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Bénin-Révision / Constitution: Talon renonce à l'organisation du référendum

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 31 juillet 2018

Dans un message à la Nation ce mardi 31 juillet 2018, le président de la République du Bénin a annoncé qu'il n'organisera pas le référendum en vue de l'adoption ou non de la proposition d'amendement constitutionnel. 

patrice-talon Patrice Talon n'est pas pour l'organisation du référendum

Il n'y aura pas de référendum en vue de l'adoption ou non de la propositoon de modifcation de la constitution béninoise du 11 décembre 1990. Le chef de l'Etat, Patrice Talon, dans un message à la nation ce 31 juillet, veille de la célébration du 58ème anniversaire de l'accession à l'indépendance du Bénin, a annoncé qu'il a décidé de ne pas organiser cette consultation populaire. 

Cette décision qui surprend plus d'un, le Chef de l'Etat dit l'avoir prise non pas parce que l'initiative de la réforme constitutionnelle n'est pas pertinente mais parce que le référendum est "inopportun". Le président Talon a indiqué avoir pris également cette décision par contrainte juridique, notamment pas les contraintes de délais conformément à la loi référendaire. 

Extrait du message du président Patrice Talon à la nation

C’est dans ce contexte volontariste qu’est intervenue l’initiative prise par les députés d’introduire une proposition d’amendement de notre constitution qui se résume en quatre points :

-Inscrire l’abolition de la peine de mort dans la constitution pour lui donner une valeur supérieure à celle que lui confère le code pénal ;

-Créer une cour des comptes pour assurer la rigueur et la transparence dans la gestion des fonds publics et nous conformer aux différents traités internationaux que nous avons signés ;

-Améliorer la présence des femmes à l’Assemblée nationale par une disposition particulière permettant l’élection d’un nombre minimum de femmes, comme l’ont déjà fait de nombreux pays dans le monde et même en Afrique ;

-Regrouper autant que possible, les élections sans remettre en cause la durée du mandat du président de la République pour réduire leur impact sur les ressources de l’Etat et pour consacrer davantage de temps à l’œuvre passionnante du développement.

Cette initiative était des plus pertinentes, et il était permis de penser qu’elle ferait l’unanimité ou réunirait tout au moins, un nombre suffisant de députés pour que la révision soit acquise par la voie parlementaire. A la surprise des députés eux-mêmes et d’une grande partie de l’opinion publique, cette proposition de révision de la constitution a juste recueilli le vote favorable de 62 députés sur les 82 que comptent désormais l’Assemblée nationale, au lieu des 66 suffrages nécessaires.

Je rends ici, un hommage mérité aux députés qui ont initié, soutenu et voté ladite proposition. Je remercie l’opinion publique qui, dans sa très grande majorité, a appuyé ce projet d’amendement de la constitution.

A ce stade, la loi me donne la faculté de parachever cette réforme par l’organisation d’un référendum sur les quatre sujets débattus par l’Assemblée nationale et approuvés par 62 députés contre 20.

J’ai décidé, chers compatriotes, de ne pas user de cette faculté, et donc de ne pas organiser de référendum sur ce sujet.

D’abord, parce que dans son état actuel, la loi organique sur le référendum ne me permet pas d’y recourir sans méconnaître cette disposition essentielle. Je suis garant de la légalité républicaine.

Ensuite, parce que le coût de l’organisation d’un référendum mettrait à contribution, la trésorerie de l’Etat pour un montant incompatible avec ma volonté de consacrer nos ressources actuelles aux besoins vitaux de la population. Un référendum coûte cher. Et nous sommes à quelques mois des élections législatives.

La réforme initiée par l’Assemblée Nationale est importante certes, mais ne constitue pas, à mes yeux, pour l’heure, un enjeu prioritaire.


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