la lecture de ce numéro. Bien à vous et n’oubliez pas de faire abonner vos proches pour l’agrandissement de la famille Banouto.


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