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Patrice Talon: «Etre candidat en 2021 relève de mon droit absolu»

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 22 avril 2018

Invité de l’émission Internationale de Rfi, Tv5 et Le Monde, diffusée ce dimanche 22 avril 2018, le chef d'Etat béninois, Patrice Talon s’est exprimé sur la question de sa candidature à la prochaine présidentielle prochaine.

patrice-talon Patrice Talon entretient le mystère sur sa candidature en 2021

Patrice Talon sera-t-il candidat ou non à sa succession en 2021 ? Cette interrogation est sur les lèvres de nombreux Béninois et Etrangers après l’échec il y a un an du projet de réforme constitutionnelle devant instituer le mandat unique.

Ce dimanche, invité de l’émission Internationale de Rfi, Tv5 et Le Monde, le chef de l’Etat béninois qui avait promis de ne faire qu’un seul mandat à la tête du Bénin a répondu à la question sans pour autant lever l’équivoque.

«Etre candidat à nouveau en 2021relève de mon droit absolu», a répondu Patrice Talon à la question de savoir s’il briguera un second mandat.

Le chef de l’Etat estime qu’il n’a pas à se prononcer sur la question aujourd’hui. Cela, justifie-t-il, d’autant plus que  la réforme du mandat unique qu’il a voulu instituée n’a pas prospérer. Le président Talon a expliqué que ce n’est la volonté de briguer ou non un second mandat qui a motivé la réforme du mandat unique. « Ce n’est pas parce que je n’étais pas intéressé à être candidat à nouveau que j’ai suggéré cette réforme. J’ai suggéré cette réforme pour éviter le populisme », a déclaré Talon insistant qu’il pourrait se « représenter ».Ci-dessous ses réponses aux questions des jorunalistes sur le mandat unique. 

Transcription des échanges entre les journalistes et le président Talon sur sa candidature éventuelle en 2021

Journaliste: (...) Est-ce que vous défendez encore le mandat unique ? Si non, est-ce vous envisager de vous présenter en 2021 compte tenu de tous les projets que vous avez lancé ?

Patrice Talon: Je continue de croire que le mandat unique est une réforme pertinente pour l’état de notre pays. Ce que je dis ne concerne que mon pays et ce que j’observe. Parce que nous avons besoin de gouverner nos pays avec beaucoup de courage et sans faire attention aux besoins de populisme. Malheureusement, la quête d’un second mandat est toujours un facteur de populisme. On a le regard rivé sur les échéances électorales et on se garde de prendre les mesures difficiles, voire impopulaires. J’ai dit qu’il était souhaitable que nous pussions instaurer un mandat unique pour permettre aux gouvernants d’agir avec courage, efficacité et sans se soucier d’une réélection éventuelle parce qu’il faut reconstruire le pays sur tous les plans.

Ça n’a pas obtenu d’écho au Parlement…

Je pense que l’opinion et la classe politique n’étaient pas encore prêtes à cela. Mais il ne faut pas oublier que quand même une bonne majorité a voté en faveur de cette révision. Mais nous n’avons pas obtenu le quorum requis pour ça.

Vous pensez qu’il y aura plus d’écho après les élections législatives à venir ?

Je ne suis pas obstiné dans mes choix. Parce qu’il faut conduire aussi sa politique et ses successions de réformes avec l’évolution du pays et des mentalités et de la compréhension des gens. Donc, il ne serait pas bien de ma part de dire c’est ça ou rien. Nous pouvons continuer d’agir efficacement dans le pays, avec les réformes permettant la bonne gouvernance sans nous arrêter à ce point comme si c’était une condition sine qua none.

M. Le président, est-ce que vous allez briguer un second mandat ?

(Rire). A cette question, j’ai eu l’occasion de donner à maintes reprises ma réponse. Le mandat unique n’est plus d’actualité, en tout cas pas pour le moment. Est-ce que le chef de l’Etat,  le président actuel que je suis, je dis que le mandat unique reste pour moi un fondamental ou non ? Je vous donne la réponse, ce n’est pas un fondamental, ce n’est plus d’actualité à l’heure où je vous parle.

A (RE) LIRE: Bénin: Talon évoque son «retour potentiel en 2021» sans trancher

Cette question peut revenir. Alors, être candidat de nouveau en 2021 relève de mon droit le plus absolu. Je verrai bien si la réforme que j’ai voulu imprimer et qui devrait commencer par moi-même, si ça va revenir un jour ou non.  Mais être candidat de nouveau en 2021, je ne sais pas. Et je n’ai pas aujourd’hui à me prononcer la dessus parce que ce n’est pas cela qui m’a motivé dans la réforme. Ce n’est pas parce que je n’étais intéressé à être candidat à nouveau que j’ai suggéré cette réforme. J’ai pensé que cette réforme était utile pour éviter le populisme des gouvernants. Je ne suis pas dans le populisme.

Donc, vous allez vous présenter ?

Pourquoi ?

Mais tout indique que…

Je pourrai me présenter, mais aujourd’hui…

Vous avez le droit de vous présenter

Voilà, vous avez compris.

Mais est-ce que vous allez vous présenter ?

Je voudrais finir mon mandat dans le respect de mes engagements en ce qui concerne la bonne gouvernance, la résolution des problèmes de mon pays, l’eau, l’énergie, l’infrastructure, la santé, l’éducation…

Tout ne sera pas résolu en 2021. C’est pourquoi on vous pose la question

Même deux ou trois mandats ne suffiront pas pour résoudre les problèmes de ce pays. Jamais.  C’est une action continuelle. Alors, est-ce que je serai candidat, je verrai bien (rire).

 


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