POLITIQUE 1 Commentaire

Bénin-Code électoral: Léhady Soglo alerte sur les risques d’une ''étrange'' réforme

La rédaction
publié le Aug 27, 2018

Dans une réaction publiée sur sa page facebook, Léhady Soglo s’est prononcé sur la réforme du code électoral en cours. L’ancien maire et président d’une aile de la Renaissance du Bénin a relevé dans la réforme trois cas de discriminations qui pourrait porter atteinte à la paix et à la quiétude. Réaction.

lehady-soglo Léhady Soglo, président d'une aile de la Renaissance du Bénin

La réaction du président de la Renaissance du Bénin, Léhady Vinagnon Soglo

La polémique en cours sur les nouvelles dispositions annoncées du code électoral mérite que tout citoyen s’y attarde, et apporte ses observations.

D'où vient-il que l'on veuille, au moyen de la loi, exclure une multitude de citoyens-ceux-là même au nom de qui et au bénéfice de qui l'on est appelé à légiférer-du droit, de la faculté d'être éligibles aux élections législatives et présidentielles; et peut-être encore éventuellement, demain, à d’autres élections?

À l'examen, le projet en étude dès demain, lundi 27 août 2018, recèle trois (03) discriminations.

La première véritable discrimination est basée sur le pouvoir financier; donnant lieu à une démocratie censitaire en porte-à-faux avec le multipartisme intégral proclamé sans ambages et à l'unanimité, par les délégués à l’historique conférence nationale.

Si la présente proposition déjà adoptée par la commission des lois, venait à être votée, en l'état, désormais, pour être candidat aux élections législatives ou à une élection présidentielle au Bénin, il faut être très riche.

Sont d’office exclus, et ce, quel que puissent être leur talent, leur génie, leur science, leur popularité, les citoyens modestes, l’écrasante majorité des jeunes et des femmes aux revenus modiques.

L'on devrait se demander pourquoi les concepteurs des nouvelles mesures d’exclusion, ont d’abord songé à l’argent, comme facteur de régulation, dans un pays de si grande pauvreté et de misère.

L’argument évoqué de l’imminence d’un financement public des partis politiques ne manque pas de pertinence.

Mais alors, pourquoi ne pas attendre l’avènement de la loi sur le financement public des partis avant de se précipiter à accomplir pareille œuvre, goupiller pareille manœuvre?

Tout aussi incompréhensible, demeure l’exclusion systématique de la diaspora et même des absents temporaires du territoire national pour diverses raisons, à travers l’interdiction de candidature aux non résidents durant une période de un (01) an avant l’élection; comme si notre pays pouvait se passer de ses fils résidant à l'extérieur pour réussir son développement.

Comme si toutes ces atteintes graves à la cohésion nationale ne suffisaient pas, il est envisagé l’interdiction de candidature aux anciens Chefs d'État à des élections législatives.

Le comble ici, c'est que notre parlement actuel aura choisi le ciblage et la personnalisation du débat électoral. Notre pays compte à ce jour deux anciens chefs d'État et il est de notoriété publique qu'ils sont en désaccord total avec le pouvoir actuel, au regard de son mode de gestion.

Ainsi, se mettent en place peu à peu des germes d’une partition de la classe politique, avec d’un côté, les exclus du débat public, parce que pauvres, opposants, exilés, résidents permanents ou temporaires, jeunes et femmes ; de l’autre les partisans du régime parmi les plus nantis. Des comportements qui, ailleurs, dans la sous-région, ont provoqué des perturbations dramatiques.

Le Bénin peut et doit faire l’économie d’une déflagration générale en générant un nouveau dialogue entre les acteurs politiques de tous bords avec pour mission principale d’élargir la compétition électorale au plus grand nombre. A défaut, les députés de la majorité et les bénéficiaires et commanditaires de ces mesures d'exclusion auront eu la lourde responsabilité d'avoir projeté notre pays dans un champ d'incertitudes, dont on peut redouter qu'il attente à la paix et à la quiétude.

J'émets cette adresse à l'endroit des députés à l'Assemblée nationale, en ce dimanche, veille de l'examen en session extraordinaire de cette étrange proposition de loi, pour attirer leur attention à cet effet.

Aussi, voudrais-je exhorter nos compatriotes en général, et ensuite les militants et sympathisants de la Renaissance du Bénin, la seule, l'unique, la vraie et l'authentique, en particulier, à se nourrir d'espoir et à poursuivre leur combat intrépide pour le rétablissement de l'État de droit et la consolidation des acquis du Renouveau démocratique.

Léhady Vinagnon SOGLO

Dimanche 26 août 2018

 


  • DOPEMOU
    il y a 1 an

    Monsieur Léhady SOGLO, j'admire votre courage mais je vous plains. Si vous avez vraiment vos couilles entre les jambes, rejoignez MAMAN au pays. Elle a retourné sa veste pour vous avant le démenti, vous devez renter au Bénin pour la SUPPORTER, et quittez le JUPON DE MAMAN et SURTOUT QUITTEZ LA FRANCE QUE VOUS N'AVEZ JAMAIS SAUF PAR INTÉRÊTS. Nous vous attendons de pied ferme.