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MINUSMA : malaise chez les policiers béninois à Kidal au Mali

Olivier Ribouis
publié le Apr 16, 2020

A Kidal où ils sont déployés dans le cadre de la MINUSMA, privés du nécessaire selon des sources sur place, les policiers béninois souffrent le martyre. Du côté de Cotonou, la Direction générale de la police républicaine s’en défend.

minusma-contingent-benin  Des casques bleus de la MINUSMA

« S’il vous plait ! Nous vous appelons au secours pour éviter le pire ». Cela résonne fort comme cri de détresse d’officier de police.  Déployés en terrain difficile à Kidal dans le nord du Mali où ils prennent part aux opérations de paix dans le rang des casques bleus combattant les djihadistes, des policiers béninois sont mal en point.

Des sources sur place attestent d’un problème de soins adéquats pour ceux d’entre eux malades. « Atteintes d'une simple grippe saisonnière », témoigne une source, plusieurs des éléments du contingent béninois ne reçoivent pas de « traitement adéquat malgré la bonne volonté des docteurs et de leur équipe d'infirmiers ».

Cette situation, fait-on savoir, découle d’un manque « du soutien logistique en matériel sanitaire » qui n’a pas encore été fourni depuis le 10 août 2019 pour des raisons que les éléments déployés sur le terrain de combat ignorent.

Les générateurs qui ne marchent pas convenablement, l’alimentation et d’autres difficultés font le quotidien du contingent béninois à la MINUSMA.

« La police ne se reproche rien, l’Etat ne se reproche rien »

Les dénonciations recueillies par Banouto sont troublantes pour le patron de la police béninoise, le Contrôleur Général de Police Soumaïla A. Yaya.

Le Directeur général de la police républicaine (DGPR) les juge "inacceptables". Contacté, quand on lui rapporte les faits, il salue la démarche de Banouto, mais s’irrite contre ceux qu’il appelle « des irresponsables ».

« Ils courent pour qu’on les envoie et quand on finit de les envoyer, ils n’ont pas besoin de remercier leur pays de cette façon. Ils ne sont pas les seuls sur le théâtre. Nous même, on a fait le théâtre et on sait comment ça se passe », s’insurge le DGPR au téléphone.

« Si jamais, les gens se comportent comme ils sont en train de se comporter, ils seront purement et simplement sanctionnés. Ils vont être sanctionnés parce qu’ils sont en train de dire des contre-vérités », menace le patron des flics qui estime que des policiers ne doivent en aucun cas faire des dénonciations à la presse.

« Lorsqu’ils ont des problèmes, ils doivent s’adresser à leurs chefs au lieu d’aller s’adresser aux journaux. Comme, ils veulent que les journaux en parlent, venez on va vous dire ce que l’Etat a fait. C’est des irresponsables ! », regrette Soumaïla Yaya quand il donne rendez-vous à Banouto en exigeant de connaître notre source pour donner sa part de vérité.

soumaila-yaya Le Directeur général de la police républicaine, Soumaïla Yaya

Rendez-vous donné, rendez-vous honoré. C’est avec toute une équipe de 5 collaborateurs responsables des dossiers de mission extérieure que le DGPR Soumaïla Yaya reçoit Banouto dans la matinée du mercredi 15 avril 2020 dans la salle de protocole de sa direction à Cotonou.

« Vous ne nous avez pas révélé votre source… Même si ce n’est pas la Direction générale de la police républicaine qui est mise en cause, c’est quand même le Bénin qui est mis sur la sellette. Je ne vais jamais accepter qu’on mette le Bénin sur la sellette. Si les gens racontent des histoires, on ne va pas accepter ça... », lance à nouveau le DGPR exigeant toujours de savoir nos sources avant tout. Très vite, les discussions se bloquent quand on apprend au patron des flics qu’on ne peut lui fournir l’identité de nos sources.  Quelques minutes s’écoulent des 15 qu’il accorde à Banouto sur le sujet. 

« La réponse que nous, on a à vous donner, c’est que tout ce que les gens racontent est faux ! On ne va pas vous dire plus. La police ne se reproche rien, qui plus est, l’Etat ne se reproche rien », finit par réfuter Soumaïla Yaya.

 

Le Bénin dans les missions de paix onusiennes

benin-mission-paix Extrait du rapport de l'Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix

C’est depuis 1995 que le Bénin participe aux opérations de paix onusiennes lorsque ses troupes ont été pour la première fois, engagées au sein de la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH).

Le pays s’est forgé une réputation exemplaire au sein des casques bleus.

Dans un rapport publié en décembre 2019, l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix indique à cet effet, que « La trajectoire du Bénin dans les opérations de paix illustre le parcours emblématique d’un pays qui a su transformer son expérience de contributeur aux OP à celle de constructeur de capacités susceptibles d’apporter une valeur ajoutée en termes de déploiement rapide et de préfinancement des opérations ».

22e contributeur africain de troupes aux opérations de paix des Nations Unies, renseigne le même rapport, « le Bénin s’est impliqué dans près d’une quinzaine de pays : en Érythrée, en Éthiopie, en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine (RCA), au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Soudan, au Soudan du Sud, au Mali, au Burundi ; et en dehors du continent africain en Haïti, au Kosovo et au Timor oriental ».


  • Dieudonné
    il y a 1 mois

    Vraiment vraiment cette police républicaine rien n'est clair

  • Dieudonné
    il y a 1 mois

    Vraiment vraiment cette police républicaine rien n'est clair. J'ai même pitié de nos policiers