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Bénin-Grève générale: recours de Houngbédji et Djogbénou à la Cour constitutionnelle

Olivier Ribouis
publié le 12 janvier 2018

Face à la presse l’’un et l’autre en réaction à la fronde des travailleurs de la justice et de la santé  qui protestent contre la suppression du droit dont ils sont victimes à  travers une nouvelle loi  controversée votée par le parlement , Adrien Houngbédji  le Président de l’Assemblée nationale et Joseph Djogbénou, le ministre béninois de la Justice ont affirmé qu’il revient à la Cour Constitutionnelle de trancher.

theodore-holo-et-adrien-houngbedji Théodore Holo, président de la Cour Constitutionnelle et Adrien Houngbédji, chef du parlement au Bénin

Seule la Cour constitutionnelle pourra mettre fin aux hostilités autour  de la nouvelle loi qui arrache le droit de grève aux agents des secteurs de la santé et de la justice au Bénin. Face à la presse après le déclenchement de la paralysie générale du secteur de la Justice avec la grève en cours de 5 jours avec tacite reconduction de l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB), Adrien Houngbédji  le Président de l’Assemblée nationale et Joseph Djogbénou, le ministre béninois de la Justice ont réagi. Les deux autorités béninoises s’en remettent à l’arbitrage de la Cour constitutionnelle.  « Je ne sais  pas quel sort sera réservé à cette loi par la Cour Constitutionnelle, mais quel que  soit ce sort, nous respecterons les décisions de la Cour Constitutionnelle » a déclaré le chef du parlement. Le gouvernement béninois ne dit pas moins.  « Il ne faut pas dépenser beaucoup d’énergie pour attendre la décision de la Cour constitutionnelle. La Cour Constitutionnelle rendra sa décision et nous allons nous y plier » a répondu Joseph Djogbénou, le ministre de la justice et porte-parole du gouvernement interrogé en marge de son point de presse sur le conseil des ministres de ce jeudi 11 janvier.

Défenseurs du peuple

Dans cette crise qui les oppose aux  magistrats et aux  agents de la santé, le gouvernement et la majorité ayant voté la loi à polémique s’affichent comme les défenseurs des droits des Béninois. Pour eux, la justice et la santé sont des secteurs vitaux qui ne peuvent connaître des cessations de travail. Pour eux,  il n’est pas question  de continuer  à délaisser les justiciables  dans l’attente en privation de liberté en raison de grève de même que de voir des Béninois mourir dans les couloirs des hôpitaux sans agents de santé en cessation de travail. Me Adrien Houngbédji accuse les agents  de ces secteurs  d’abuser de l’exercice du droit de grève.  « Nous avons dû le faire parce que des abus sont connus dans l’exercice de droit. C’est mon devoir de le dire » a  justifié le chef du parlement béninois.

L’UNAMAB crie au complot

Les raisons évoquées par la majorité parlementaire et le gouvernement du Président Talon sont loin de convaincre les syndicats.  L’UNAMAB accuse le pouvoir de mener une tentative de vassalisation de la justice. « La finalité est d’assoir l’hégémonie du politique sur le pouvoir judiciaire aux fins de représailles et de règlement de compte » dénonce l’union des  magistrats dans un communiqué de remobilisation de la troupe.  L’UNAMAB assure qu’elle  combat pour  « une justice indépendante, gage de paix et de progrès » et qu’elle ne fléchira pas face au gouvernement et à la majorité parlementaire. C’est donc à l’arbitrage d’un combat de gladiateurs que la Cour Constitutionnelle du Bénin est  appelée.


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