Feu rouge : Talon passe, les fossoyeurs trépassent

Olivier Ribouis
publié le 17 octobre 2017

Qu’on l’aime ou pas, on est unanime qu’il vient de marquer un gros point. Patrice Talon le président béninois, s’illustre avec une décision audacieuse qui réjouit toute personne animée du pieux vœu  de voir rendre gorge ceux qui confondent les caisses de l’Etat à leur patrimoine familial d’où ils peuvent couper et manger allègrement le gras et  laisser les pattes aux autres, tant ils ont l’opportunité d’être proches de la marmite...

patrice-talon Patrice Talon, Président du Bénin

 En effet, nous rapporte un vent bienfaisant du conseil des ministres du vendredi 13 octobre, doivent solder les comptes, les insatiables  cadres et fonctionnaires de l’Etat qui ont cru avoir impunément pris leurs parts dans le Fonds national de promotion de l’entreprise et  de l’emploi des  jeunes (Fnpeej 2008-2012).

Comme le dit un proverbe Fon,  « dudugbé, susugbé ». En quelques mots, jour d’endettement, jour de remboursement. Sur le cadran de la rupture, il est alors temps de recouvrer des fonds de l’Etat abusivement logés dans les poches d’indélicats agents. La décision résonne comme un sonnet composé pour marquer un nouveau cap dans la bonne gouvernance et le nécessaire changement de mentalité. Dans un pays à revenu essentiellement fiscal, sans un sous-sol garni, il est inconcevable  que plus de 5 milliards de francs Cfa passent en perte et profit dans un fonds de 6 milliards destiné, dit-on, à la promotion de l’entreprise et  de l’emploi des  jeunes.  Et quand ceux qui se font auteurs d’une telle ignominie se targuent d’être des cadres de l’administration publique, on se demande comment sont-ils parvenus à s’y retrouver. Nul doute que bon nombre d’entre eux ont dû avoir à un moment donné, des parrains politiques hyper-protecteurs.

La nouvelle qui vaut un satisfécit au gouvernement, porte en soi une marque d’audace nécessaire du président Talon qui visiblement ne veut reculer face à rien dans sa dynamique de restaurer des valeurs dans l’administration béninoises. Et ce n’est que justice sociale. Pourvue qu’on est une once de décence, on admettrait que cela sort de tout entendement de voir des gens ayant déjà le pain voire avec le beurre, s’offrir le plaisir de détourner des ressources destinées à voler au secours de ceux qui ont des projets d’entreprises sans financement.  Ici, l’on comprend enfin que le fameux argent qui ne circule plus est celui-là qu’empochent  et gaspillent des cadres et fonctionnaires sans vergogne.

Ceci étant, la mentalité à changer, c’est en  effet, celle qui consiste à croire que l’argent  emprunté à l’Etat ne se rembourse pas.  Il est de ce raisonnement déconcertant des Béninois jusque dans le dernier village du pays qui consacre qu’on peut se permettre toutes les fantaisies avec l’argent de l’Etat. Résultat, même la  dame de marché qui fait des pieds et des mains pour obtenir un financement public ne se sent pas dans l’obligation du remboursement. A présent que la musique a changé, la cadence devrait aussi l’être.

Tutti quanti, tous les fossoyeurs de l’Etat doivent rendre gorge. Le prochain pas serait d’obliger des politiciens mêlés à la saignée à rendre à la patrie, ce qu’ils lui indûment pris. Ce faisant, on scandera tous, Talon passe, les fossoyeurs trépassent !

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