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Bénin: reproches du parti de l’opposant Houngbadji contre le nouveau Code électoral

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 4 septembre 2018

Le nouveau code électoral adopté lundi 3 septembre par l’Assemblée nationale du Bénin suscite déjà de vives contestations. Dans une déclaration de presse, le Parti pour la libération du peuple (PLP) de Léonce Houngbadji relève des dispositions discriminatoires dans le texte de loi et appelle la communauté internationale à agir avant qu’il ne soit trop tard.

leonce-houngbadji Léonce Houngbadji et son parti ne veulent pas du nouveau code électoral

Le nouveau code électoral du Bénin a du mal à passer dans le camp de l’opposition béninoise, notamment chez le Parti pour la libération du peuple (PLP). Le texte de lois adopté lundi 3 septembre est resté en travers de la gorge des responsables du parti.

Dans une déclaration de presse parvenue à Banouto, le parti que dirige le jeune opposant Léonce Houngbadji estime que le nouveau code électoral est un « véritable poison ». Entre autres griefs que la nouvelle loi électorale : les cautionnements pour participer aux élections législatives et présidentielle.

La caution pour prendre part à la députation est désormais fixée à 249 millions francs CFA par liste et celle pour voir sa candidature à la présidentielle validée est de 250 millions FCFA.

Ces cautionnements, selon le PLP, sont exagérés et très exclusifs. « Cette prétendue réforme présente des germes de vices et de discrimination. Elle paraît comme un instrument de promotion de l’aristocratie dans un pays où le SMIG est de 40 000 F CFA. Cette disposition consacre une rupture d’égalité de tous les Béninois devant la chose politique au profit de la mafia, cette classe oligarchique économiquement plus forte », juge le parti d’opposition.

La nouvelle loi électorale adoptée instaure un pourcentage de 10% à obtenir par parti aux législatives pour avoir un siège à l’Assemblée nationale. Cette disposition n’agrée pas non plus le PLP qui y voit une   manœuvre pour « empêcher paradoxalement l’ancrage territorial d’un parti politique d’opposition ». 

Pour voir sa candidature à une élection validée, chaque candidat devra donner la preuve de sa régularité vis-à-vis du Fisc sur les trois dernières années à travers la présentation d’un quitus fiscal. « La formulation et le procédé de délivrance du quitus fiscal, pense le parti, posent de sérieux problèmes, vu que l’autorité de délivrance est assurément l’administration, le bras opérationnel du pouvoir exécutif duquel elle reçoit ses orientations ». Le parti craint que « le pouvoir exécutif, qui organise une élection politique, recherche, sous des motivations fallacieuses et politiques, l’éviction d’un candidat sérieux par le biais de la non délivrance du quitus fiscal ».

Pour le parti au logo bleu avec un cheval blanc, le nouveau code électoral est « police politique mise en place pour empêcher la compétition électorale et réprimer les partis d’opposition ». Raison pour laquelle,  il appelle la communauté internationale, l’Union africaine, la Cedeao, l’Union européenne et les Nations Unies à « réagir avant qu’il ne soit trop tard ».

 


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