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Bénin : le député Bako-Arifari évoque le déficit de légitimité du nouveau parlement

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 2 octobre 2019

Revêtu du manteau de scientifique, le député Nassirou Bako-Arifari, à l’aune du faible taux de participation, a dit ses vérités sur la légitimité du nouveau parlement élu lors des dernières élections législatives du 28 avril 2019.

Issue des élections législatives controversées du 28 avril 2019, l’Assemblée nationale du Bénin, 8ème législature, continue de faire débat, notamment quant à sa légitimité. Lors d’un séminaire organisé les 19 et 20 septembre à Cotonou à l’intention des députés, Nassirou Bako-Arifari, dans un franc-parler du scientifique, a choqué ses collègues sur la question de la légitimité.

Dans une communication intitulée ''Les défis de la fonction de représentation du parlementaire dans une législature élue avec un faible taux de participation au scrutin'', le député a, à l’aune du taux record d’abstention, montré que le parlement souffre d’un déficit de légitimité. « L’élection peut revêtir toute la légalité conformément au code électoral, mais dans un contexte de faible taux de participation, elle risque de ne plus apparaître comme un moyen efficace de détermination de la volonté populaire dans un processus de désignation des représentants du peuple. Il s’agit d’une pathologie politique, une anomie conjoncturelle qui peut biaiser si ce n’est discréditer le statut des représentants du peuple », a déclaré le sociologue, rapporté par Fraternité.

L’enseignant souligne que c’est le cas au Bénin de la 8ème législature du parlement qui a enregistré le plus fort taux d’abstention jamais connu en 30 ans d’expérience démocratique.  « Est-il acceptable qu’un quart du corps électoral élise les membres d’une représentation nationale dans un pays, quelles que soient les circonstances du moment ? », interroge Nassirou Bako-Arifari pour qui la thèse de l’usurpation électorale semble plausible si l’abstentionnisme est l’expression de l’adhésion des électeurs à la cause des ''exclus''.  

Rappelant que le parlement est l’institution majeure de la représentation du peuple et qu’il doit être l’expression de la diversité d’opinions au sein du peuple, Nassirou Bako-Arifari juge problématique l’absence de l’opposition au régime du président Patrice Talon. « Il est largement admis que le parlement contribue à la pacification de la vie politique, d’où la nécessité d’avoir une représentation pluraliste », a fait savoir le député qui se demande : « comment avoir une minorité de blocage dans un parlement monocolore ? »


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