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Bénin-Icc-Services: clarifications sur le cas Boni Yayi et ses anciens ministres

Falilatou Titi
publié le 10 février 2019

Juriste, acteur de la société civile et sociologue éclairent la lanterne du peuple béninois après le verdict du procès de la structure illégale de collecte d’épargne et de placement de fonds, Investment Computering Company Services (ICC-Services). Charles Badou, Joël Ataï Guèdégbé et Patrick Hinnou étaient sur la radio nationale ce dimanche 10 février 2019.

Bénin Boni Yayi et affaire icc services L'ex-chef d'Etat béninois Boni Yayi et ses ministres peuvent toujours être poursuivis dans le dossier Icc-Services

 

Du 17 décembre 2018 au 6 février 2019, plusieurs autorités politico-administratives ont été citées dans le procès de l’Investment Computering Company Services (Icc-Services). Parmi-celles-ci, se trouvent l’ancien Chef d’Etat béninois, Boni Yayi et plusieurs anciens ministres entre 2006 et 2010. Après avoir présenté son réquisitoire, le Procureur Spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a souligné que les personnalités dont les noms ont été longuement été cités pendant l’instruction à la barre doivent être poursuivies.

Le magistrat Gilbert Togbonon, a soutenu que ces personnalités ont fragilisé l’Etat en le rendant comptable du scandale Icc-Services. Les considérant comme «co-auteurs », il y a lieu de les poursuivre. La Criet, dans son verdict n’a rien dit sur cet aspect, laissant l’opinion dans des interprétations diverses. «Il n’y a pas eu de réquisitions contre eux parce qu’ils ne sont pas poursuivis»,  a fait savoir Me Charles Badou, avocat au barreau du Bénin, sur l’émission « 90 minute pour convaincre » de la radio nationale.

Selon l’avocat, si poursuite il y a, à l’encontre de ses personnes, c’est la Haute Cour de Justice qui pourrait les entendre. Selon la constitution, explique-t-il, seule cette juridiction est habilitée à entendre les membres du gouvernement, encore en service ou non, pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Mais avant, précise-t-il, faudrait déclencher, en saisissant le Parlement, procédure d’autorisation de leur poursuite.

Pendant que certains parlent de justice équitable, d’autres soutiennent l’idée d’un acharnement. Ce deuxième avis, Joël Ataï Guèdégbé, acteur de la société civile ne le partage pas. Invitée sur la même émission, il a tenté de justifier la nécessité d’entendre des personnalités qui ont occupé des postes stratégiques au moment des faits. «Nul ne saurait se soustraire de la justice. (…) L’essentiel est de faire les choses selon les règles de droit et la transparence», a-t-il martelé. Selon l’acteur de la société civile, même s’il est difficile de savoir ce que trame le politique (mouvance ou opposition), ce qui est attendu, c’est le «sens du discernement».

Dr Patrick Hinnou, sociologue et politiste en appelle également à ce sens de discernement. Pour lui, autant une fonction implique des avantages, autant elle implique des responsabilités. Pour avoir exercé au nom de l’Etat, il pense que ces personnalités devraient en répondre. Toutefois, le sociologue émet des réserves. «Il faut craindre une certaine politisation. C’est dans ce sens qu’il faut voir l’opportunité ou l’inopportunité de la poursuite ».

 


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