POLITIQUE 0 Commentaire

Bénin/Révision de la constitution: Ibrahim Salami parle des limites du parrainage

Falilatou Titi
publié le 3 novembre 2019

Le professeur Ibrahim Salami s’est prononcé sur la question du parrainage des candidats aux élections présidentielles, à compter de 2021. L’universitaire a défendu sa position sur l’émission « 90 minutes pour convaincre » de la radio nationale ce dimanche 3 novembre 2019.

prof-ibrahim-salami-juriste-beinois Prof Ibrahim Salami, juriste béninois

Si la Cour constitutionnelle ne trouve aucune objection, la nouvelle constitution adoptée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2019, à l’Assemblée nationale, sera promulguée par le président de la République. Dans cette nouvelle loi fondamentale, une disposition de l’article 44 dit que nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est « dûment parrainé par des élus communaux et ou des députés ». Selon le député Abdoulaye Gounou, cette disposition a été instaurée pour régler la question de la transhumance politique.

Une position qui pose problème selon le Prof Ibrahim Salami. Invité pour aborder les grandes lignes et modifications apportées dans la nouvelle loi fondamentale, dans l’émission « 90 minutes pour convaincre » sur la radio nationale, le juriste a émis des réserves sur cette nouveauté. « Le système de parrainage en soi n’est pas mauvais. Mais dans notre contexte actuel, ça peut être un élément crisogène », a soulevé Ibrahim Salami.

Pour soutenir son argumentaire, l’universitaire fait allusion à la composition de la huitième législature. « Tous ceux qui n’ont pas de parrainages de députés n’auront pas de possibilité d’être candidat et ça pose problème » poursuit-il en se demandant si l’intention du législateur n’est pas d’exclure de la course à la présidentielle, les aspirants dont les partis ne sont pas représentés au parlement. Sur cette question, le député Abdoulaye Gounou, membre de la commission des lois au parlement, son co-débateur précise que dans la disposition, il ne s’agit pas seulement de parrainages de députés.

Là encore, soutient le Prof Salami, ça pose un problème. Car, justifie-t-il, certains candidats ont deux possibilités alors que d’autres n’auront qu’une, vu que leurs partis n’ont pas de députés à l’Assemblée nationale. Mieux l’universitaire, observateur de la scène politique au Bénin depuis plusieurs années, estime que la tâche sera plus compliquée pour ces derniers. « C’est encore plus difficile. (…) Des conseillers communaux se sentent obligés de soutenir le Chef de l’Etat ou les partis pro-gouvernementaux », pour s’assurer que leur siège est en sécurité.

Autrement dit, il sera difficile pour un candidat, dont le parti n’est soit au conseil communal, soit au parlement, de compter sur des élus communaux ou des députés pour recueillir des parrainages. Pour lui, même s’il y a le débauchage comme le dit Abdoulaye Gounou, la question du parrainage reste une question délicate dans le contexte qui prévaut au Bénin.


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci