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Bénin: les FCBE refusent de sacrifier Yayi, Koutché et Djènontin pour exister

Léonce Gamai
publié le 20 juillet 2019

Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE)  n’entend pas se plier à toutes les exigences du ministère de l’Intérieur dans le cadre de la finalisation du processus de sa formalisation, conformément à la charte des partis politiques.

boni yayi et valetin djenontin Valentin Djènontin (à gauche) et Boni Yayi à une activité des FCBE en 2018

 

Création de nouveaux partis, organisation de réunion constitutive, actualisation des statuts et règlement intérieur sont quelques une des recommandations faites aux partis politiques en quête d’existence légale, par le ministère de l’Intérieur. Dans la suite logique de la réunion de concertation entre ces partis et le président de la république en début de semaine, le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, les a reçus en fin de semaine.  L’objectif pour le ministère était de communiquer à chaque parti les insuffisances de son dossier puis lui faire des recommandations. On apprend qu’en plus des questions relatives aux réunions constitutives et les textes fondamentaux, le ministère de l’intérieur recommande à ces partis d’éviter d’élire dans leurs instances dirigeantes des personnes recherchées ou condamnées par la justice.

«C’est une exigence illégale qui n’existe dans aucun texte de la république», a protesté Nourenou Atchadé, porte-parole du parti Forces cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), dans un entretien téléphonique avec la rédaction de Banouto. «Une fois que ces personnes ne sont pas condamnées par la justice, on ne peut pas les exclure de nos instances dirigeantes», explique l’ancien député.

Yayi, Djènontin, Koutché, Dossou...

L’un des principaux partis d’opposition au régime Talon, FCBE est le parti de l’ex-chef d’Etat, Boni Yayi, qui en est le président d’honneur. L’ancien ministre et député Valentin Djènontin est le Secrétaire exécutif national, puis Komi Koutché, dernier ministre des finances de Boni Yayi, le 2ème secrétaire exécutif national adjoint. Ces trois personnalités, tous hors du Bénin, ont des démêlés avec la justice du pays.

Valentin Djènontin est poursuivi dans une affaire de malversation financière présumée dans la filière coton, commise pendant son séjour au gouvernement sous Yayi. Le Parlement a d’ailleurs voté la levée de son immunité parlementaire et l’autorisation de sa poursuite en septembre 2018. Il est aussi recherché dans une affaire de vol de document administratif au ministère de la justice. L’ancien député s’est exilé en France depuis fin 2018.  

Komi Koutché, 2ème secrétaire exécutif national adjoint, est lui poursuivi pour une affaire de mauvaise gestion du Fonds national de la microfinance (FNM) qu’il a dirigé entre 2008 et 2013. Hors du Bénin, depuis 2016, il avait été arrêté à Madrid mi-décembre 2018.  La demande de son extradition formulée par les autorités béninoises a été rejetée par la justice espagnole.

L’ancien chef d’Etat, Boni Yayi, président d’honneur du parti FCBE, est quant à lui cité dans les violentes manifestations ayant secoué Cotonou les 1er et 2 mai 2019. Evoquant des raisons de santé, il s’est opposé à son audition par le juge d’instruction jusqu’à son départ du pays, fin juin. En plus de ces trois personnalités, plusieurs cadres du parti Cauris dont les anciens ministres Aboubacar Yaya et Simplice Codjo sont dans des affaires en justice pour des présumés fautes commises pendant leur séjour au gouvernement. Il est de même pour  Idrissou Bako, ancien directeur général de la Sonapra.

Pour les FCBE, accéder aux exigences du ministre reviendrait donc à se passer de tous ces ténors politiques du parti. Le Secrétaire à la communication et porte-parole des FCBE soutient que le ministre de l’intérieur, Sacca Lafia «ne peut pas imposer aux partis leurs dirigeants en fixant des conditions qui vont éliminer les responsables du partis». «La charte des partis politiques n’a jamais dit que si quelqu’un a une convocation de la justice ou du commissariat, il ne peut pas diriger un parti politique», a insisté l’ancien député Nourénou Atchadé. On apprend que le parti reste disposer à se pencher sur les autres exigences du ministère.  


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