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Edit tôt: Bénin, flagellation de personne handicapée, dossier spécial!

Olivier Ribouis
publié le 1 juillet 2019

Il y a au Bénin, une préoccupation majeure dont l’évocation illustre éloquemment le géant fossé qui dénature le concept d’Etat-nation inventé pour instaurer l’illusion d’une société d’équité et de justice sociale pour tous. Le droit de la personne handicapée. 

handicape A lire, dossier spécial de Banouto sur la situation des personnes handicapées au Bénin

 

«Les hommes naissent libres et demeurent égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.». Voilà bien un aphorisme de la Déclaration universelle des droits de l’homme qu’on a du mal à assimiler au Bénin où souffle un vent de rigorisme juridico-politique menaçant de rompre la démocratie. Pourtant, si claire, si limpide ; d’application, la sentence suffirait à réduire considérablement les injustices sociales dans un monde mesquin.

Il y a au Bénin, une préoccupation majeure dont l’évocation illustre éloquemment le géant fossé qui dénature le concept d’Etat-nation inventé pour instaurer l’illusion d’une société d’équité et de justice sociale pour tous. Le droit de la personne handicapée. C’est carrément le benjamin des soucis des gouvernants. On n’en parle qu’à l’occasion d’une journée mondiale ou quand sur une période, les personnes handicapées laissent s’échapper un trop plein de révolte bouillonnante de l’intérieur.

Ici, on fait comme si les personnes handicapées n’ont pas droit de cité. Excusez l’expression, c’est à peine qu’on ne leur dit pas qu’elles sont des « déchets humains » dont on a du mal à se débarrasser. Tenez, pour ceux qui voudraient exhiber un quelconque écriteau de loi pour justifier un certain humanisme du législateur béninois, les actes parlent mieux que paroles et écrits. A l’observation, on se rend compte aisément que le Bénin condamne les personnes handicapées à l’isolement, à la réclusion. Dans le système éducatif, c’est pour eux qu’on a des centres spécialisés mal entretenus. Retirés pour ne pas dire souvent contraints à quitter le système classique, les handicapés manquent de moyens didactiques pour leurs formations scolaires et académiques. Pendant que le prétendu enfant normal peut avoir facilement les livres au programme, le handicapé n’en a pas. Comme s’il suffit qu’à les entretenir par le ventre, ce qui le moins manque, c’est la pitance que l’Etat déverse dans les lieux de réclusion affublés d’attribut de « centre spécialisé ».

Tout indique que la personne handicapée, plus que Jésus, - loin de toute tentation blasphématoire-, subit tout au long de sa vie, un chemin de croix dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Quand il arrive que, dans ce désert de matériels didactiques, certains réussissent à faire du chemin pour détenir du parchemin, les handicapés sont les plus indésirables aux concours d’admission à la fonction publique. On trouve qu’ils ne sont pas aptes à exercer une fonction pour laquelle ils ont été formés.

Sous les tropiques, l’emploi n’est peut-être pas pour les personnes handicapées qu’on réduit visiblement à la cible de la pitié feinte !  Il faut alors promener ses yeux de curieux observateur dans l’administration ou dans les lieux publics pour voir combien de dispositifs sont installés pour la mobilité des personnes handicapées. Déjà, les voies qui mènent à ces lieux sont des pièges à homme.  On se retrouve presque parfaitement au Bénin comme sur un territoire interdit aux personnes handicapées.

Si, bien que détenteur de moyens relativement colossaux, l’Etat, le pouvoir public sensé assurer la protection de tous les citoyens naissant « libres et égaux en droit » peine à offrir un environnement propice à l’épanouissement de la personne handicapée, la masse elle, n’en parlons plus. Dieu seul sait combien de jurons lui parviennent de la cheminée des familles où l’on considère une personne handicapée comme l’incarnation d’une pénitence injustement balancée par le grand barbu. On peut donc trouver dans des centres d’accueil d’organisations philanthropes, des handicapés que des familles viennent "garer" pour ne plus jamais revenir.  Certains dits "normaux" poussent si loin l’infamie au point d’en arriver à refuser à des handicapés le droit à une vie de couple. Que dire lorsque vous rencontrez une handicapée visuelle abandonnée avec un enfant par un homme qui n’a pas été suffisamment audacieux pour dire "NON !" à sa maman estimant qu’il est impossible d’avoir une vie de couple avec une malvoyante.

Le mal est si profond qu’il n’y a qu’à espérer que la sensibilité gagne l’âme des dirigeants occupés dans des tiraillements politiciens pour que cesse au Bénin, la flagellation des personnes handicapées.

NB:

Prenez le rendez-vous pour lire, toute cette semaine, notre dossier spécial sur la situation des personnes handicapées au Bénin. Classé dans la catégorie des articles réservés aux lecteurs ayant souscrit à un abonnement payant à Banouto, ce dossier qui met la lumière sur un grand problème d’exclusion sociale, sera exceptionnellement libre d’accès. C’est notre contribution non seulement à la résolution de la question des personnes handicapées, mais aussi à l’avènement d’une société béninoise où règnent vraiment l’inclusion et la justice sociale. 


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