POLITIQUE 0 Commentaire

CRIET: début du procès FNM, probables raisons de l’absence de Komi Koutché

Ozias Hounguè
publié le Apr 3, 2020

Komi Koutché, ministre de l’économie et des finances du Bénin, sous le régime de  l’ancien président Boni Yayi n’est pas présent au procès de l’affaire du Fonds national de la microfinance (FNM), ouvert ce vendredi 03 avril à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Plusieurs raisons pourraient justifier son absence.  

Le siège de la CRIET à Porto-Novo

Un procès sans le principal accusé devant les juges de la CRIET. Le procès de Komi Koutché dans le cadre du dossier d’accusation de mauvaise gestion au Fonds National de Microfinance (FNM) s’est ouvert, en son absence, ce vendredi 03 avril 2020 à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Il est accusé d’avoir mal géré le FNM lors de son passage à la tête de l’institution entre 2008 et 2013. Ses co-prévenus et lui sont accusés de mauvaise gestion pour un montant qui avoisine les 85 milliards Fcfa.

Si l’ex-argentier national avait le désir de se présenter à son procès ce vendredi 03 avril 2020 à la CRIET, il ne pourra malheureusement pas effectuer le trajet pour la CRIET.

Absence de passeport

La première raison est que l’ancien candidat à la présidence de l’Assemblée nationale du Bénin ne dispose plus d’un passeport béninois.

L’actuel ministre de la justice du Bénin, Sévérin Quenum à travers une correspondance adressée le 27 août 2018 au ministre de l’intérieur, Sacca Lafia, avait demandé l’annulation du passeport ordinaire de Komi Koutché. Le ministre béninois de la justice a évoqué comme raison dans sa correspondance les poursuites judiciaires engagées contre Komi Koutché.

Les avocats de Komi Koutché ont ensuite saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) contre la décision des autorités béninoises.

Dans une ordonnance portant mesures provisoires rendue le 02 décembre 2019, la Cour africaine, basée à Arusha en Tanzanie, a demandé à l’Etat béninois de surseoir provisoirement à la procédure relative à l’annulation du passeport ordinaire en attendant qu’elle se prononce sur le fond du dossier.  

Des proches de l’opposant béninois confient qu’il n’a pas encore reçu notification officielle du rétablissement de son passeport.

L’arrêté Lafia-Quenum

L’absence de Komi Koutché au procès de ce vendredi 03 avril 2020 à la CRIET pourrait aussi s’expliquer par l’arrêté interministériel en date du 22 juillet 2019 signé par les ministres béninois de l’intérieur, et de la justice, Sacca Lafia et Sévérin Quenum.

komi koutche Komi Koutché

Cet arrêté interministériel interdit l’établissement et la délivrance des actes de l’autorité aux personnes recherchées par la justice béninoise.

Dans cette catégorie de documents se trouvent les extraits d’actes de naissance, le passeport, la carte nationale d’identité, la carte de séjour, la carte consulaire, le certificat de résidence, le certificat de possession d’Etat, l’attestation, le sauf-conduit, la carte d’électeur, le quitus et d’autres documents.

L'arrêté interministériel prive l’ex-ministre et d’autres personnes recherchées par la justice béninois de tous les documents de voyage.

La pandémie de coronavirus

Le dossier FNM impliquant l’ex-argentier national s’est ouvert en pleine pandémie du coronavirus. Selon ses proches, Komi Koutché vit dans une partie des Etats-Unis où l’ordre est donné aux habitants de rester à la maison ; le « stay-at-home order »en raison du COVID-19.

Par ailleurs, dans la riposte contre le coronavirus, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aériennes ; rendant ainsi difficile le déplacement de l’Amérique vers l’Afrique de l’Ouest.  

Extradition manquée

Dans le cadre d’un mandat d’arrêt international des autorités béninoises, le dernier ministre des finances de l’ancien président Boni Yayi, Komi Koutché avait été interpellé le 14 décembre 2018 en Espagne, pendant une escale à l’aéroport de Madrid.

Il était en partance pour Paris où il se rendait à un meeting de l’opposition. Après un long épisode judiciaire, l’Espagne va refuser son extradition vers le Bénin en Avril 2019.

La justice espagnole avait motivé son rejet par plusieurs raisons. 

« Il y a des raisons de craindre que l’extradition et la livraison de Komi Koutché aux autorités de la République du Bénin peut entraîner la faillite de son droit par défaut et que sa poursuite pourrait être en raison de sa position politique», avait justifié la justice espagnole. Komi Koutché, qui sera donc jugé par contumace, dénonce des « poursuites politiques ».


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci