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Nouvelle constitution au Tchad : Deby déverse des militaires au parlement

Olivier Ribouis
publié le 30 avril 2018

A Ndjamena où les députés ont entamé ce lundi 30 avril 2018, l’examen du projet d’une nouvelle Constitution, le parlement a été quadrillé par un impressionnant détachement militaire.

tchad-assemblee-nationale-parlement Devant le parlement à Ndjamena

Le Tchad vers une IVè République au pas de charge.  En dépit des nombreux appels de plusieurs regroupements de la société civile hostile au changement de la loi fondamentale tchadienne, c’est sous haute protection militaire que les députés ont entamé ce lundi l’examen du projet de la nouvelle Constitution devant aboutir à l’avènement de la IVè République.

Contre cette réforme forcée, 28 députés de l’opposition démocratique ont brillé par leur absence au parlement. Ce sont 129 députés qui ont répondu présents à l’appel nominatif au début de la session parlementaire.

Sous haute protection militaire, ces 129 députés majoritairement acquis à la cause du président Idriss Deby conduisent les activités d’examen de la nouvelle loi fondamentale pendant que massés dehors, les anti-changement de la Constitution dénoncent la mort de la démocratie au Tchad.

Cette nouvelle Constitution controversée est une promesse de campagne du président Idriss Deby  au pouvoir depuis plus de 27 ans.

Comme au Burkina Faso

La tension autour de ce changement de Constitution rappelle celle qui a conduit le peuple a chassé Blaise Compaoré du pouvoir le 30 octobre 2014. Le pouvoir de Ndjaména qui n’a visiblement pas tiré leçon de la révolte de Ouagadougou a aussi déversé des militaires aux alentours du parlement pour passer en force. C’est la loi du tyran qui a la prétention de faire le bonheur de son contre sa volonté. Et paradoxalement, c’est dans ce parlement encore appelé  « le Palais de la démocratie » que les députés examinent un projet de révision de la Constitution devant les canons.

Pas aussi organisés comme les Burkinabè qui ont sauvé leur pays de l’imposture, les Tchadiens épuisés par plus d’un quart de siècle de despotisme n’ont sûrement pas les moyens de faire face à des militaires habitués à tirer sur tout ce qui bouge. Triste scène à Ndjaména au pays d’un président qui se présente souvent comme un héros d’Afrique.


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