POLITIQUE 1 Commentaire

Romuald Wadagni: «citez une mesure sociale existant avant 2016 et que nous avons supprimée»

Léonce Gamai
publié le 23 décembre 2017

Par 61 voix pour, 19 voix contre et 0 abstention, le Parlement béninois a adopté, en séance plénière, jeudi 21 décembre 2017, le projet de loi des finances portant budget général de l’Etat, exercice 2018. Les députés qui ont rejeté le projet de budget, sont ceux de la minorité parlementaire. Dans une déclaration à l’hémicycle, ces députés relève le caractère «anti-social» du budget et déplore la non prise en compte de certains de leur amendements. Ils ont formulé 26 amendements « afin de donner un visage plus humain  à la loi des finances 2018». Dans des propos retranscrits par nos confrères du site visages du Bénin, le ministre de l’économie et des finances, Romuald Wadagni, répond aux députés de l’opposition. Large extrait de sa contre-attaque.

romuald wadagni ministre des finances beninLe ministre Romuald Wadagni

«…J’avoue que j’ai été surpris par ce que j’ai entendu au début des débats tout à l’heure, des commentaires de la minorité parlementaire. J’en n’ai pas l’intention de répondre, mais je voudrais quand même apporter un certain nombre d’informations, parce que nous sommes en plénière et il y a  des caméras et toute la population nous écoute. (…)

Je note dans la présentation qu’il est indiqué que le document est transmis le 5 octobre. Il est impossible de donner le niveau d’exécution budgétaire à fin septembre. Nous avons fait la présentation de notre budget ici le 13 octobre en même temps que le gouvernement français, présentation fait sur la base de l’exécution avant fin juin pour un pays qui a quand même un certain niveau d’avancement sur ces questions-là. Lors de la présentation le 13 septembre, nous avons exposé le niveau d’exécution à fin Juin et nous avons présenté les tendances à fin septembre. Lors des travaux pendant les deux mois, nous avons discuté de la réalisation à  mi-septembre  et nous avons transmis le rapport d’inscription à fin septembre. Ceci non seulement n’est pas nouveau, mais montre un stricte respect du calendrier budgétaire.

Mais devant la presse indiqué que c’est un scandale qu’on n’est pas donné les chiffres et qu’on est transmis le 5 octobre des éléments sans l’exécution au 30 septembre, cela contraste avec le niveau de collaboration que nous avons eus pendant les commissions où j’ai indiqué ici la satisfaction qui était la nôtre d’avoir eu des contributions intrinsèque de la part de la minorité parlementaire qui avait proposé une vingtaine d’amendement que nous avons découvert ici et en séance,  nous en avons accepté plus de la moitié (…)

Le budget 2017, c’est du 50/50 ; c’est-à-dire 1000 milliards Fcfa en ressources et 1000 milliards Fcfa en financement. Je voudrais noter que par le passé, c’était 60% du budget financé sur la dette et 40% sur les ressources propres. Pour 2018, nous avons un budget à 1800 milliards Fcfa  décomposé à 1100 milliards Fcfa de ressources propres, donc 60% du budget financé sur les ressources propres et 40% sur  financement extérieur (…) Il y a autre chose que je voudrais dire sur la dette. Quand nous annonçons les chiffres, vous savez qu’en 2017, nous avons dépensé plus de 100 milliards Fcfa pour régler des dettes qui existaient avant notre arrivée. Les élections de 2015 ont été organisées avec des dépassements de budget. Le montant des dépassements n’a été inscrit nulle part dans la comptabilité de l’Etat. Vous avez suivi la grève dans le secteur de la santé. Les travailleurs ont sorti un décret de 2006 par lequel le gouvernement d’alors avait octroyé une prime chiffré à 6 milliards Fcfa. Le Chef de l’Etat a dit que c’est un acquis et qu’on ne va pas la suspendre. Mais ces 6 milliards n’étaient nulle part dans la comptabilité de l’Etat. Ce mois-ci, nous avons payé 2 milliards Fcfa sur les 6 milliards Fcfa. Au niveau de la SBEE, nous sommes rentrés dans le Compact du Millénium Challenge Account et la conditionnalité pour pouvoir signer l’accord au 18 juin 2017 est que les Américains nous ont demandé de payer d’abord les dettes de la SBEE. Nous avons payé les dettes au titre de factures de consommation soit 32 milliards Fcfa (…)

J’entends dire que le gouvernement a un visage antisocial. Je voudrais que l’on me cite une seule mesure sociale existant avant le 6 avril 2016 et que nous avons supprimée. Non seulement nous les avons gardées, mais nous les avons renforcées.

Je me permets de prendre quelques minutes pour vous apporter sur ce que nous avons fait. Je veux citer la gratuité de la césarienne. Le montant du budget de la gratuité de la césarienne était de 2 milliards Fcfa. Pour 2018, nous sommes passés à 3 milliards Fcfa. Nous avons mis en place le Fonds pour la prévention et la protection des populations en cas de catastrophe avec 1.320.000.000 Fcfa. Ça n’existait pas. Il y a la Caisse mutuelle de prévoyance porté à 450 milliards Fcfa en 2018. Le budget pour la prise en charge des dialysés porté à 2,9 milliards Fcfa… »

Propos répérés sur www.visage-du-benin.com


  • Charles
    il y a 3 mois

    Je félicite le gouvernement pour ses actions, si tant est que les faits relatés pr le ministre son vrai. Cependant les béninois veulent constater tout ces progrès de façon effective dans le pays.