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Bénin: Gbenou, polygame «heureux» du kpayo

Léonce Gamai
publié le 2 octobre 2018

La quarantaine, Gbenou, vit heureux avec ses deux femmes et une dizaine d’enfants, grâce au commerce de l’essence dans l’informel. Chez lui, la vente du «Kpayo» est un business familial qui nourrit femmes et scolarise enfants.

benin vente essence frelatée nourrit famille interdiction Gbenou, Béninois, gère sa famille de deux femmes et plusieurs enfants grâce à cet etalage de vente d'essence dans l'informel

 

Depuis début juin, Julienne, appelée «aminon non», (vendeuse d’essence) a perdu son entrain habituel. Elle qui a fait de sa bonne humeur permanente et des blagues une stratégie de fidélisation dans cet univers concurrentiel de vente informelle d’essence, est devenue moins bavarde. Un visage grave. «C’est votre nouvelle loi sur l’interdiction de la vente d’essence kpayo qui me donne du souci», se justifie-t-elle lorsque nous lui faisons la remarque sur son changement d’humeur.

Julienne fait allusion à l’avènement du nouveau code pénal, qui adopté le 04 juin par l’Assemblée nationale, interdit la vente de l’essence dans l’informel, avec de lourdes sanctions à l’encontre des contrevenants. Constitué de quatre tables, dont deux grandes, l’étalage d’essence kpayo  que gère julienne appartient à son mari, Gbenou. Après insistance et plusieurs rendez-vous manqués, le mari et patron de Julienne  accepte de nous parler un matin du mois de juillet 2018. «Je suis Béninois 100%. Mais je suis né et j’ai grandi dans un village à la frontière du Nigeria, raconte Gbenou en fongbe (langue du sud du Bénin,Ndlr). Là-bas, j’ai appris la mécanique auto. A la fin de ma formation, les parents ont voulu que je m’installe à Cotonou. Mais, handicapé par la non maitrise du terrain, le manque de ressources, puis  mes difficultés à m’exprimer couramment en fon et en français, je n’ai pas pu m’insérer dans le secteur mécanique à Cotonou.»

Mais à l’époque, la grande sœur de Gbenou faisait déjà dans le commerce de l’essence de contrebande. Elle lui a alors proposé de la rejoindre. Après quelques années passées aux côtés de sa grande sœur, il a pu se constituer un capital pour mettre en place son propre «business».

«Je fais ce commerce de kpayo depuis plus de 15 ans », précise Gbenou, aujourd’hui polygame et père d’une dizaine d’enfants. Avec ses deux épouses...,

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