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Bénin/Rencontre à la présidence : l’opposition parle d’un échec et accuse le président Talon

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 26 février 2019

Les responsables de l’opposition ont animé lundi 25 février, tard dans la nuit, un point de presse pour rendre compte de leur rencontre avec le chef de l’Etat dans le cadre des législatives.

opposition Les responsables de l'opposition déçus de la rencontre avec Talon

Plusieurs heures d’échanges…et rien. L’opposition est ressortie de la rencontre le président de la République bredouille. « On n’a pas bougé. On a rien obtenu », a déclaré face à la presse Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir. « Ce qu’on a dit là-bas ne comble pas nos attentes », a insisté l’ancien ministre délégué chargé de la défense nationale. Il fait savoir que la rencontre au palais de la présidence de la République avec le président Talon a juste permis à la délégation des opposants de constater qu’ « on ira pour la première fois, (au Bénin) à des élections sans l’opposition ». Une première qui, selon Candide Azannaï, ne sera pas sans conséquence sur la démocratie béninoise tant appréciée de par le monde. « Dans quelques heures, si la situation est telle qu’elle est, le Bénin va perdre sa démocratie », prévient-il. « L’élection, fait savoir l’ex-ministre Azannaï, est fondamentale pour la démocratie. Si on tue les élections, il n’y a pas de démocratie. Et tuer les élections, c’est organiser un scrutin sans l’opposition ».  

Le président du parti Restaurer l’Espoir, dans sa restitution de la rencontre, est revenu sur les actions menées par l’opposition en vue de l’obtention du certificat de formalité et le quitus fiscal. Selon l’ex-ministre, contrairement à ce qu’a laissé croire le chef de l’Etat, l’opposition s’est pliée en quatre dans la quête des pièces qui, à en croire l’opposition, certaines, ont été « inventées » par le pouvoir. « Nous avons fait tous les efforts nécessaires », assure Candide Azannaï

Volonté manifeste d’exclure l’opposition

Revenant sur les événements qui sont survenus tout au long du mois de février, le président du parti RE fait observer que les derniers développements mettent au grand jour « la volonté manifeste d’exclure l’opposition » du processus électoral. « Nous avons compris aujourd’hui, que quel que soit ce que l’opposition ferait, le plan, c’est de l’exclure », appuie Eric Houndété, vice-président de l’Assemblée Nationale et membre de la délégation à la présidence de la République.

Le député souligne qu’à coups d’ « interprétation personnelle et personnalisée », le président Talon a voulu laisser croire dans l’opinion que les opposants étaient en quête de faveur mais plutôt la jouissance de leur droit. « L’opposition n’a pas demandé de faveur », déclare-t-il. Le vice-président du Parlement indique que contrairement à leurs attentes, la rencontre était une « réunion où on avait besoin de one man show ».

Crise

Membre de la délégation chez Talon, le député Guy Mitokpè estime qu’il y a déjà une crise. Cette crise dont il parle, le député attribue sa responsabilité au chef de l’Etat. « Nous sommes dans une crise créée par le chef de l’Etat et son gouvernement », a déclaré le député élu dans la 16ème circonscription. « Nous sommes obligés de défendre notre démocratie », a poursuivi le député pour qui « personne ne doit remettre en cause la démocratie ».

Dans son combat contre ce qu’ils appellent « exclusion de l’opposition », les partis Restaurer l’Espoir, FCBE et leurs alliés veulent pouvoir compter sur le peuple qu’ils invitent à la mobilisation.


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