Côte d’Ivoire: Soro, «c’est fini, je ne suis plus dans les palabres»

Léonce Gamai
publié le 3 janvier 2019

Le chef du Parlement ivoirien, s’est entretenu avec la chefferie traditionnelle de la ville de Ferkessédougou, au nord de la Côte d’Ivoire. 1er janvier 2019, autour du déjeuner de nouvel an dans son village natal de Lafokpokaha, Guillaume Soro, s’est un peu vidé.

guillaume soro cote d'ivoire Guillaume Soro

 

Dans sa carrière politique, Guillaume Soro ne veut pas revivre certaines expériences de 2018. Pour le chef du parlement ivoirien, l’année écoulée a été éprouvante avec notamment la guéguerre au sein de la majorité présidentielle dont il est une figure emblématique. Dans cette «querelle familiale», l’on a d’ailleurs un temps évoqué des relations tendues entre Alassane Ouattara, le chef d’Etat ivoirien et Soro Guillaume, pourtant de vieux partenaires politiques. «Ça été une année difficile. Les années difficiles, on en a connu. Je vous demande de prier pour qu’en 2019, je ne souffre plus parce que je ne veux plus souffrir, je ne veux plus avoir de problèmes», a lancé le Guillaume Soro à la chefferie traditionnelle de Ferkessédougou, sa ville natale. Dans des propos publiés sur son site web officiel, lors d’un déjeuner le 1er janvier 2019, à l’occasion du nouvel an, le chef du Parlement est revenu, parfois avec allégorie, sur certains faits de la brouille entre (les caciques) du camp Ouattara et lui.

«En 2018, quand on me salue, et quelqu’un a pris photo pour envoyer, on te renvoie de ton travail. Tous mes collaborateurs ont été renvoyés. Ils n’ont rien fait de grave», a-t-il regretté, faisant allusion au limogeage de certains de ses proches de l’appareil gouvernemental.

«Arrêtons!»

Dans ce talk politique de 2019, Guillaume Soro évoque aussi son rapprochement avec l’ex-chef d’Etat, Henri Konan Bédié. Membres du RHDP, la coalition au pouvoir depuis 2010, Ouattara et Bédié se sont brouillés avec le projet de transformation de cette coalition en un parti politique, puis la question de sa candidature unique à l’élection présidentielle de 2020. Avec son parti le PDCI-RDA, Bédié a claqué la porte au RHDP, finalement transformé en un parti unifié. Au regard des enjeux, la posture de Guillaume Soro vis-à-vis de l’ancien chef d’Etat est mal vue dans le camp Ouattara. «C’est fini, moi je ne suis plus dans les palabres. Je vous le dis, que personne ne vienne me voir pour demander d’aller combattre Bédié. Bédié ne m’a rien fait. Je vous le redis, j’ai fini les palabres. Je suis maintenant au temps du pardon», a assuré Guillaume Soro.

L’ancien patron de la rébellion de septembre 2002 soutient que la Côte d’Ivoire a souffert pendant  les trois dernières décennies, des querelles entre trois personnalités: Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

«En 90, Houphouët était Président, Bédié était son président de l’Assemblée, Alassane était son Premier ministre, Gbagbo était son principal opposant. On va vivre 30 ans en train de se battre, se quereller ? Quand l’un est fâché avec l’autre, devons-nous tous se mettre avec lui pour le combattre ? Pourquoi ? », raconte le natif de Lafokpokaha

«Arrêtons ! Moi je ne peux pas me fâcher bêtement au hasard comme cela, martèle-t-il. Quand l’un est fâché avec l’autre, on veut que nous soyons tous fâchés contre lui. Quand il rit le lendemain avec lui, on veut que nous rions tous avec lui. Nous sommes fatigués des ‘’fâchements’’.  Qu’ils s’entendent, que la Côte d’Ivoire marche bien. Qu’ils commencent à donner ce qu’il faut pour que les Ivoiriens s’épanouissent. Mais c’est fini, on ne fera plus de palabre pour quelqu’un, ni avec quelqu’un, ni pour quelqu’un. Ce qu’on veut, c’est la paix. Donc si pour ça on doit m’insulter, on doit me chasser, qu’on me chasse. Je ne fais plus palabre pour quelqu’un ou de quelqu’un. La seule chose qu’il faut faire, c’est la paix. Trente ans après, on ne peut pas continuer…»


  • My self
    il y a 6 mois

    Qu'il nous dise d'abord pourquoi il était dans les palabres.

  • Prince
    il y a 5 mois

    Il est bon de se souvenir du mal qu'on a fais dans le passe et demander pardon que de continuer à faire du mal. Chers ivoiriens il est temps de quitter dans les palabres car nous a n'avons tous fais et allons au pardon comme le Soro. Merci à tous d'appliquer la paix car comme notre père fondateur FHB et je cite " la PAIX ce n'est pas un MOT mais un COMPORTEMENT". Appliquons donc ce comportement.