Communales 2020 : les conséquences que tire Dr Expédit Ologou pour le Bénin

Olivier Ribouis
publié le May 22, 2020

Politologue réputé, président du think tank CIAAF, Dr Expédit Ologou, invité Afrique de Rfi ce vendredi 22 mai 2020, s’est prononcé sur les résultats des communales 2020. Le chercheur tire d’ores et déjà des conséquences politiques à l’orée de la présidentielle de 2021.

expedit-ologou-communales-2020-benin Dr Expédit Ologou

Le vin est tiré. Il ne reste qu’à le boire. Communales 2021 au Bénin, les résultats sont là. Chacun apprécie déjà à sa manière. Dr Expédit Ologou ne s’est pas refusé ce droit.

Invité Afrique de Rfi ce vendredi 22 mai 2020, le politologue béninois donne une appréciation captivante sur les conséquences politiques à moins d’un an de la présidentielle de 2021. Selon lui, le risque d’exclusion de l’opposition à cette grande messe électorale qui s’annonce est fort. « Oui ! », répond daredare Expédit Ologou à la question de la consœur Carine Frenk. Et, explicite-t-il, : « Le code électoral prévoit que pour avoir un candidat à la présidentielle, il faut seize parrainages venant de députés et ou de maires. Or, l’opposition est absente à l’Assemblée nationale. Le seul parti de l’opposition considéré comme tel qui se trouve aux communales n’a pas, en tout cas au regard des résultats, 16 mairies en sa disposition. Donc, théoriquement il est difficile pour un parti d’opposition de présenter un candidat à la présidentielle de 2021 sauf après mobilisation ou transaction politique ».

Le politologue qui se projette dans les mois à venir pense qu’ « au fond, la présidentielle de 2021 a eu lieu à l’occasion de ces communales-ci ».  Pour cause, il constate que l’opposition montre des signes d’affaiblissement.

Alors, les leaders de l’opposition étaient sortis renforcés des législatives. Ne risquent-ils pas d’être isolés cette fois-ci ? Le chef de l’Etat déroule son agenda finalement. « L’opposition semble un peu perdue n’ayant pas de ressort ou de figure emblématique qui continue la mobilisation comme ce fut le cas au lendemain des législatives. Donc, cet effritement ou cette fatigue apparente des leaders de l’opposition fragilise l’opposition en générale et la met dans une position un peu délicate ».  Conséquence, avertit Expédit Ologou, « si les choses restaient en l’état, il est évident que le chef de l’Etat semble avoir devant lui, le boulevard pour la présidentielle. Tout semble fait pour des élections déjà jouées en 2021 ».

Quid des Béninois ?

Le taux  de participation selon la CENA s’établit à 49, 14 %  proche de ce qu’a annoncé la plateforme électorales des organisations de la société civile avec de fortes disparités entre les milieux ruraux et les zones urbaines. « Les disparités s’observent selon qu’on est en ville ou en campagne. Dans les zones urbaines comme dans la capitale économique, Cotonou,  la participation est relativement faible. La plateforme électorale parle de 20 à 22 % alors même que dans les zones rurales, elle est nettement plus importante dépassant parfois les 60 voire les 65% ».

A la lecture de cette disparité qu’il souligne, le politiste fait savoir que « c’est la preuve que dans les zones rurales, les populations souhaitent être plus proches de leurs élus au niveau local alors qu’en ville, les citoyens ont préféré à la maison d’une part en raison de la crise du COVID-19, mais d’autre part en raison du désintérêt qui aurait pu naître au lendemain des élections législatives de 2019 ».

Le désintérêt des populations des zones urbaines s’explique à en croire Expédit Ologou par une volonté de ne pas cautionner une forfaiture. « Il y a du désintérêt, la déception. Mais, il y a aussi pour certains, l’envie de ne pas cautionner des élections qui vont aider à faire les élections présidentielles dont les dés seraient déjà pipés. Beaucoup de citoyens en zone urbaine n’ont pas encore pu guérir de la crise politique de 2019 ».


  • Michel archange
    il y a 13 jours

    Déjà la participation en zone urbaine ne dépasse pas 11℅ ces osc sont payés par le régime, de plus, lui même n'a pas intérêt à organiser une présidentielle sans opposition, une telle élection ne serait pas reconnu au plan international, l'exemple du Burundi en 2015 nous renseigne, ...... enfin même s'il faut une intervention militaire du géant de l'est, elle est souhaitable pour éviter un nouveau bain de sang au Bénin

  • Raoul
    il y a 13 jours

    Tu peux toujours rêver d'une intervention du voisin