POLITIQUE

Edit tôt : Bénin, les violeurs et les poseurs de guet-apens

( words)

Ça chamaille et dans le brouhaha savamment orchestré, le peuple s’en va à nouveau prendre. Nous sommes au Bénin où la mémoire est courte, la cécité collective et la douleur passe comme après l’enfantement.

talon-yayi-aivo-houndete-hounkpe

2021 sonne comme un rendez-vous où l’on s’en va démettre un fétiche perfide pour en ériger un autre sur la place publique dans la quête désespérée du bonheur. Et comme les choses de l’ombre savent bien se jouer des physiques, nul doute, la cosmogonie charrie  une kyrielle de dieux prêts à bien trôner sur l’autel  pour se gaver des libations et des sacrifices. Mais, il n’échappera à personne que c’est dans le terreau de la naïveté que poussent les vendeurs d’illusion.

Depuis 91 au lendemain de l’historique conférence des forces vives de la Nation, il est clair qu’à chaque fois, les Béninois savent dans quel but ils vont choisir un Président de la République, mais, ils ignorent pourquoi les fins de mandat laissent un goût de déception. Elus sur la promesse de conduire au développement un peuple sorti de 30 ans tâtonnements après les indépendances, les présidents qui se sont succédés depuis l’avènement de la démocratie tombent en disgrâce avant de retrouver une certaine admiration une fois vomis, les choses allant de mal en pire.

La déception en effet, découle du viol du contrat social. Chaque candidat élu devient Président de la République, Chef d’Etat, chef suprême des armées sur la base d’un discours fait de diagnostic et de propositions de solutions auquel les citoyens sont appelés à adhérer. Ce discours encore appelé projet de société, qu’il soit écrit ou verbal, est élaboré avec un mécanisme d’infusion dans les masses par des intellectuels à qui ce rôle est généralement dévolu. De toute façon, les présidents parvenus ex-nihilo, il n’en existe presque pas, et partout au monde, à la tête des peuples et des nations, se trouvent des systèmes d’hommes politiques.

Si au terminus, les dirigeants élus se retrouvent dans le décor, c’est parce qu’ils s’embrouillent dans la mise en œuvre des projets de société généralement utopistes, faits de démagogie et de théories du développement mal assimilées et orientés sur des diagnostics qui se révèlent faussés.

Généré sur l’observation de 30 ans d’atermoiements politiques, le discours passant la démocratie comme femme stérile d’un Bénin viril disposant de toutes les ressources pour enfanter le développement conduit dans un labyrinthe où ceux qui opportunément se proposent de nous tirer du gouffre sont les ouvriers de premières heures de l’égarement.

Replâtré et sur mesure, le système partisan génère des grincements de dents et les néo-pourfendeurs n’en sont que les artisans dans l’ombre et sur la place publique.

Chasse gardée depuis la nuit des temps de gens qui disent tout savoir du mercantilisme, de la physiocratie, du libéralisme, du marxisme et du keynésianisme, l’économie demeure toujours exsangue et nourrie de tickets d’endettement par ci par là. Pourtant, ceux qui produisent la richesse autour de laquelle s’agitent les sachants sont dans les marchés, les lieux de production et de transformation et n’attendent qu’à être écoutés pour  le miracle économique tant recherché.

Toujours renvoyés aux calendes grecques, les objectifs de développement durables ou quels que soient les noms qu’on leur attribue selon le niveau où l’on se trouve dans la mafia, sont pensés et mis en œuvre par les intellectuels éparpillés dans les organisations politiques, les institutions étatiques et les organisations de la société civile qui forment le gouvernail. Depuis toujours, ils se combattent, se remplacent, se renouvellent et tout va de travers. La base ne comprend rien.  Au final, c’est le serpent qui se mord la queue. Et dans ce cercle vicieux, on désigne les violeurs du contrat social et de nouveaux poseurs de guet-apens se mettent en scène.

Le changement véritable, si tant est que c’est l’aspiration de tous, doit provenir d’un mea-culpa collectif et sincère des élites appelés à renoncer aux vanités pour s’engager dans la construction d’une nation solidaire et prospère. Sans quoi, la fin n’est pas pour 2021 et  le cycle des violeurs et des poseurs de guet-apens s’éternisera. 

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