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Bénin/Présidentielle : le parrainage, une nouvelle mesure d’exclusion selon Joël Aïvo

Donald Kévin Gayet (Stag)
publié le 22 novembre 2019

Dans un entretien spécial sur Sikka TV le jeudi 21 novembre 2019, le professeur Joël Aïvo s’est prononcé sur la révision de la constitution. Selon le constitutionnaliste le système de parrainage est un choix inapproprié dans le contexte actuel.

prof-joel-aivo-constitutionnaliste-beninois Prof Joël Aïvo, constitutionnaliste béninois

Le professeur Joël Aïvo ne partage pas l’introduction du système de parrainage dans la constitution votée le 1er novembre 2019. Il n’est pas d’accord avec cette disposition qui autorise 160 personnes à choisir celui qui va rester à la tête du pays pour un mandat de cinq ans. « Je suis malheureux pour mon pays », a-t-il lancé, préoccupé. Selon lui, le parrainage est un mécanisme d’exclusion, c’est-à-dire un système destiné à empêcher la compétition. « C’est l’autre certificat de conformité », a comparé le professeur de droit constitutionnel. Le constitutionnaliste a estimé que le système de parrainage peut conduire le Bénin dans le gouffre. Car explique-t-il, les plaies des Béninois, issues des législatives controversées d’avril 2019, ne sont pas encore cicatrisées. 

Joël Aïvo considère le système de parrainage comme « un choix inapproprié et crisogène » du fait qu’il n’y a pas eu du consensus autour de cette révision de la loi fondamentale du Bénin. Par ailleurs il souhaite ne pas avoir raison quand il a qualifié les réformes entreprises, notamment sur le système de parrainage par le Chef de l’Etat et les députés de la 8ème législature de « mortifères ». L’universitaire a déploré cette réforme et pense qu’on aurait pu choisir un moment approprié pour réviser la constitution du 11 décembre 1990.

Le certificat de conformité est entre autres une des pièces maitresses qui ont empêché plusieurs partis, notamment de l’opposition de prendre part aux législatives d’avril. Selon le ministère de l’intérieur, ces formations politiques ne se sont pas conformées à la loi portant charte des partis politiques. Pour plusieurs acteurs politiques notamment de l’opposition, des observateurs de la scène politique et même certains citoyens, c’est à cause de cette pièce, instaurée à quelques semaines des législatives par la Cour constitutionnelle, que seuls les deux partis proches du pouvoir ont compéti pour faire élire les représentants du peuple béninois à l’Assemblée nationale.  D’où le concept d’élections « exclusives ».


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