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Conclave de Djeffa : la contre-attaque de Talon se précise

Olivier Ribouis
publié le 21 avril 2018

Après la gigantesque mobilisation de l’opposition à Djeffa le samedi 14 avril, le président Patrice Talon qui avait affirmé être prêt à faire la politique affiche déjà ses cartes pour gagner les prochaines batailles électorales.

ajavon-talon Ce n'est plus l'amitié entre Patrice Talon et Sébastien Ajavon

Le Bénin aux portes d’une nouvelle élection législative. Il s’agit des législatives de 2019 qui s’approchent à grandes enjambées. Sur le terrain, la bataille pour la conquête de l’électorat a déjà commencé. 

L’opposition décidée à en découdre avec le régime de Patrice Talon affûte ses armes et sonne la grande mobilisation. Rentré en disgrâce avec le président Patrice Talon, Sébastien Ajavon, le deuxième plus riche homme d’affaire et homme politique du pays semble être prêt à tout pour empêcher le régime en place de conserver sa majorité écrasante au parlement. Après avoir lancé l’Union sociale libérale, son parti, il a réussi à réunir les anciens présidents Nicéphore Soglo et Boni Yayi, l’ancien médiateur de la république Albert Tévoêdjè et des leaders du Front pour le sursaut patriotique (FSP)  dans une grande coalition qui se dit pour la défense de la démocratie  au Bénin. C’est à Djeffa, sur les mêmes installations où il a lancé son parti, que cette coalition a fait sa première apparition le 14 avril dernier.

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Cette déclaration très à charge contre le régime Talon accuse celui-ci de saper les fondamentaux de la démocratie chère aux Béninois. Le front s’est aussi  fait menaçant envers le régime en ne cachant pas la possibilité d’appeler les Béninois à prendre leur responsabilité. L’image la plus commentée de cette rencontre sera celle des larmes versées par l’ancien président  et grand rival de Patrice Talon, Boni Yayi. Ces larmes seraient un véritable coup de communication politique pour reconquérir le cœur de l’électorat. Mais, le ayant pleuré dit que ses larmes sont l’expression d’une honte.

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Du tac au tac

Sur le terrain politique, le président Patrice Talon semble avoir bien du répondant. Il est visiblement en train de sonner le réveil de la troupe. On l’aperçu dans un conciliabule secret avec Bruno Amoussou, le président d’honneur de l’Union fait la Nation. Cette rencontre, la deuxième entre les deux personnalités en peu de temps,  est pour des analystes, l’expression d’une dynamique du président pour s’assurer d’avoir encore les cartes en main sur le terrain politique. Si les échanges entre le renard de Djakotomey et le Agbonnon (sobriquets donnés à Amoussou et Talon), ne semblent pas de taille à émouvoir le camp d’en face, la sortie surprise de la coalition de la rupture ce jeudi 19 avril est hautement expressive. Composée essentiellement des candidats à la dernière présidentielle qui se sont ralliés à Patrice Talon au second tour pour battre Lionel Zinsou, cette coalition à laquelle appartenait Sébastien Ajavon (3ème du premier tour)  peu bien faire mouche. A cette coalition s’ajoutent les députés  du Bloc de la majorité parlementaire au nombre de 59 qui font allégeance au Président Patrice Talon, dont la stratégie de contre-attaque se précise. Affaire à suivre.

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