Bénin : président Soglo, la peste et le choléra

Olivier Ribouis
publié le 7 décembre 2017

Face à la presse mardi 05 décembre, Nicéphore Soglo l’ex-chef d’Etat béninois a présenté ses excuses pour avoir stigmatisé la candidature du franco-béninois Lionel Zinsou face à Patrice Talon comme étant un choix à faire entre « la peste et le choléra ». Il fait pénitence !

nicephore-soglo Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin

Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin se serait trompé de choix à la présidentielle de 2016. A la surprise générale, ce grand soutien de l’homme d’affaire Patrice Talon devenu président de la république, a reconnu avoir médire sur la candidature de l’ancien premier ministre béninois, le Franco-béninois  Lionel Zinsou. Il s’est souvenu de son allégorie lapidaire d’un choix entre « la peste et le choléra » au sujet du face à face Talon-Zinsou. « C’est moi qui vous avais dit, à la veille de ces élections, que la Françafrique ne nous laissait le choix qu’entre la peste et le choléra ce qui risquait de faire le lit de Boko Haram Fallait-il alors s’abstenir ? », a-t-il déclaré  avant de faire pénitence : « J’ai perdu mon pari. Je bats ma coulpe et je fais pénitence ».

Ce que Soglo ne dit pas

Tout le monde peut se tromper et l’ancien chef d’Etat s’est trompé. Soit ! Mais à l’examen de cette déclaration qui sonne comme un aveu de péché, le président Soglo laisse les Béninois sur leur faim en ce qui concerne les motivations réelles de ses déclarations. Que recherche l’ancien président béninois ? Pourquoi ce revirement spectaculaire ? Difficile de ne pas établir un lien entre son aversion de plus en plus prononcée à son  ancien poulain à la présidentielle Patrice Talon  et les déboires de son fils Lehady Soglo maire  déchu de Cotonou qui a dû fuir le Bénin. Soglo  père ne cache pas d’ailleurs sa tentative de défense pour son fils. « Le maire de Cotonou, qui a eu plus de chance que celui de Dakar, vit désormais en exil après avoir subi pas moins de quatre audits en un an. Quel acharnement ! Sa maison fut perquisitionnée. Voulait-on peut-être y mettre de la cocaïne ? Qui sait ? Car des chars avaient bouclé son quartier et il ne manquait plus que des hélicoptères de combat » a tonné le président Soglo. A cela, il ajoute aussi d’autres affaires à polémiques pendant devant la justice sur lesquelles le régime  Talon est vertement critiqué.  Cette intervention de l’infatigable Soglo survient quelques jours après celui de son fils Lehady en question. Sur TV5, celui-ci avait accusé le président Talon de lui en vouloir d’avoir soutenu Lionel Zinsou.

La pénitence verbale de Soglo

« Je fais pénitence ». Le président Soglo reconnaît avoir péché contre les Béninois. Comment fait-il sa pénitence ? A la bouche ? Jusqu’ici, si tant est que l’avènement du président  Talon nuit au Bénin, ceux qui subissent sont les populations à la base. Il n’est plus à démontrer que ce sont les citoyens qui payent les pots cassés   des décisions malencontreuses de ceux qui s’estiment être des leaders éclairés. Enfoncé  son peuple dans  un enfer  s’il en est un doit durer cinq ans n’est pas un péché simple dont la pénitence se ferait au verbe. La  sincérité de cet acte verbal de pénitence est sujette à questionnement. Aussi, peut-on aisément constater que l’ancien chef d’Etat est allé dans une tentative de rendre Sébastien Ajavon responsable de la situation.  « Le Président du patronat béninois avait commis, un an plus tôt, l’imprudence d’accorder ses voix pour assurer l’élection du candidat TALON. S’il avait fait le choix inverse, le Président du Bénin s’appellerait aujourd’hui Lionel ZINSOU qui prétendait que ‘’l’Afrique appartient à l’Europe’’ » a-t-il déclaré.

 

Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci