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Bénin/Enquête Affaires CAMES: troublantes révélations sur l’accusation de plagiat

Léonce Gamai
publié le 6 juin 2019

Dans l’affaire dite de plagiat, dossier connu par le Conseil des ministres du Cames lors de sa récente session à Cotonou au Bénin, le professeur Philippe Noudjènoumè n’est pas le plaignant. De plus, les protagonistes sont devant le tribunal de Cotonou dans une procédure de «citation directe». C’est ce que révèle une enquête de Banouto dans ce dossier qui défraie la chronique depuis le début de la semaine.

Benin affaire cames enquête de banouto Enquête expresse de Banouto sur une affaire qui oppose des sommités du droit

 

La nouvelle est tombée lundi 03 juin 2019. Lors de sa 36ème session à Cotonou du 28 au 30 mai, le Conseil des ministres du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) a pris des sanctions contre plusieurs enseignants d’universités. Le journal béninois Le Matinal, qui a livré en premier cette information, indique que deux universitaires béninois sont accusés dans des affaires de «codirection frauduleuse de thèse» et d’accusation de plagiat présumées portées devant la Commission éthique et déontologie du CAMES. A Dandi Gnamou, par ailleurs conseillère à la Cour suprême du Bénin, il est reproché de n’avoir pas dirigé de thèse de doctorat dans son université d’origine à la date de sa candidature à la titularisation le 15 février 2018. «Pour être inscrit sur les listes d’aptitude aux fonctions de Professeur Titulaire, le CAMES a imposé des conditions de temps dont celle d’encadrement c’est-à-dire avoir dirigé au moins une thèse dans son Etablissement d’origine ou à défaut avoir codirigé au moins deux thèses dans une ou des Universités étrangères», rapporte Le Matinal.  Le professeur Ibrahim David Salami est accusé d’avoir plagié et publié un cours de droit de son ancien collègue Philippe Noudjènoumè. Les concernés disent n’avoir pas encore reçu notification officielle de la décision du CAMES.

La voix officielle

«Cette affaire n’a pas de sens. Je ne sais même pas sur quelle base je peux vous dire ci ou ça. Je ne sais pas. Ce sont les résultats que nous attendons pour voir jusqu’où nous pourrions pousser la coquine. En ce moment-là, nous pourrons discuter du contenu de la coquine», a réagi Dandi Gnamou dans un article publié par le journal spécialisé Educ’Action le 04 juin. L’enseignante d’université qui relève le non-respect de certaines règles du code d’éthique et de déontologie du Cames, regrette n’avoir pas été «entendue»  par l’instance d’intégration universitaire,  sur «les accusations» contre elle.

Avant sa réaction, reçu sur Sikka Tv au lendemain de la révélation des sanctions, sans citer nommément les universitaires concernés, Bertrand Mbatchi, Secrétaire général du CAMES, apprend que les différentes sanctions ont été prises  après une procédure devant la Commission d’éthique et de déontologie (Ced) du CAMES. «Tous ont écopés de la plus grande sanction, précise-t-il. C’est-à-dire que pour certains, c’est la rétrogradation, pour d’autres, c’est une manière cumulative, la non-participation au programme du Cames pendant une durée maximale, ou simplement l’incapacité de pouvoir porter des signatures.»

Le vrai plaignant

Dans l’affaire dite d’accusation de plagiat, Le Matinal, citant un rapport de la Ced informe que «Philippe Noudjènoumé accuse Ibrahim David Salami qui lui a succédé dans les fonctions de Chef de département de droit public de la Faculté de droit et de science politique de l’Université de Cotonou d’avoir non seulement volé sur son poste d’ordinateur de chef de département dont il a hérité le fichier de son cours de droit administratif qu’il a préparé et travaillé plus de dix ans durant, mais aussi et surtout de l’avoir publié sous son nom sans son accord.»

Contacté par Banouto, Philippe Noudjènoumè donne...

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