Procès Gbagbo: la crainte de la CPI, selon l’avocat de l’Etat ivoirien

La rédaction
publié le 10 avril 2018

Avocat de l’Etat ivoirien dans le procès de Laurent Gbagbo, Jean-Pierre Mignard s’est exprimé sur le dilemme de la Cour pénale internationale quant à la libération ou non de l’ex-chef d’Etat ivoirien. C'est dans une interview.

jean-pierre-mignard Jean-Pierre Mignard, avocat de l'Etat ivoirien dans le procès Gbagbo

L'interview a été réalisée par RFI ce mardi. Lire ci-dessous un large extrait de son interview transcrite par Banouto.

 

RFI: Il y a un an avant son départ de l’Elysée, François Hollande a été sollicité par plusieurs chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest qui, au nom de la solidarité socialiste, lui ont demandé de relayer leur demande de libération de Laurent Gbagbo. Qu’est ce que vous en avez pensé ?

 

Jean-Pierre Mignard : Je pense que la solidarité socialiste c’est très bien. Mais si un dirigeant, fut-il membre de l’international socialiste, ait commis des faits qui lui sont reprochés aujourd’hui devant la cour pénale internationale (et quand même des accusations graves parce que ce sont des accusations de crime contre l’humanité) et bien  dans ces conditions, il n’y a pas de solidarité socialiste qui tienne. Donc cette demande n’avait aucune valeur et d’ailleurs François Hollande a eu tout à faire raison de ne pas souhaiter y répondre.

 

Avec Jean-Paul Benoît vous êtes l’avocat de l’Etat ivoirien dans le procès Laurent Gbagbo justement devant la Cour pénale internationale, si on dit par exemple que le verdict est attendu pour 2021-2022, est-ce qu’il est normal que l’ancien président reste en détention préventive pendant dix ans voire plus ?

 

Vous avez raison. La question qu’il faut se poser, parce qu’il faut que ce soient des délais raisonnables et donc, il revient à la Cour pénale internationale de juger dans des délais de temps qui ne soient pas anormalement longs. Ça c’est la première chose. La deuxième chose, c’est que lorsqu’une personne fait l’objet de poursuite aussi grave que celle-ci, on peut toujours, ça ne vaut pas uniquement pour monsieur Gbagbo ce que je dis, on peut toujours craindre qu’elle prenne la fuite. Voilà, justement le dilemme dans lequel se trouve la cour pénale internationale. C’est donc à elle de prendre la meilleure décision. Ce qui compte à la fin, c’est que monsieur Gbagbo puisse comparaître devant le juge, le jour venu, physiquement.

 

Donc vous n’êtes pas contre l’assignation en résidence ?

 

Je pense que sur ce point, c’est vraiment la cour qui doit le décider souverainement mais il ne faut pas non plus qu’une assignation en résidence soit l’occasion de réunir ses partisans, de faire harangues, des meetings. Donc sur ce point, il y a aussi des préoccupations d’ordre public à prendre en charge. Donc ce n’est pas si simple.

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  • KOUESSI Jacques
    il y a 5 mois

    N'y a-t-il pas possibilité que la justice ivoirienne ou celle africaine s'occupe du sort de Laurent GBAGBO?

  • KOUESSI Jacques
    il y a 5 mois

    N'y a-t-il pas possibilité que la justice ivoirienne ou celle africaine s'occupe du sort de Laurent GBAGBO?