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Bénin: Ça «Bloque» à double vitesse derrière le Président Talon

Leonce Gamaï
publié le 23 novembre 2018

Au Bénin, dans le chassé-croisé pour la constitution de grands blocs politiques, dans le cadre de la réforme du système partisan, l’on assiste à deux tendances dans le camp du Président Patrice Talon. Et visiblement, les acteurs ne se font pas mutuellement confiance. 

patrice-talon-adrien-houngbedji Patrice Talon et Adrien Houngbédji

Le tandem Talon-Houngbédji est sur le point de rentrer dans l’histoire politique du Bénin. Rêvée par le président de l’Assemblée Nationale et portée par le Chef de l’Etat, la réforme du système partisan avance à grands pas. Malgré les critiques de l’opposition, les députés du Bloc de la Majorité Parlementaire (BMP), favorable au Président Talon ont adopté deux propositions de lois portant respectivement charte des partis politiques et code électoral, votés respectivement fin juillet et début septembre 2018 au Parlement. Le second contenant des dispositions pour contraindre la classe politique à se conformer au premier. La nouvelle charte des partis politiques corse les conditions de création d’un parti politique en faisant passer le nombre de membres fondateurs de 120 (10 par département) à 1115 (15 par communes). Le nouveau code électoral, lui, consacre une augmentation vertigineuse des cautions pour les candidats aux élections présidentielle (250 millions) et législatives (249 millions par liste de candidats), puis définit de nouvelles conditions de répartition des sièges de députés au Parlement.  Désormais, pour obtenir un siège, le parti doit réunir au moins 10% des suffrages exprimés au plan national. L’objectif de ces réformes politiques majeures est de rationaliser le paysage politique en vue de renforcer la démocratie béninoise, considérée comme modèle en Afrique Subsaharienne.

Troisième front

Depuis, c’est le branle-bas au niveau de la classe politique, notamment dans la majorité présidentielle. A la demande du chef de l’Etat, les partis et mouvements politiques acquis à sa cause se répartissent en deux grands blocs. D’un côté, le Bloc progressiste formé autour de l’Union fait la Nation et de la RB (aile Zinzindohoué) et plusieurs organisations politiques du sud et du sud-ouest du pays. De l’autre côté, le Bloc républicain qui se constitue autour du PRD et de la Dynamique unitaire ; basé au sud-est et dans le nord du pays. Un troisième bloc a émergé avec la déclaration du parti UDBN. A l’issue d’un congrès extraordinaire à Cotonou, tout en réaffirmant son soutien au président Patrice Talon, le parti présidé par la députée Claudine Prudencio a décidé d’aller aux élections législatives sous sa propre bannière pour préserver les intérêts de ses militants, «majoritairement jeunes et femmes». 

 «Petits égos et influences»

Dans ce chassé-croisé pour la constitution de deux grands blocs politiques, l’on assiste à deux tendances dans le camp présidentiel. Au niveau du Bloc Progressiste, tout semble aller comme sur des chapeaux de roue.

Mais du côté du Bloc républicain, la machine rame.  «Nous avons deux blocs qui appartiennent à la majorité présidentielle. Nous avions pensé qu’on pouvait nous mettre tous ensemble pour faire un seul parti politique. (…) Mais... 

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