Bénin: Azannaï accuse le tandem Talon-Houngbédji de complicité contre la démocratie

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 6 décembre 2017

Au Bénin, l’ancien ministre délégué chargé de la défense, Candide Azannaï, a accusé ouvertement le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, de complicité avec le président Talon contre la démocratie béninoise.

talon-houngbedji Le chef de l'Etat Patrice Talon et Adrien Houngbédji, chef du parlement béninois

La démocratie béninoise glisse, et ce, de façon dictatoriale, vers l’abîme. C’est ce que pense Candide Azannaï, l’ancien ministre béninois chargé de la défense nationale. Lors d’une sortie ce week-end à Abomey, centre du pays, le président du parti Restaurer l’Espoir (RE)-parti d’opposition- a analysé l’espace politique actuelle et y a relevé une « la décadence de jour en jour dramatique de l’élite politique de notre pays ». « Actuellement dans notre Pays, la cupidité, la peur, l’hypocrisie, ont transformé l’espace politique en désert de conviction où des adultes s’auto-soumettent en se résignant à être des esclaves humiliés devant une schizophrénie politique qui revendique la rage, la hargne, la ruse comme mode de gouvernance », a constaté M. Azannaï.  L’ex-patron des forces de défense nationale pense que cette décadence est préjudiciable au pays avec « la métamorphose dictatoriale de notre démocratie en démocrature » qui serait en cours. Le pouvoir du président Talon planifierait en effet la suppression  de tous les partis politiques dans une proposition de loi portant charte des partis politiques. Selon l’ex-ministre, cette proposition de loi crée une Agence dénommée « Agence nationale d’enregistrement et de suivi des partis politiques (ANESP) ». « Il est bien précisé, à en croire M. Azannaï, dans la proposition de loi qu’elle est dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et de gestion. Elle est placée sous l’autorité du Président de la République ». Cette agence, aux dires de l’ancien ministre, n’a autre vocation que celle de permettre au Président de la République de gérer les partis politiques qui seront érigés conformément aux critères draconiens.

 Talon-Houngbédji au banc des accusés

Lors de cette sortie, Candide Azannaï a également évoqué des violations des textes de lois et « l’érection de lois bancales et scélérates ». Il est revenu, entre autre, sur la Loi portant Identification des Personnes Physiques en République du Bénin. Cette loi, à en croire M. Azannaï, comporte de nombreux « pièges » et « d’énormes non-dits » que seuls les futurs décrets d’application viendront préciser dans un contexte de traques policières généralisées. « Il est prévu plus d’une vingtaine de décrets d’application aux articles (4 ; 6 ; 13 ; 17 ; 9 ; 20 ; 29 ; 41 ; 54 ; 59 ; 60 ; 61 ; 62 ; 63 ; 64 ; 69 ; 73 ; 79 ; 91 ; 92 et 93) dont les contenus ne viendront que pour restreindre les droits des populations et renforcer les manœuvres électorales frauduleuses en cours de préparation », a déclaré Candide Azannaï. L’ex-ministre délégué chargé de la défense nationale a également évoqué  la non installation du Conseil d’orientation et de supervision de la liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI).  Chargée de l’actualisation de la liste électorale, cette institution devrait, conformément au code électoral,  être installée au plus tard le 31 juillet de chaque année. Mais jusque-là, elle ne l’est pas. Pour le président du parti RE, ces violations de lois préjudiciables à la démocratie béninoise sont imputables à « ceux qui, en entrant dans l’arène politique, n’ont fait que le pari de leurs seuls intérêts personnels ». « Ce sont ceux-là qui couvent la violation des lois et qui collaborent en vue de l’érection de lois bancales et scélérates », a déclaré Candide Azannaï qui estime que Me Adrien Houngbédji fait partir de ces personnes. « Le Président de l’Assemblée Nationale couve la violation du Code Électoral en s’illustrant complice flagrant du boycott de l’installation du COS-LEPI », a-t-il jugé convaincu qu’« il est par conséquent dans l’intérêt de toute la communauté que nous nous organisions pour nous débarrasser de ceux qui incarnent la hargne, la rage, la ruse ».

 

Lire aussi: Bénin-Ravip : Azannaï relève de graves entorses à la loi

Sur le même sujet: Bénin- Azannaï : «l’organisation des prochaines élections est attaquée»

 

Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci