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Bénin: mises en garde des anciens présidents à Patrice Talon

Léonce Gamai
publié le 14 avril 2018

Annoncé par les médias, le conclave Soglo-Yayi-Ajavon a eu lieu ce samedi 14 avril à Djeffa, près de Cotonou. La rencontre a été sanctionnée par une déclaration commune.

rencontre de djeffaPhoto de famille des membres de la Coalition pour la Défense de la Démocratie au Bénin

Nicéphore Soglo et Boni Yayi sont les deux anciens présidents de la république du Bénin, encore en vie. Le premier a dirigé le Bénin de 1991 à 1996. Le second a eu droit à deux mandats (2006-2016). Très remontés contre l’actuel chef d’Etat, Patrice Talon, Nicéphore Soglo et Boni Yayi ont décidé de se faire entendre. Ils se sont donc alliés à l’homme d’affaires et président d’honneur du parti Union Sociale Libérale (Usl) Sébastien Ajavon (à couteaux tirés avec le régime Talon) à Albert Tévoedjrè, au Front pour le Sursaut Patriotique, certains députés de l’opposition et des acteurs de la société civile pour créer la Coalition pour la Défense de la Démocratie au Bénin. A l’issue d’une rencontre ténue ce samedi 14 avril 2018, cette coalition a rendue publique une déclaration.

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Soglo, Yayi, Ajavon et leurs alliés ne font aucun cadeau à l’actuel président, Patrice Talon. Ils le rendent responsable, de par sa « gouvernance catastrophique », de la « grave crise» «aux dimensions multiples, politique, économique, sociale et culturelle » dans laquelle est «plongé le Bénin ». La gouvernance du pays, depuis l’avènement au pouvoir de Patrice Talon en avril 2016, est caractérisée, disent-ils, par «de graves conflits d’intérêts au sommet de l’Etat », « une opacité totale de la gestion des affaires du pays », «des privatisations sauvages (sous divers noms) des secteurs vitaux de l’économie nationale »,  «des licenciements massifs des travailleurs des secteurs structurés », « le mépris du peuple et le refus du dialogue franc »,  «des attaques frontales aux libertés fondamentales » et «une véritable chasse à l’homme, sous le couvert de la lutte contre la corruption ». Ils dénoncent aussi le « non-respect » des décisions de la Cour constitutionnelle par le président Talon et la non installation du Cos-Lépi en vue de l’actualisation du fichier électoral. Comme pour enfoncer le clou, ils accusent le président Talon «de violations manifestes » de son serment de président de la république.

«En cas de non satisfaction de ces exigences, le peuple béninois, Maître unique de sa souveraineté sera invité à prendre ses responsabilités, conformément à la Constitution.»

Après avoir étalé leurs récriminations, Nicéphore Soglo, Thomas Boni Yayi, Sébastien Ajavon et leurs alliés da la Coalition pour la Défense de la Démocratie au Bénin invite l’actuel locataire de la Marina à prendre certaines mesures. Il devra, «faire installer, sans délai, le Cos-Lepi conformément aux décisions de la Cour Constitutionnelle; faire procéder à un audit préalable de cette Lepi, en vue des élections législatives et présidentielles, constitutionnelles qui sont insusceptibles de report. Redonner la parole au Peuple en convoquant d’urgence une Assise nationale des Forces Vives de la nation en vue de redéfinir de nouvelles bases consensuelles de gouvernance du pays», énumère-t-il. Puis, le mettent en garde : «En cas de non satisfaction de ces exigences, le peuple béninois, Maître unique de sa souveraineté sera invité à prendre ses responsabilités, conformément à la Constitution.»

 

 


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