POLITIQUE

Politique au Bénin : des réflexions autour des stratégies pour une meilleure implication des femmes

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A Cotonou, un panel de discussion et de partage d’expérience a été organisé mercredi 4 novembre 2020 autour des stratégies pour plus d’implication et de responsabilisation des femmes en politique au Bénin. Des échanges qui ont eu lieu sous la houlette de Gilles Badet, actuel secrétaire général de la Cour constitutionnelle du Bénin.

engageons-nous

La faible présence des femmes en politique au Bénin fait l’objet d’un cross-party network à Cotonou. Dans le cadre du projet  « Engageons-nous ! Pour plus de femmes en politique au Maroc et au Bénin », initiée par la fondation Konrad Adenauer Stiftung Maroc, un panel de trois intervenants a réuni Rébecca Fagnon Dossou-Gbété, responsable politique et ancienne directrice du Fonds national de promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes (FNPEEJ), Serge Prince Agbodjan, juriste et analyste politique et Carole Ikoafe Mitchaï, experte-formatrice sur ce projet. L’objectif de ces assises qui a regroupé une trentaine de personnes (femmes leaders, acteurs politiques et militants de partis)  est de faciliter et de promouvoir le dialogue multipartite sur les problématiques de genre et d’engagement politique des femmes.

Sous la modération du docteur Gilles Badet, secrétaire de la Cour constitutionnelle du Bénin, les trois intervenants ont présenté des communications sur l’état des lieux des femmes en politique au Bénin.  « Je ne suis pas moi-même encore arrivée à pouvoir me donner une qualification de femme politique au Bénin », a lancé à l’entame de sa communication  Rébecca Fagnon Dossou-Gbété, vice-présidente du parti, Dynamique unitaire pour le développement (DUD). Selon cette responsable de parti, qui témoigne être entrée en politique depuis une dizaine d’années, il n’est toujours pas facile pour les femmes d’intégrer le champ politique au Bénin. « Au niveau de mon propre parti, je suis régulièrement la seule femme au milieu de plusieurs hommes », témoigne-t-elle.

Des facteurs de blocage

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Militante du Parti Social-Démocrate (PSD) pendant près d’une vingtaine d’années, Carole Ikoafe Mitchaï, experte-formatrice sur ce projet, a fait remarquer que les femmes doivent choisir aujourd’hui entre le foyer et la politique. « Elles n’arrivent souvent pas à concilier les deux. Ce qui aujourd’hui constitue un facteur de blocage pour les femmes ». Les hommes politiques sont également pointés du doigt pour le quota réservé aux femmes dans les instances de décision notamment au parlement béninois. «  Aujourd’hui, sept (07) femmes sur quatre-vingt-trois (83) députés, quatre (04) femmes seulement sont présentes au gouvernement. Moins de 10% de femmes ont été présentées sur les listes lors des dernières communales », déplore-t-elle.

Juriste et analyste politique, Serge Prince Agbodjan a affirmé que les femmes béninoises sont compétentes mais s’engagent très peu en politique. « Je suis toujours peiné que nos acteurs politiques ne se soient pas penchés sur cette question et que ce sont les partenaires financiers », a-t-il regretté. Dans sa communication, il a souligné plusieurs facteurs de blocages qui empêchent les femmes d’émerger dans les partis politiques au Bénin dont « le faible niveau d’instruction de la majorité des femmes béninoises, les pesanteurs sociologiques et le manque de moyens financiers »

Des pistes de solutions

Pour une meilleure représentativité des femmes en politique au Bénin, les trois intervenants ont fait part de plusieurs solutions aux participantes. « Ne tombez pas dans le combat genre hommes/femmes dans le combat de la représentativité des femmes en politique au Bénin. Sinon, cela ne marchera pas », a averti le juriste Serge Prince Agbodjan. Il a proposé que les participants présents puissent utiliser une approche graduelle en expliquant notamment aux hommes politiques la nécessité d’accorder plus de responsabilité aux femmes.

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Tout comme l’ancienne directrice du FNPEEJ, Rébecca Fagnon Dossou-Gbété, l’experte-formatrice Carole Ikoafe Mitchaï a conseillé aux femmes qui désirent faire leur entrée en politique de bannir la peur de l’échec et des coups bas. Parmi ces suggestions, elle a demandé aux femmes d’avoir confiance en elles-mêmes et de s’impliquer davantage dans les partis politiques. « Vous devez travailler vos limites sociales et stéréotypes. Il faut les transformer en opportunité », a-t-elle conseillé.

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